Haiti, plus de trois mois sans gouvernement ratifié, des jeunes expriment leurs inquiétudes

Cent cinquante-trois jours environ du départ du premier ministre, Jean Henry Céant, Haiti fait encore face à un vide gouvernemental. Sa démission, le 22 mars dernier, a taillé la route à un pays socio-économico-politiquement troublé. Deux nominations, Zéro ratification . Leaders d’opinion, professeurs d’université, étudiants, écoliers tout le monde en parle! Au-delà de ces tergiversations, certains jeunes expriment leur incertitude pour les jours à venir. TFE

Il est neuf (9)heures du matin, nous sommes à la ruelle Vilgrain, à quelques mètres du cimetière de Port-au-Prince. Comme toutes les rues de la capitale, cette dernière est ponctuée de cireurs de bottes, de marchandes de fritures, de spaghettis et de boissons de tous genres. Là-bas, les gens font tout pour gagner le pain quotidien. A l’entrée Est de cette ruelle, se trouve la maison d’Ichelda Pierre, une jeune étudiante en comptabilité qui exprime sa désolation, ses frustrations par rapport à la situation désastreuse du pays au micro du journaliste TripFoumi Enfo

Visage crispé, bien installée sur son sofa, l’étudiante en comptabilité fait le point. « Franchement, je suis dépassée par la situation du pays », lance-t-elle. « Haiti, cette terre que nous chérissons tous est sur la voie de l’explosion », continue la vingtenaire. Car, se plaint-elle, « il n’y a pas une volonté politique pour sortir le pays de ce labyrinthe. La preuve en est tellement grande que plus de quatre mois après, les dirigeants au plus haut niveau de l’Etat ne puissent le doter d’un gouvernement ».

Face à la dépréciation de la gourde et la montée flagrante du taux de vulnérabilité de l’être haïtien, l’originaire de la commune de Verrettes dit avoir peur des prochains jours. « L’état actuel de l’économie haïtienne m’intimide, sincèrement ! J’ai l’impression que d’ici le mois prochain, l’haïtien n’aura autre chose à faire que de coucher et d’attendre sa mort », lâche la jeune étudiante filant une aiguille.

De l’autre côté, s’assied Anne Norma Ephlie Pierre, sa petite sœur, elle-même étudiante en Sciences Politiques au Centre d’Etudes Diplomatiques et Internationales, CEDI. Pour elle, personne ne doit avoir la langue dans la poche. « On ne doit pas avoir peur de responsabiliser les dirigeants », lance-t-elle avec vigueur. Car, « nous connaissons tous les acteurs de la situation dans laquelle nous évoluons », poursuit l’intéressé aux Sciences Sociales, extrêmement en colère.

Dodue, yeux fuyants, attentive et voix entrecoupée, Norma pense qu’il incombe aux parlementaires le devoir de doter le pays d’un gouvernement ratifié. « Les hommes du parlement doivent faire preuve d’humanisme. Ils doivent penser à la misère du peuple, à la recrudescence de l’insécurité, et aux problèmes économiques », dit-elle.

« Je les invite à se hisser à la hauteur de leur mission pour aider à sortir le pays de ce chemin sans issue », continue la passionnée des outils technologiques. « Si le pays passe les trois prochains mois sans un gouvernement ratifié, il est clair que la situation des plus démunis s’aggravera », conclut Mlle Pierre.

Au milieu du scepticisme rayonnant de ces jeunes et de tant d’autres personnalités de la société, le Secrétaire d’Etat à la Communication, Eddy Jackson Alexis, vient d’annoncer à la presse ce vendredi 16 août, que la déclaration de politique générale du Premier ministre nommé, Fritz William Michel est déjà prêt et qu’il ne reste au parlement de fixer la date de la séance de présentation de ladite déclaration.

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