Le député Ronald Étienne, 5ème officiel dans la liste des victimes de Martissant

Le phénomène d’insécurité qui bat son plein à Port-au-Prince ne cesse de prendre de l’ampleur. À chaque jour, de nouvelles victimes. Personne n’est à l’abri.

Depuis quelques temps, tous les regards se tournent sur le quartier de Martissant. Situé à l’entrée sud de la capitale, cette localité se distingue non seulement par rapport au nombre, mais surtout par la qualité de ses victimes.

Parlant de qualité, nous sommes loin de la discrimination. Et si la loi préconise l’égalité entre les citoyens, il ne fait aucun doute que les privilèges dont jouissent certains marque la différence. Désormais, les plus vulnérables ou marginalisés de la population ne sont plus les seules cibles des bandits armés, place est aussi faite aux officiels. Pour en illustrer, 5 parlementaires sont déjà victimes bien qu’ils soient parmi les mieux protégés de la République.

Le 31 août 2018, des individus non identifiés ont ouvert le feu sur le véhicule du sénateur du Sud Jean-Marie Salomon, un agent de l’UDMO affecté à la sécurité rapprochée de l’élu a été grièvement blessé lors de cette attaque. S’en est suivi le Sénateur des Nippes, Francenet Dénius, puis le député de Port-Salut Sinal Bertrand.
Quelques mois plus tard, soit le samedi 6 juillet 2019, le véhicule du député de la 3ème circonscription de Port-au-Prince, Printemps Belizaire a essuyé plusieurs projectiles sur la route des Dalles, non loin de l’église Maranatha à Martissant.
Le député ayant été absent au moment de l’attaque, Pedrica Saint-Jean chef de protocole à la chambre basse qui se trouvait à bord de la voiture a été touchée de plusieurs cartouches.

Le dernier en date, c’est l’élu de la commune de Pestel, le député Ronald Étienne qui vient de régler la facture. En effet, ce dimanche 18 août, à la rue des Arts Plastiques au Bicentenaire, l’élu qui se dirigeait vers la Grand-Anse s’est fait stopper par un groupe de bandits lourdement armés. Ces derniers ont ouvert le feu sur le véhicule du député avant de se retirer tranquillement. Bilan, le député a été blessé d’une balle dans la tête, mais il se trouve hors de danger. Par contre, Kéder Dorcely, le chauffeur du parlementaire a, quant à lui reçu 3 projectiles et se trouve dans un état très critique.

De l’avis de plus d’un, cet état de fait n’est que la manifestation de la décrépitude du régime politique haïtien. N’arrivant plus à assumer leurs responsabilités, aujourd’hui nos chefs sont en fuite. Un seul choix qui s’impose, alors : entre pitié et culpabilité, les citoyens haïtiens doivent se situer face à un système qui ne cesse de montrer ses limites.

Venel Nelson/ Mondésir Johnson

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