Visa annulé à cause des messages sur les réseaux sociaux, un palestinien victime

Ismail B. Ajjawi, un étudiant palestinien admis à l’Université Harvard, a été contraint de laisser les Etats-Unis après que des agents de police de la frontière aient regardé le contenu des postes de ses amis sur les réseaux sociaux. L’étudiant de 17 ans qui devait débuter son cycle d’étude était obligé de rebrousser le chemin du Liban, son pays d’origine. Depuis, son histoire se fait largement relayer à travers les grands médias américains.

Dans une interview accordée au Harvard Crimson, un journal étudiant de la prestigieuse université américaine, l’étudiant explique les raisons de son expatriation. Les activités et les messages de ses amis sur les réseaux sociaux en sont les motifs clés, raconte-il. Les agents ont trouvé des personnes de sa liste d’amis qui affichent des points de vue politiques opposés aux USA, toujours selon ses témoignages.

Toutefois, l’originaire du Liban rejette catégoriquement les accusations portées à son égard. « Je nie tout lien avec les messages en question », dit-il. « Je vous assure qu’il n’y a pas non plus de raisons valables de me tenir responsable de ceux-ci », se plaint le jeune étudiant.

Interrogé sur cette mesure, les responsables du service des douanes et de la protection des frontières ont préféré de garder les langues dans la poche. Ils ont seulement confirmé que le visa de l’étudiant a été annulé et qu’il a été expulsé d’Harvard sans préavis contacté.

Consternées par cette décision, les organisations de défense des droits humains exigent des explications. « Si les allégations de Ajjawi sont exactes, elles représentent une menace pour la liberté académique », soutient Sarah McLaughlin, directrice de la Foundation for Individual Rights in Education.

« Et cette menace doit être prise au sérieux par ceux qui se soucient de la protection des libertés individuelles aux Etats-Unis », continue le numéro un de l’organisation qui défend le droit à la liberté d’expression dans ce même entretien accordé au New York Times.

De son côté, l’Université Harvard se dit travailler avec la famille du jeune homme afin de lui faciliter son retour en classe. Alors que la rentrée est imminente, l’université garantit que le gamin va retrouver ses amis dans les plus brefs délais.

Adoptée pourtant depuis plusieurs années, cette mesure est devenue obligatoire sous l’administration de Donald Trump. Depuis mai 2019, toutes les personnes qui se rendent aux Etats-Unis ont l’obligation de fournir des explications sur leurs usages des réseaux sociaux pendant les cinq dernières années. You tube, Facebook, Twitter, Instagram, Linkedln et Google plus en sont les principales cibles.

A rappeler que depuis l’adoption de cette disposition, les agents de la police frontalière américaine ont le droit de saisir n’importe quel téléphone portable ou ordinateur afin de consulter vos messages.

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