Fermeture sine die de la Faculté de Médecine en Haïti

Les locaux de la Faculté de médecine ressemblent déjà à un espace quasi-inhabité. Des chaises éparpillées sur la cour, on dirait qu’il y avait une bagarre. Nous sommes le vendredi 06 Septembre 2019 2 heures de l’après-midi, l’équipe de TripFoumi Info en visite.

Pas d’électricité. L’eau est coupée dans toute la Faculté. Des étudiants font une interprétation de ces manques : « Ils ont tout coupé. C’est afin de nous empêcher de fréquenter l’espace ». À l’entrée principale de la faculté, dans le parking, des sportifs s’entraînent et ignorent s’il fallait réouvrir la faculté. Ainsi, sa fermeture ne crée pas seulement des fâchés. « Nous ne pouvions pas le faire avant. Aujourd’hui, la voie est libre. Nous jouons jusqu’à ce que nous sommes fatigués » avoue un type qui tenait une balle en main, s’apprêtait à faire une relance.

Ceux qui réclament la réouverture de la faculté sont majoritaires, mais pas dans les rues. Les deux récentes manifestations comptant des centaines d’étudiants n’ont même pas totalisé trois cents (300) étudiants. Toutefois, leurs revendications arrivent à raisonner là où ils souhaiteraient.

La première victime de leur mécontentement est le vice-doyen de la faculté, Jude Micé. Ce dernier a vu chiffonner sa clinique à l’avenue Christophe, le mercredi 04 Septembre dernier. Ils réclamaient tous le relancement des activités et scandaient : » Puisque la faculté est fermée, nous sommes venus assister aux cours ici ».

Désireux aussi visiter la clinique du Doyen qui est Gérard Marie Jean-Claude Cadet, chanceux ou malchanceux, celui-ci était à la clinique du vice-doyen à ce moment. Des patients s’inquiétaient, des employés furieux. Contre un mur d’agents de sécurité qui ne pouvaient résister face à la colère des étudiants, ces derniers ont occupé l’enceinte pendant un bon moment de la journée.

Les étudiants ne lâchent pas la cause et intensifient leur lutte qui conduit non seulement au renvoi du concours pour le 05 Septembre, mais aussi au non-respect de la nouvelle date. Et, les gens se questionnent sur l’organisation du concours cette année, vu le nombre d’inscrits et, en considérant aussi que la crise est fonction de la réalisation du concours, contestée par ces étudiants.

« …Il n’y aura pas de concours si le doyen ne prend pas en compte l’ensemble de nos revendications. Le doyen n’a pas respecté ses mots » répète maintes fois une jeune étudiante ayant en main une chemise, avec une blouse dessus.

Sur le plateau, les étudiants disent avoir eu une entente avec le doyen sur la réalisation du concours cette année. Le doyen avait non seulement signé l’accord, mais aussi avait mis le sceau de la faculté dans la partie y réservée. L’accord, y compris les signataires, est affiché dans presque toutes les autres entités de l’Université d’État d’Haïti (UEH). Et c’est en signe de publicité, selon celui qui était venu l’afficher à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques (FDSE). « D’habitudes, lorsque les gens ne sont pas informés, ils prennent les victimes pour des montres » a-t-il ajouté.

Désespérés, des postulants qui rêvent encore intégrer la faculté expriment leurs inquiétudes: « J’aimerais que cela cesse. J’ai choisi seulement cette faculté parce que j’ai toujours envie de devenir médecin ». « Depuis la préfac, les aînés nous ont prévus que l’UEH n’est pas comme les universités privées. Pourtant, cela ne change en moi la volonté d’intégrer la faculté de médecine. C’est pour cela que je sorte de Mirebalais. »

Fermeture sine die de la Faculté de Médecine en Haïti

« Je pense qu’ils vont trouver un accord » espère un monsieur ayant l’air d’un agent de sécurité au sein de l’entité, qui n’avait vraiment pas envie d’en parler. « Ils sont habitués à ne pas s’entendre pour un moment » conclut ce monsieur-là.

Pour un « sine die » qui tarde encore, la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’Université d’État d’Haïti est toujours fermée ses portes. La position des dirigeants n’est toutefois pas encore exprimée. Contactés au téléphone, des responsables du corps décanal ont décliné toute idée de se prononcer sur la crise.

Aux deux extrémités, la corde est en train d’être tirée. Les jours sans cours, les étudiants sans professeurs, le décanat sans responsables, les salles sans étudiants, l’espace sans propreté, sans eau et électricité. Tel est le clair constat.

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