Exclusive: Louis Gonzague Edner Day opte pour un départ ordonné et une transition responsable

Répondant aux questions de TripFoumi Enfo sur la crise actuelle, l’ancien délégué départemental de l’Ouest Louis Gonzague Edner Day déclare opter pour un départ ordonné et une transition responsable.

« Qu’est-ce qu’on dit toujours du Président ? C’est un type qui n’écoute personne et pense tout savoir. Et jusqu’à aujourd’hui, malgré la teneur de la crise, le président n’affiche qu’un enfantillage. » a introduit le Président du parti politique PATRAYIL dans une interview en exclusivité accordée à la rédaction de TripFoumi Enfo.

Q. :Quelle est votre lecture de la situation actuelle?

R- « Pratiquement, il y a un Président qui est abandonné. Tout le monde demande un changement du système, le procès PetroCaribe. Le Président se trouve en face du choix de l’embarras. Il est obligé de prendre la voie de la déception. Car, il devra laisser le pouvoir. La situation s’est empirée. Il y a 22 jours, les écoles ne fonctionnent pas. »

Q. : « Qu’est-ce que l’imposition de Jovenel Moïse par Michel Martelly vous dit, par rapport aux résultats du Président actuellement en fonction?

R- « Écoutez bien ! Aujourd’hui, Jovenel Moïse est là où il est c’est parce que Martelly pensait pouvoir lui contrôler à l’aide d’un appareil téléguidé. Il a choisi une personne qu’il croyait pouvoir manœuvrer. En essayant de diriger à distance, Martelly a tout foiré entre les mains du Président. Jovenel arrivait à un endroit où il n’opérait que ceux qui le sont dictés. Certains membres du gouvernement n’obéissent même pas aux ordres du Président Jovenel Moïse. Quelque part, il existe une forme de boycottage interne. Il n’a pas su se démarquer de la perte de Martelly. Il est une victime aujourd’hui, ça doit se comprendre. »

Question : En pareille circonstance, est-ce que les conseillers du Président Jovenel Moïse n’ont pas leur part de culpabilité?

Réponse : « Je me rappelle avoir parlé avec un proche du Président faisant partie de son cabinet. Me demandant ce que je constate, je lui ai répondu que la plupart de ceux constituant l’équipe du Président ne font que régler leurs affaires. Car, ils connaissent déjà que le Président ne pourra pas résister. Donc, le Président a déjà échoué. Personne, de son entourage, ne s’occupe du pays. Ils s’attendent tous à une alerte rouge et s’y préparent pour que les retombés ne leur portent pas préjudices. »

Q. : Il semblerait qu’il y a un grand malaise entre l’ancien président Michel Joseph Martelly et Jovenel Moïse, eu égard à la panoplie de nomination orchestrée au sein de l’administration publique

R- « Mais, il a déclaré la guerre à Martelly. Si vous regardez bien, la majorité des révoqués sont du camp de Martelly. Par exemple, Renaldo Brunet est une tête à Martelly coupée par le Président Moïse. Il y en a plein d’autres. Plusieurs sont des proches de certains sénateurs et députés. »

Q. : Ne pensez-vous pas que divorcer avec Michel Martelly pourra s’avérer fatal pour Jovenel Moïse?

R- « Pas que question de fatal. C’est à prévoir. Lorsqu’on est mis au pouvoir par quelqu’un. On doit créer un climat de confiance afin que ce quelqu’un soit à l’aise, même si on reste en commande. Là où nous sommes, Jovenel Moïse a créé son propre échec. »

Q. : Êtes-vous favorable à un départ de Jovenel Moïse?

R- « Pas de question d’être favorable ! Je le dis à tout le monde, j’ai une structure politique et à l’intérieur, je milite pour une autre Haïti. Je pense qu’aujourd’hui, on doit être en mesure de respecter le mandat présidentiel. Toutefois, à partir des problèmes que nous confrontons ces jours-ci, et surtout cette histoire de bandes armées, il faut un désarmement. Il faut de l’ordre, de la tranquillité et de la paix sociale. De ce fait, je pense que seule une transition responsable pourra opérer ce travail. Je pense qu’il faut un départ ordonné et une transition responsable. »

Q. : Ne pensez-vous pas qu’un départ du Président pourra avoir des retombées négatives sur le Parti Haïtien Tèt Kale(PHTK)?

R- « Écoutez ! PHTK n’a pas d’avenir au moment qu’on est entrain de parler. Depuis l’arrivée du Président, il y a eu déjà des problèmes au sein du parti. Un malaise est créé par le Président de la République. S’il part aujourd’hui, le procès PetroCaribe sera dans la feuille de route de n’importe quel gouvernement. »

Q. : Parlant de tout ça, on sait que vous avez sous vos gardes une structure politique, mais depuis quelque temps, vous montrez une étroite connexion avec Nicolas Duvalier, certains disent que cette relation a chuté. Alors, quelle est la nature de cette relation ? Quelle est le mobile du divorce, s’il y en a vraiment?

R- « C’est une affaire interne et j’évite d’en parler. Écoutez ! Nous avons des gens qui cherchent à scandaliser tout et partout. Ils essaient de dénaturer les faits comme quoi il aurait une division dans le camp de la pintade. Laissez moi vous dire, j’avais une structure politique qui a eu plusieurs élus au parlement. Nicolas Duvalier et moi, nous nous sommes entendus pour restructurer la grande famille Duvalieriste. Nous avons commencé. Il y a eu des nouveaux. Ces nouveaux ont commencé à créer du désordre. J’ai invité Nicolas Duvalier à mettre de l’ordre. Lorsque cela dégénère, je me suis retiré du lot, mettant Nicolas Duvalier devant l’obligation d’instaurer l’ordre pour que je puisse y rourner.

Q. : C’est à dire, il y a apparemment un divorce entre Louis Gonzague Day et Nicolas Duvalier?

R- « Oui, on peut l’appeler divorce. Cependant, ce n’est pas pareil à ce que disent les gens. On ne peut pas traiter cela comme étant une division au camp des duvalieristes. Pour qu’il y ait division, il faut qu’il y a eu une entente. Il y a simplement une affaire individuelle entre Gonzague Day et Nicolas Duvalier. Cela ne reflète pas sur la grande famille duvalieriste.

Q. : Vu que partout où se trouve Nicolas Duvalier, vous êtes là. Et, il parait que c’est un leader qui était entrain d’être confectionné par vous-même. Est-ce que le divorce n’engendrera pas de retombées négatives sur le fils héritier de Duvalier?

R- « C’est le choix à faire à l’avenir. La structure PATRAYIL existait avant même la venue de Nicolas Duvalier. Cela veut dire, c’est Nicolas qui bénéficiait de l’aide du parti. Si aujourd’hui, Nicolas D. demande à PATRAYIL de freiner pour qu’il descende le train, alors chacun prendra sa route respective.

Q. : Certains feraient croire que c’est un problème de leadership. Donc, n’est-ce pas une mésentente post-électorale?

R- « Mais non ! Il y a plus de 33 ans, la famille de Duvalier était éparpillée. Nicolas Duvalier est quelqu’un qui pourrait se constituer en pont pour réunir la famille. Ce qui se présente aujourd’hui n’est pas un problème de leadership. Dans la fin du XIXe siècle, il y eu environ 15 dictatures à travers le monde. Les adhérents sont retournés à leur pays, moi y compris. Dans les autres pays, les fidèles s’organisent pour former une force. Ils agrandissent la force. Ces héritiers des dictateurs ne s’imposent pas à leur retour, ils évoluent dans l’ombre des aînés. Aujourd’hui, la dynamique, Nicolas Duvalier donne l’apparence de quelqu’un qui veut s’imposer. Cela ne pourra se faire comme ça. L’exemple de Philippines en est un. Le fils de l’ancien dictateur a du prendre 20 ans avant de se porter candidat à la présidence. Nicolas Duvalier doit se démarquer de l’héritage légué par son père. Le problème n’est pas d’ordre de leadership, mais de dimension. »

Q. : Certains analysent l’âge de Nicolas et le fait qu’il ne sait rien encore de la réalité haïtienne. Comme étant un expérimenté, il ne vous est jamais venu à l’idée de penser à la jeunesse de Nicolas devant la dimension de la fragilité de la gestion d’Haïti?

R : « Je viens de vous le dire. Même l’histoire du monde l’en témoigne. Le fils des leaders dictateurs se met toujours à couvert. Je ne suis ni fou, ni naïf. La candidature de Nicolas Duvalier peut créer une ambiance que personne ne pourra gérer. Et les gens qui ont été victimes du régime? Que vont-ils leur dire? […] c’est pour vous rire, après tant de victimes, comment présenter à la population le fils du régime?

De manière succincte, nous pouvons déduire de l’interview que:

1- M. Louis Gonzague Edner Day veut un départ du Président. Mais, cela doit se faire de façon ordonnée et donner place à une transition responsable.

2- Le divorce entre lui et Nicolas Duvalier est consommé, sous condition.

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