Blondedy Ferdinand: coup d’oeil sur sa carrière, sa vie privée et ses multiples chapeaux

Blondedy Ferdinand ne se ferme pas seulement dans le carcan qui provient des limons strictement définis par les vents de nos pensées et de perceptions. Elle se charpente dans des sillons aussi bénéfiques que chanter. Dans une interview accordée en exclusivité à l’équipe de TripFoumi Enfo, nous avons arpenté les arcanes de sa vie et en tirer des éléments d’informations que tout le monde ne connait (peut-être) pas encore.

« J’ai démarré ma carrière avec la musique, avant le cinéma ». Je suis mariée et mère de deux enfants a lancé Blondedy pour démarrer l’entrevue. L’artiste qui a brillé de mille feux sur la scène cinématographique haïtienne, s’est timidement démarquée des films pour se consacrer à la musique. Donc, elle n’a pas de contrat cinématographique pour l’instant. Une décision prise malgré l’importance que joue ce domaine dans sa vie. Si « les couleurs de la dignité », l’un de ses meilleurs films, reste encore gravé dans la mémoire de presque tous les haïtiens, l’artiste a toutefois généralisé la donne en éructant avec accordoir que tous ses films lui sont chers et chacun marque d’une façon ou d’une autre un moment précis de sa vie.

Cependant, l’artiste n’a pas pourtant démarré sa carrière avec le cinéma. Sa première parution sur scène date de l’avant sa participation à son premier film « I Love You Anne ». Elle ne s’était pas trop investie dans le domaine de la musique c’est en raison du fait qu’à l’époque les femmes qui chantaient n’avaient vraiment pas d’encadrement. Elle était contrainte par sa famille de laisser tomber la musique pour, ensuite intégrer le cinéma et se faire le nom dont elle est. Ce n’est que lorsqu’elle finit par se doter de ce nom qu’elle commence à réouvrir ses yeux sur la musique et de réaliser un duo à succès avec J-Beatz, lequel artiste ayant réalisé, à ses côtés, plusieurs tournées depuis le début de l’année 2019.

« Je suis aussi une entrepreneure »

Le nom dont elle se fait est produit d’une grande contribution des réseaux sociaux sur lesquels elle s’active amplement. Alors, tout le monde parle d’elle. Mais, elle en fait un canal pour se vendre étant à la fois artiste et entrepreneure. Ce qui passe très bien selon ses dires. D’ailleurs, elle se vante de la stabilité de sa carrière artistique, de son entreprise de produits cosmétiques, de ses efforts dans le domaine immobilier, activité dans laquelle elle reçoit environ 3,000 à 4,000 dollars américains tous les mois. Toutefois, le cadre entrepreneurial de l’artiste n’est pas nouveau dans sa vie. Dès son plus jeune âge, elle savait voyager, partir à l’achat de vêtements en République dominicaine pour liquider en Haïti.

La musique, l’immobilier, les produits cosmétiques ne comblent pas le manque de l’artiste, c’est ce qui lui confère l’envie de procurer un restaurant sous la marque « Blonde Appétit ». Elle hésite encore de trop détailler, sur l’adresse du restaurant surtout, mais informe qu’au mois de décembre, tout le monde pourra aisément déguster la saveur du Menu de son start-up. Elle annonce aussi que les informations liées au restaurant, qui est en charpente depuis six mois, seront publiques que deux semaines avant son ouverture officielle.

« Les critiques m’arrangent »

Estimant que les critiques viennent de partout pour sa succombe, elle ne se tarde pas dessus. Elle pense capable de tout surmonter, disant parallèlement que les haïtiens critiquent par haine, arguant que cela est propre à la génétique des haïtiens qui critiquent pour: ce que l’autre faisait; ce que l’autre fait puis ce que l’autre fera à l’avenir. « Les gens ne parlent que de ce qu’ils connaissent. La plupart de ma vie n’est pas affichée sur les réseaux », relate-t-elle en poursuivant. Des gens me critiquent pour me faire avancer sans qu’ils ne le sachent, donc je n’ai aucun problème avec les critiques.

L’idée de la vente de produits cosmétiques n’est pas venue du ciel, c’est dûe à une stigmatisation depuis longtemps supportée, jusqu’à ce qu’elle se reprenne et surpasse tout. Sa couleur actuelle n’est pas identique à celle possédée il y a dix ans. Elle déclare avoir fait des impacts de la stigmatisation, caractérisée par des appellations choquantes comme albinos etc, une rouille à son état délabré pour se hisser à la hauteur de ses rêves. Depuis, elle a consulté un spécialiste pour lui aider à l’amélioration de sa couleur qui n’était que simplement claire, dit-elle. Elle change de couleur avec les produits qu’elle est entrain de vendre : « Ce sont les produits Blondedy qui m’éclairent », dit-elle avec assurance. Ces produits sont tous originaires de l’Amérique, contrairement à ce que tout le monde en pense.

Blondedy Ferdinand est millionaire, un rêve ou une vérité

Mme Ferdinand n’a pas caché la véracité de l’information circulée sur les réseaux sociaux selon lesquelles, elle serait millionnaire. Tout en avouant l’être, l’artiste haïtienne se dit fière par le fait que ce n’est pas facile de devenir millionnaire, surtout quand on est venu d’une famille sans grands moyens économiques; aujourd’hui, elle peut se payer des luxes. Expliquant ce qui lui octroie le statut de millionnaire, elle dit donner à son labeur le târ, étant définisseur de son succès. « Je n’ai pas de vie, je n’ai que des visions », dit-elle avec croyance en cette vie qu’elle mène qui tourne autour de ses priorités.

« Je ne veux pas que les artistes continuent à mourir dans la crasse, la pauvreté »

Elle déclare vouloir briser la chaîne, celle qui appauvrit les artistes haïtiens jusqu’à la mort. Elle dénonce le fait que les artistes ne peuvent se doter d’un quart de leur besoin lorsqu’ils sont malades et que, souvent, ils sont assujettis au recueillement de dons pour l’achat de médicaments. Les artistes ne doivent pas oeuvrer seulement dans la musique, ils doivent également se prendre dans des activités entrepreneuriales, faire des investissements pour repêcher les sous perdus dans la musique.

Quant à sa clientèle, Blondedy Ferdinand se dit satisfaite-. Ses clients sont immenses, compacts et partout. Pour elle, la raison principale de garder ses clients c’est parce que tout simplement ses produits sont de très bonne qualité. Les clients peuvent partir consulter d’autres marchand.e.s, mais retournent plus tard parce ses produits sont bons. Ils sont des gens de partout à venir se joindre à elle pour se procurer d’un produit, surtout ceux éclaircissants.

Tout le monde connait Bondedy Ferdinand à titre de vendeuse de produits éclaircissants (Fanm Krèm nan), pourtant son entreprise ne se résume pas à ça. Elle vend aussi des produits permettant de vider les graisses de la peau, comme d’autres. Étant fière de son boulot, elle avoue son amour pour ce pseudonyme qu’on lui attribut toujours : « machann krèm lan ». Elle n’a pas encore de magasin (store), mais se dégage et vend ses produits grâce à la magie de la technologie. Elle veut en avoir un vraiment. Une idée fourvoyée au cours de sa gestation par celle de posséder le restaurant.

« Les jeunes doivent mieux gérer leur temps »

L’Internet qui la met à ce niveau est à ses yeux un atout pour quiconque dont l’envie est de gagner de l’argent. De ce fait, elle invite les jeunes à ne pas faire fi des avantages que donnent les réseaux sociaux, et d’en faire un usage calculé. Ils doivent consacrer leur temps à tisser les manoeuvres devant aboutir à la récupération d’argents, en lieu et place de publier des trucs dont les répercussions leur seront extrêmement négatives. En une semaine, Bondedy Ferdinand récupère près de 400 dollars américains sur Youtube et $1800 sur Facebook. Quant à ses détracteurs, elle se dit être grand bénéficiaire de leurs messages qui se sont succédés au bas de ses publications. Au lieu de la déranger, ses détracteurs l’arrangent.

« Je ne change pas de train de vie »

L’artiste ne se laisse pas pourtant emporter par le nombre d’argent qui lui vient au compte bancaire tous les jours. Elle change de maison à chaque fois pour s’accommoder, elle et sa famille. Ses deux enfants en particulier qui doivent, dit-elle, avoir une cour plus grande pour se recréer. Elle ne se change pas. Elle avoue être devenue plus prête à aider, restée la même personne. Selon l’artiste un sage ne change pas à cause de l’argent. Ce ne sont que ceux et celles qu’elle côtoie qui changent parce que leur tête est devenue chaude. « L’argent me donne une sagesse qui me rend plus compréhensive », lâche-t-elle en guise d’appui à la raison de sa façon d’être, et ajoute : « Quelqu’un qui n’a pas d’humilité sera égaré à cause de l’argent… Ce sont les relations humaines qui m’intéressent le plus maintenant ».

Sur la question de ses rentrées économiques, l’artiste affirme que le cinéma n’est pas une activité rentable. La musique est beaucoup plus rentable, avoue Mme Ferdinand. Mais, ce n’est pas de la musique uniquement que provient sa fortune. Elle insiste sur le fait qu’elle ne se voit pas comme une artiste millionnaire, mais une entrepreneure millionnaire. Donc, sa fortune provient de l’ensemble de ses activités entrepreneuriales. Touche-à-tout, Blondedy Ferdinand cumule une somme approximative de 4 milles dollars par mois, seulement via les réseaux sociaux en particulier Facebook et YouTube.

« Je n’aime pas être comparée »

Les comparaisons qui se font tous les jours sur les réseaux sociaux ne plaisent vraiment pas à Blondedy. L’artiste déclare vexantes les comparaisons qui se sont listées sur les réseaux, la mettant aux côtés de Rutshelle et de Florence. « Je ne suis comparable à personne », dixit l’artiste-entrepreneure qui affirme que chaque personne a son histoire et qu’elles sont toutes différentes.

« Il faut savoir comment et pourquoi avant de se positionner sur la crise politique haïtienne »

En toute fin d’interview, s’arrêtant sur la crise haïtienne, l’artiste se questionne sur l’endroit à toucher pour entamer un changement en Haïti. Elle pense que le cas d’Haïti est comparable à quelqu’un qui marche sans atteindre la fin. « On peut avoir la volonté, sans avoir la capacité. On vous met dans la seule possibilité de donner à des gens qui ne peuvent rien cumuler davantage. C’est un endroit où l’on ne peut pas investir. On peut détruire votre business, l’incendier à n’importe quel moment. Aller en Haïti pour donner de l’argent et y retourner quelques jours après pour la même cause », déplore Blondedy Ferdinand.

« Ma position est assimilable à celui du pays. Ils ont tué, ils ont brisé, ils ont tout dévalisé pour avoir Jovenel Moïse. Aujourd’hui, ils font la même chose pour son départ », lit-elle à travers cette page d’histoire que les haïtiens écrivent dans les rues contre le système. Quant à la démission du président, elle estime qu’une question aussi corsée ne peut être répondue par oui ou par non, il faut tenir compte du comment et du pourquoi. « Qu’est-ce qui va se passer après le départ du président? ; et s’il ne part pas ? », se questionne-t-elle.

« Je pense que ce qui nous manque c’est le dialogue… Ensuite, le président doit entendre la voix du peuple », conclut l’artiste haïtienne Blondedy Ferdinand qui a permis à la rédaction de TripFoumi Enfo de tisser des informations relatives à sa vie pour vous offrir l’opportunité de la connaitre beaucoup plus.

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