Après les dénonciations, Jovenel Moïse passe à l’attaque

Critiqué pour sa passivité face aux différents groupes du secteur privé des affaires qui contrôlent l’économie haïtienne, le Président Jovenel Moïse marque un coup d’éclat en s’attaquant aux fournisseurs d’électricité. L’Etat décide de reprendre le contrôle des centrales de l’EDH qui ont été livrés aux compagnies privées et de renégocier certains contrats jugés défavorables.

Le Président de la République, Jovenel Moïse, a passé de la parole aux actes, après la conférence de presse donnée au Palais National le 15 octobre dernier, sur la situation alarmante du pays.

Ayant bénéficié des largesses de ce qu’il qualifie comme étant  » le système » pour arriver au pouvoir, il n’a pas cessé de pointer du doigt les avantages pharaoniques octroyés à ces gens du secteur privé des affaires aux détriment de l’État et du peuple haïtien.

Le secteur énergétique haïtien est en ligne de mire, notamment les 3 grands fournisseurs d’électricité: La Société Générale d’Energie(SOGENER), E-Power S.A ainsi que HAYTRAC.

Dans une lettre adressée au Président de la SOGENER en date du 17 septembre, l’État haïtien lui demande de discuter sur les conditions de son désengagement à la Centrale de Varreux. C’est-à-dire que l’État entend reprendre le contrôle du site.

Cette Centrale a été construite sous le règne de François Duvalier. Cependant, elle a été livrée à la Sogener en 2006, pour produire et revendre de l’électricité à l’État.

S’agissant de la HAYTRAC, elle contrôlait les centrales de l’EDH des Cayes et de Petit-Goâve. «Le Ministère des Travaux Publics a ordonné à la Direction Générale de l’EDH de prendre, dès réception de la présente, le contrôle des sites des Cayes et de Petit-Goâve. Il reste entendu que les équipements et accessoires des deux Centrales seront utilisés par EDH pour une période de six(6) mois. Passé ce délai, tous les matériels indistinctement vous seront remis.», a adressé le MTPTC au Directeur de la HAYTRAC.

En dernier lieu, la société E-Power qui est une société privée est prié de signer un contrat ignoré et resté dans les tiroirs depuis belle lurette.
«Le Ministère des TPTC vous transmet pour signature le nouveau contrat qui vous a été proposé lors des réunions avec la commission en 2015», a-t-il écrit.

Plus loin, la demande du Ministère prend la forme d’une injonction. « Du même coup, le Ministère de l’Economie et des Finances attend le retour du document signé par votre institution de manière à ce que le nouveau contrat puisse, dans un bref délai, rentrer en vigueur», a-t-il poursuivi.

Par principe, toute dénonciation d’un Chef d’État, doit être suivie d’actions. Le Président Jovenel Moïse, depuis 2 ans qu’il a accédé au pouvoir, ne cesse de dénoncer les contraintes institutionnelles et légales qui l’empêchent de délivrer. Ce qui traduirait l’idée de sa faiblesse et de son incapacité à répondre à ses obligations.

Sans vouloir dédouaner le Chef de l’État, notons tout de même que le régime parlementaire mis en place par la constitution de 1987 fait du Président un Homme faible, doté de peu de pouvoir. Même avec la légitimité populaire du Président, c’est le Premier Ministre, les parlementaires et les grands groupes d’intérêts qui contrôlent véritablement l’appareil étatique.

A souligner que selon plusieurs voix autorisées, ces contrats faramineux ont été signés au détriment des intérêts du peuple haïtien. Déclarant que l’on doit empêcher au système de se régénérer, il reste à attendre le Chef de l’Etat dans le suivi de ces mesures qui devraient toucher tous les secteurs de la vie nationale.

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