Plus de 50 journalistes victimes, les assassins sont dans la ville

Par la résolution 68/163, en mémoire de deux journalistes français assassinés en Afrique, la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes a été adoptée par l’Assemblée Générale de Nations-Unies lors de la 68 session en décembre 2013. En Haïti, de Jacques Siméon à Franciyou Germain, cas fraîchement enregistré, les journalistes et/ou des travailleurs de la presse se font agresser ou même tuer soit par des bandits armés ou par des agents de l’ordre pour leurs lignes politiques. Au cours de ces derniers mois, 50 journalistes ont subi de répression selon les enquêtes d’une organisation.

Bien que l’article 28-1 de la constitution garantit aux journalistes la liberté d’exercer leur profession dans le cadre de la loi, la liste des journalistes agressés ou tués ne fait qu’allonger sur le sol d’Haïti. Pourtant cet article susmentionné stipule dûment que « cet exercice ne peut être soumis à aucune autorisation ni censure, sauf en cas de guerre. »

Citée par Alterpresse, la fédération de la presse haïtienne a divulgué que 50 journalistes ont subi une répression inacceptable. « Certains ont été tués, blessés ou ont reçu des menaces de morts… Au cours de ces derniers mois », selon la fédération.

Pour sa part, en prélude à cette journée, l’UNESCO a recensé 44 journalistes victimes. 5 intimidés dans le nord-ouest, 5 victimes de répression dans le nord, 3 victimes de répression dans le nord-est, 13 journalistes inquiétés dans le département de l’Artibonite, 3 victimes dans le sud, 1 victime à miragoâne (nippes), 3 journalistes agressés à Jacmel (1 hospitalisé), 4 victimes dans le plateau central dont Néhémie Joseph et 7 journalistes victimes dans l’ouest dont Dieunalio Chery.

Parmi ces journalistes lesquels justice n’est pas faite en leurs noms, l’histoire retiendra :

  1. Jacques Siméon surnommé Jacky Caraibes, directeur radio Caraibes FM, assassiné en 1991.
  2. Félix Lamy co-directeur radio Galaxy assassiné le 10 décembre 1991.
  3. Brignole Lindor assassiné le 10 décembre 2001 à Petit Goâve.
  4. Jean Léopold Dominique PDG, radio HAITI INTER assassiné le 3 avril 2000 à Port-Au-Prince.
  5. Abdias Jean, reporteur assassiné en janvier 2005 à Port-Au-Prince.
  6. Georges H. Honorat, directeur du journal HAITI PROGRES assassiné en mars 2013 à Port-Au-Prince.
  7. Jean Liphète Nelson, directeur radio Boukman assassiné à Port-Au-Prince en mars 2012.
  8. Vladimir Legagneur, Photojournaliste assassiné en 2017 à Port-Au-Prince.
  9. Pétion Rospide co-directeur Radio Sans Fin (RSF) assassiné à Port-Au-Prince en Aout 2018.
  10. Néhémie Joseph, Correspondant de la radio Mega, assassiné dans le plateau central.

Durant cette journée, les obsèques de Néhémie Joseph sont chantées sur la place publique de Mirebalais, tué le 10 octobre 2019. À quand la liberté de la presse sera de mise dans ce pays ? En tout cas, les assassins sont dans la ville, comme eut à dire le feu Jean Léopold Dominique.

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