Le soutien américain est hypothétique! Selon Witzer Mésadieu

Quand les États-Unis veulent soutenir le pouvoir politique; ils savent comment le faire! Ils engagent non seulement un dialogue par le biais des communiqués de presse ou envoient des délégations pour des discussions sans actions concrètes, mais ils fournissent des ressources financières et matérielles. C’est la politique. Il ne s’agit pas d’une relation sentimentale ou encore d’une situation de maladie.

Tout cela nous rappelle que lorsque les États-Unis ont déclaré leur soutien à Juan Guaido, chef de l’opposition vénézuélienne, ils ont immédiatement fourni un certain nombre de moyens diplomatiques, voire financiers. Alors qu’aujourd’hui ils disent soutenir le pouvoir actuel, ils ne lui donnent aucun moyen. Aucun accord économique ou commercial n’a été signé, alors que l’économie haïtienne est dans un état très critique, selon les derniers indicateurs macro et micro-économiques. Dans le cas haïtien, le président a-t-il un soutien matériel pour atténuer la crise?

Aujourd’hui, le président Jovenel MOISE et ses partisans doivent comprendre cela. Il y a de multiples raisons qui poussent les États-Unis à ne pas manifester leur soutien par le biais de la coopération bilatérale . N’importe quel gouvernement, dans le monde entier, quand il y a des cas avérés de corruption et de violation systématique des droits de l’homme, va agir avec prudence. Autrement dit, tout pays qui se respecte en raison de la nouvelle dynamique internationale de lutte contre la corruption, en fait, se réserve toujours le droit de prendre tout engagement économique vis-à-vis du gouvernement en question. C’est un principe de bonne gouvernance et de primauté du droit. Aux États-Unis en particulier, pays où les valeurs républicaines sont ancrées dans les fonctions régaliennes de l’État, on ne badine pas avec ça.

Ceux et celles qui s’expriment sans cesse; à longueur de journée sur la question relative à la légitimité du président Jovenel MOÏSE, doivent faire très attention. Selon Massaër Diallo, la légitimité a un triple enracinement. Dans le domaine du droit (la légalité), les institutions politiques (la démocratie) et les populations jouent un rôle on ne peut plus crucial et primordial. La légitimité est donc liée à la légalité sans réserve. Il existe une certaine inter-dépendance entre les deux notions. Alors que pour Dominique Darbon, c’est « le fait qu’un pouvoir soit exercé de manière satisfaisante aux yeux du plus grand nombre ».

Que faites-vous donc de l’article 136 de la constitution de 1987 ? Et, enfin, qu’en est-il des indicateurs socio-économiques du pays depuis plus de deux ans?

Contrairement à ce que vous auriez pu penser, la manière dont l’administration TRUMP gère la crise haïtienne ouvrira sans aucun doute la voie à de grands débats lors de la prochaine élection présidentielle aux USA. En fait, le favori du Parti démocrate aux élections de novembre 2020, Joe Biden, a déjà critiqué le comportement des autorités américaines dans la gestion de cette crise aiguë qui sévit dans le pays depuis des mois.

Le soutien américain au président Jovenel MOÏSE est hypothétique. Comme les données changent au fil des événements, tout peut changer à tout moment. C’est la dynamique politique qui va donc l’exiger. Tous les matins, avant de se rendre au Palais National , le Chef de l’Etat Haïtien doit régulièrement vérifier ses appels, ses messages et ses courriels pour assurer son renouvellement.

Ne soyez pas dupes, ce n’est pas seulement vous, Monsieur le Président, qui pouvez garantir les intérêts américains en Haïti. Quelqu’un d’autre peut le faire, peut-être mieux!

Witzer MESADIEU,
Sces Politiques et Juridiques.
Directeur de Juristech Legal & Associated

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