Accédé au Sud d’Haïti en passant par Chalon, un calvaire inévitable

Après environs trois mois de pays lock, la situation d’Haïti reste inchangée. Troubles politiques, sociales et économiques émaillés de scènes de vandalismes, violences, pillages et meurtres. Les routes nationales sont, entre autres, les grandes victimes de ce problène qui peine encore à être résolu.

En effet, pour accéder au Sud d’Haïti, par voie terrestre, en passant par Chalon à Mirâgoane, c’est vraiment un véritable calvaire qui continue de faire couler du sang par le fait que des groupes armés de cette zone rançonnent les usagers de la route, les véhicules privés et publiques. Qu’il soit personnalité publique, politique, journalistes ou simple citoyen, la liste des victimes est longue. Si la voiture de la directrice de la Lotterie de l’Etat d’Haïti, madame Marie Margareth Fortuné, a été incendiée à Chalon dans les mois écoulés, son frère travaillant pour le Palais National, Jean Gabriel Fortuné, a failli laisser sa peau encore à Chalon le vendredi 22 novembre dernier.

«Il était aux environs de 2h PM vendredi quand moi et mon chauffeur sommes arrivés à Chalon. La circulation paraissait plutôt normale. On avançait lentement quand on a remarqué un groupe de jeunes, apparement agés de moins de 30 ans, faisant la circulation. Ils ont demandé à mon chauffeur de s’arrêter mais on continuait d’avancer lentement. C’est alors qu’on allait remarquer qu’ils étaient armés. Ils nous ont demandé de leur remettre armes et munitions mais on leur a clairement dit qu’on n’en avait pas. Ils nous ont ordonné de descendre de la voiture et je les ai invités à la fouiller. J’ai profité du moment pour m’enfuir», raconte l’ex magistrat des Cayes qui intervenait au micro de Valéry Numa ce mercredi matin, affirmant ne pas savoir comment il s’en est sorti vivant.

«J’ai traversé une première cour et arrivé dans une deuxième», poursuit l’homme politique. «Je suis tombé et ils m’ont attrapé. Dans mon badge, ils ont remarqué que c’était moi et que je travaillais pour le palais national. Certains ont demandé de m’exécuter, mais j’ai dit de ne pas le faire. Ils m’ont conduit à ma voiture et des riverains étaient venus me supporter. Ils nous ont alors laissés nous en aller, moi et mon chauffeur. Il ne manquait que le téléphone du chauffeur», ajoute M. Fortuné qui croit que c’en est trop. Il a fait savoir que ces actes sont le résultat de mauvaise gouvernance, de l’incompétence des hommes arrivés au pouvoir.

Il est important de souligner que dans la veille de son intervention, soit le mardi 27 novembre, 3 journalistes de Loop Haïti ont été attaqués et dépouillés de tout, toujours à Chalon, la seule voie terrestre inévitable pour se rendre dans le Sud.

Il nous revient alors à nous demander si tout cela se passe au vu et au su de tout le monde, qu’est-ce qui empêche à l’État central et local d’agir afin de pallier à ce mal qui perdure. «Qui ne dit rien consent», dit le vieux adage. Agissent-ils donc pour le compte de l’État, un groupe d’homme d’État ou encore, est-ce un signe qui prouve réellement que l’État est incapable de garantir la sécurité des citoyens ?

Eddyson Varain

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