Le Boulevard de la VAR

Situé à l’entrée Sud de la capitale du pays, le boulevard Harry Truman, communément appelé bicentenaire, devient aujourd’hui un espace désert, abandonné et surtout, un endroit où les hommes armés dictent leur loi. Ce boulevard qui, jadis, faisait la fierté de ses riverains, se transforme désormais en un lieu où seuls, le désespoir et la tristesse caractérisent son quotidien.

La situation se détériore de jour en jour au boulevard Harry Truman. Déjà en proie à de graves problèmes environnementaux liés à l’incapacité des autorités à curer les canaux, à ramasser les ordures et détritus de toutes sortes, cette zone située en plein cœur de la capitale provoque des grincements de dents quand il s’agit de traverser cet axe routier pour se rendre au centre-ville de Port-au-Prince. Chauffeurs, passagers et usagers de la route nationale #2 sont tous confrontés à cette réalité macabre.

Dans les parages du théâtre national se trouve le fameux « Village de Dieu ». Ce quartier situé à quelques kilomètres du palais national, loge les hommes armés du chef de gang Arnel Joseph arrêté par la police nationale d’Haïti le 24 juillet écoulé. Ces individus bien équipés et lourdement armés donnent du fil à retordre aux autorités policières qui ont toutes les peines du monde à pacifier la zone et mettre hors d’état de nuire ces belligérants. Ces hommes qui fonctionnent au vu et au su de tout le monde, circulent en toute quiétude d’esprit, terrorisent, tuent, détournent les camions de marchandises et regagnent aisément leur fief. Fort de ce constat, les propriétaires d’entreprise, les commerçants et les petits détaillants fuient le boulevard, laissant derrière eux le fruit de longues années de dur labeur.

Même les institutions publiques ne sont pas épargnées. Le palais de justice de Port-au-Prince, l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSH), l’EDH et le parlement haïtien sont tous dans l’oeil du cyclone. Chaque jour, les employés de ces boîtes assistent au concert de rafales à l’arme automatique. Les juges, les parquetiers et autres employés du système judiciaire ne savent pas à quel saint se vouer.

Face à cette situation insupportable, la population a soif de tranquillité et espère une réponse appropriée de la part des autorités. Si certains croient qu’un jour le bicentenaire retrouvera son visage d’antan, d’autres ne cachent pas leur pessimisme, d’autant que le président du sénat de la République, Carl Murat Cantave a paraphé un contrat de bail à ferme pour la location de trois espaces qui serviront de bureau pour le grand corps.

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