David Hale sera en Haïti, l’opposition exige des détails avant toute rencontre

Dans une lettre adressée au secrétaire d’État Américain Micharl R. Pompeo, l’opposition politique exige qu’on lui communique clairement l’agenda du sous secrétaire d’État Américain, David Hale bien avant sa visite en Haïti. Si non, elle menace de ne pas rencontrer monsieur Hale. L’opposition souhaite que tout dialogue passe par la démission du Président de la République, Jovenel Moïse.

Lisez la lettre dans son intégralité

Port-au-Prince, le 4 Décembre 2019

À: Michael R. Pompeo
Secrétaire d’État Américain
Département d’État des États-Unis
Building Harry S. Truman,
États-Unis,NW
Washington, 2201 C St., DC 2052

Monsieur le Secrétaire d’État,

Nous, les partis politiques, organisations politiques, organisations populaires, syndicats, regroupements politiques, députés,sénateurs et magistrats signataires de l’Alternative Consensuelle pour la Refondation d’Haïti, tenons à saluer l’attention portée à la crise haïtienne par l’administration Trump.

Tout en continuant à prioriser la voie d’un dialogue utile et progressiste, nous voulons informer l’administration américaine que nous sommes très sceptique quant à la nature du prochain voyage en Haïti du sous-secrétaire d’État David Hale, dont le contenu de l’agenda nous est encore inconnu.Nous voulons rappeler que nous nous sommes déjà soumis, de bon gré, à un exercice de rencontres avec différents émissaires américans, toutefois ils n’ont manifesté aucune volonté de comprendre la crise et la solution de sortie proposée par la société haïtienne.

En effet, de la visite de l’ambassadrice Kelly Craft à nos jours deux (2) massacres se sont produits, celui du Bel-Air et celui de Mariani. De plus, tant aux Gonaïves que sur tout le territoire national des dizaines de leaders de l’opposition sont visés par des mandats d’amener, émis en marge de la loi. Nous soulignons également qu’à chaque manifestation des dizaines de personnes sont portées disparues.

D’autre part, nous avons constaté que l’administration américaine s’est bien gardée de dénoncer l’absence de gouvernement en Haïti, depuis tantôt 8 mois. En effet, les États Unis continuent de coopérer avec un gouvernement inconstitutionnel,illégitime et démissionaire.

De plus, le mutisme éloquent de l’administration Trump, face à la répression sauvage exercée sur la population haïtienne, nous étonne et nous préoccupe profondément.

Il n’est plus possible de voir des dignitaires se murer derrière des arguments d’autorité, faisant ainsi fi de la corruption généralisée, du banditisme d’État et de la montée de la violence qui gangrène le pays.

C’est dans ce contexte, que nous avons le plaisir de vous communiquer les exigences fondamentales de l’opposition politique et de la population haïtienne, à savoir:

1-Le départ immédiat et ordonné de Jovenel Moïse;
2-Le procès des dilapidateurs des fonds Petro-Caribe et des coupables d’autres cas de corruption ;
3-La tenue d’une conférence nationale souveraine;
4-L’arrestation de tous ceux qui se sont rendus coupables de violation flagrante de la loi particulièrement celle des membres du simulacre de gouvernement en place;
5-La poursuite et la condamnation des auteurs des différents massacres tels que la Saline, Tokyo, Carrefour-Feuilles, Bel-Air, Miragoâne, Mariani, Shada et Nan banann;
6-La prise de mesures d’urgence en vue de soulager la souffrance de la population ainsi que des mesures de corrections financières immédiates;
7-La tenue d’élections générales libres, transparentes et crédibles après l’adoption de la nouvelle constitution.

Nous rappelons que l’opposition politique, les membres de la société civile et du secteur privé se sont entendus sur une formule qui permettra de remplacer le président Jovenel Moïse par un juge de la Cour de Cassation et qui prévoit un premier ministre issu de l’Alternative Consensuelle pour la Refondation d’Haïti.

Nous voulons réitérer notre engagement en faveur d’un dialogue. Toutefois, dans la situation de répression généralisée actuelle, il ne nous est pas possible de tergiverser. Ainsi, nous conditionnons notre participation à un dialogue ou à toute autre forme de négociation à une définition préalable et claire de leurs tenants, aboutissants et contours.

Nous souhaiterions que l’administration américaine, afin de favoriser le bon déroulement de la mission du sous-secrétaire d’État David Hale, veuille bien nous communiquer le contenu de l’agenda de ce dernier et préciser sa position par rapport à la crise avant la tenue de la rencontre officielle du 6 décembre 2019.

Nous souhaitons d’ores et déjà au sous-secrétaire d’État David Hale tout le succès possible dans l’accomplissement de sa mission.

Pour l’Alternative Consensuelle pour la Refondation d’Haïti

M. Nènel Cassy
Sénateur de la République

Me. Manès Louis
Député du peuple

M. Augustin Antoine
Professeur d’université

M. Serge Jean-Louis
Ancien Député du peuple

M. Erl Jean-Pierre
Ing. Agronome

Cc: Au sous-secrétaire d’État américain Monsieur David Hale

À l’ambassadrice des États- Unis en Haïti Madame Michèle Sison

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