Vers une reprise totale des activités scolaires à Port-au-Prince

Les établissements scolaires reprennent service dans différentes localités de la zone métropolitaine de Port-au-Prince pour la première semaine du mois de décembre 2019, suite à l’opération dite « Peyi Lock ». La plupart des enfants, en tenue de ville, sont accompagnés de leurs parents, par mesure de précaution, pour débuter une année scolaire hypothétique.

Environs 11 semaines se sont écoulées depuis que les écoliers haïtiens ont dû fuir les établissements scolaires face aux mouvements de terreur qui régnait dans le pays, notamment à la capitale haïtienne. Les portes des institutions scolaires privées et publiques sont désormais ouvertes. On assiste donc, à une reprise des activités dans plusieurs communes du département de l’Ouest.

Du lundi 2 au jeudi 5 décembre 2019, les écolier(ère)(s) reprennent tant bien que mal le chemin de l’école, afin de recevoir le pain de l’instruction. Cependant, la tension demeure et ses séquelles sont visibles comme une cicatrice sur le visage de ses enfants, touchés de plein fouet par les tumultes politiques chroniques dont Haïti est synonyme.

Le constat est symptomatique : la majorité de ces enfants ne portent pas d’uniforme. Et contrairement auparavant, ils se font accompagner de leurs parents craignant des débordements qui peuvent survenir à tout moment.

Parallèlement, les membres de l’opposition politique annoncent la reprise de la mobilisation à partir de ce jeudi 5 décembre 2019 pour contraindre le Président de la République Jovenel Moïse à la démission. Ce qui ne manquera pas de fragiliser l’avenir des ces progénitures dont les acteurs politiques en ont marre.

Cette situation avait interpellé la communauté internationale via certains organismes tels que l’UNICEF et l’UNESCO qui, le 20 novembre dernier, à l’occasion de la journée mondiale de l’enfance, ont exhorté les acteurs impliqués dans la crise à tenir compte du droit des enfants haïtiens à l’éducation.

« Selon le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP), 70% des écoles du pays sont fermées, ce qui signifie que plus de trois millions d’enfants n’ont pas pu commencer ou poursuivre leur éducation. 50 jours de cours sur un total de 189 jours prévus ont déjà été perdus, créant ainsi un déficit énorme d’apprentissage pour les élèves et les étudiants. Un plan de rattrapage doit être proposé aux écoles pour récupérer 250 heures de cours perdues, sur les 945 que compte l’année scolaire», ont-ils mentionné dans un communiqué conjoint.

Un sage chinois, il y a de cela plusieurs siècles, conseiller de son empereur, confia à ce dernier : « Si vous voulez détruire un pays ennemi, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter cher en pertes humaines. Il suffit de lui détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans, et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigé par des voleurs. Il vous sera alors très facile de les vaincre.»

Sauf qu’ici, il ne s’agit pas de pays ennemis. Mais des Haïtiens qui, eux-mêmes, utilisent l’avenir de nos enfants comme arme de combat pour atteindre des objectifs politiques.

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