Arnel Bélizaire, mal-aimé et incompris?

Auditionné au parquet de Port-au-Prince ce lundi 9 décembre, Arnel Bélizaire a été, par la suite, conduit au pénitencier national. Selon ses dires, le mal-aimé de plus d’un croit être victime d’incompréhension.

L’homme politique fait souvent l’objet de nombreuses critiques. Que ce soit du côté du régime PHTK ou du côté de l’opposition, il n’est pas toujours bien vu. De par ses prises de position, il est considéré comme un bandit, pour certains c’est un soldat et pour d’autres, un homme de courage, de conviction et de terrain. Il est aussi, parfois, considéré comme un traître, surtout quand il supportait le pouvoir en place qui, selon lui, méritait une chance pour entamer le dialogue. Ce qui fait de lui, bien sûr, un homme politique avec une liste d’ennemis bien longue, sans oublier qu’il avait attaqué publiquement Laurent S. Lamothe dans le dossier de conteneurs d’armes à feu débarqué illégalement à Saint-Marc.

Arrêté le 30 novembre dernier à Jacmel, ses chefs d’accusation sont «complot contre la sûreté de l’Etat et possession illégale d’armes à feu». Si personne, jusqu’à présent, ne peut réellement prouver qu’il avait ces armes en sa possession, c’est différent pour l’autre chef d’accusation. Son bien-fondé se trouve dans les déclarations incendiaires de l’homme politique faisant savoir _«que la mobilisation doit reprendre et qu’il faut ériger des barricades enflammés dans toutes les artères de la capitale haïtienne, en « sautant » l’ambassade américaine, l’union school et la brasserie nationale de la couronne. Une déclaration qui serait mal interprétée et qui contribuerait en grande partie à son arrestation.

Selon M. Bélizaire, «sauter l’ambassade américaine, l’union school et la brasserie de la couronne» voulait dire tout simplement qu’il faut les «esquiver, ne pas ériger des barricades devant ses institutions». Ce que, malhereusement, les gens ont mal interprété. Malgré ses explications ce lundi, ils continuent à croire que l’ancien député voulait dire qu’il faut exploser ou réduire en cendres ces institutions. Ce qui paraît être un peu logique puisque l’homme en question n’a jamais caché qu’il contient des armes de grand calibre et divers autres moyens de défense.

S’engageant dans ce combat politique, l’ex député de Delmas-Tabarre devait savoir que ce ne serait pas chose facile. Ses adversaires politiques utiliseraient tout contre lui, même ce qui pourrait jouer en sa faveur. Il devait, en ce sens, mesurer ses déclarations.

S’il est déjà mal-aimé, maintenant incompris, son cas devient délicat. Deux choses qui ne jouent pas en sa faveur et qui peuvent faire durer son séjour derrière les barreaux. Il doit, toutefois, avoir de bons arguments pour prouver ses déclarations et ensuite, prouver que les armes ne lui appartiennent pas s’il veut revoir volontairement et librement le soleil. En d’autres cas, ses partisans vont devoir attendre encore longtemps pour le revoir à leurs côtés dans la rue.

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