25 dollars américains par tête d’Haïtiens tués, le prix du massacre du Persil en RD

25 dollars américains est le montant reçu par le président Sténio Vincent, pour chaque Haïtien assassiné lors du massacre d’octobre 1937 en République Dominicaine sous l’administration de Trujillo. Intervenant sur une station locale ce samedi 7 décembre 2019, le petit fils de l’ancien président Trujillo et actuel candidat à la présidence Ramfis Dominguez Trujillo, a déclaré que son pays n’est pas un petit village où tout le monde peut faire n’importe quoi en réponse à la déclaration du président haïtien Jovenel Moïse concernant le mur qui va être construit à la frontière. Le journaliste haitiano-dominicain Alexander Galvez dans sa rubrique intitulée “Ti koze nan panyòl” sur Caraïbes a rappelé qu’en 1937, plus de 30, 000 Haïtiens avaient été sauvagement exécutés, selon les données disponibles.

Le gouvernement d’Haïti, enmené par le Président Sténio Vincent, avait reçu en guise de récompense 25 dollars américains pour chaque Haïtien tué lors du massacre d’octobre 1937 en République Dominicaine. Ramfis Dominguez Trujillo, le petit fils de l’ancien dictateur Rafael Trujillo a rappelé sur la radio » La Z », 101.3 FM stéréo en République Dominicaine que son pays n’est pas une jungle.

Le Journaliste Haitiano-dominicain Alexander Galvez qui a rapporté l’information explique que le petit-fils du dictateur Rafael Leónidas Trujillo Molina et actuellement candidat à la présidence, a voulu recadrer le Président haïtien, Jovenel Moïse, pour avoir minimisé la décision de construire un mur à la frontière.

Ce massacre a été planifié dans le but d’homogénéiser le côté dominicain de la frontière qui est connu dans l’histoire sous le pseudonyme de » Opération de perejil ». En clair, il consistait pour les soldats dominicains de tenir une branche de « perejil » ou persil afin de décanter, suivant leurs prononciations, les Haïtiens des vrais Dominicains.

Au début de cette campagne lancée dans la nuit du 2 octobre 1937, le dictateur Rafael Trujillo a constaté des avancées majeures. Mais, il en demandait beaucoup plus en très peu de temps.

« Depuis quelques mois, j’ai voyagé et traversé la frontière dans tous les sens du mot. Pour les Dominicains qui se plaignaient des déprédations par les Haïtiens qui vivent parmi eux, les vols de bétail, des provisions, fruits, etc., et sont ainsi empêchés de jouir en paix des fruits de leur travail, j’ai répondu, « Je vais corriger cela ». Et nous avons déjà commencé à remédier à la situation. Trois cents Haïtiens sont morts aujourd’hui à Banica. Ce remède va se poursuivre. », a déclaré Rafael Trujillo lors d’une allocution sur le déroulement de ce massacre.

À la fin du massacre le 8 octobre 1937, plus de 37 000 haïtiens sont tués avec des fusils, des machettes, des gourdins, des couteaux, par les civils, des militaires et membres des autorités politiques dominicaines.
Même le poste frontalier de Dajabon a été fermée pour éviter aux victimes de s’échapper.

Le Président haïtien d’alors, informé de la situation par des canaux officiels, a décidé de jouer la carte de l’apaisement face à son homologue dominicain. Mais le plus horrible, ce sont les actions qu’il allait poser.

Il a consenti de recevoir 25 dollars américains pour chaque haïtien tué, juste le prix d’une petite tête de bétail. Ensuite, pour sceller son amitié avec le bourreau des haïtiens, Nadine Vincent, sa fille, mort en 1998 en République Dominicaine, a été baptisée par Rafael Léonidas Trujillo. Quelle honte!

Ainsi, le petit-fils du dictateur dominicain, Ramfis Dominguez Trujillo a voulu rappeler à tous ceux qui ne cessent de s’enorgueillir les prouesses de nos ancêtres que la vie d’un Haïtien ne vaut pas grand chose. Si bien qu’après plus de 200 ans de l’indépendance, les hommes et femmes politiques haïtiens conduisent le pays, avec justesse et précision, dans une précipice d’autodestruction. Tandis que de l’autre côté, c’est le progrès.

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