Parfait! Dansez sur le sang de vos compatriotes. Avez-vous un cœur d’acier?

À Martissant, c’est le noir, la catastrophe. Des blessés par balles, cadavres, orphelins. Maisons pillées, incendiées, des sans-abris de plus. Tout cela se passe sous le silence complice des autorités. Et malgré tout, des DJs, des bandes à pied, des haïtiens, frères et sœurs de ceux qui souffrent, dansent ce dimanche 19 janvier 2020, sur le sang de leurs frères. C’est le premier des dimanches pré-carnavalesques.

Cité Plus, Village de Dieu, Cité de l’Éternel, Bicentenaire. Martissant A2, Martissant 2B, Cité de l’Eternel, Grand Ravine, Tibois. Ruelle Sainte Bernadette, Martissant 1, Martissant 7. Les choses se compliquent. Des cadavres par-ci, par-là. Les habitants fuient massivement ces zones afin de s’échapper aux assauts de ces présumés criminels, laissant derrière eux habitats, leurs biens et tous leurs avoirs. Présence policière insignifiante, des pauvres citoyens livrés à eux-mêmes.

Pourtant, à quelques mètres de ce champ funeste, les choses sont différentes. Tout va pour le mieux. Ou tout au moins, c’est l’impression que donnent les carnavaliers. Avenue Martin Luther King, Lalue pour arriver au Champ-de-Mars, c’est la fête. De la musique à profusion au milieu de danses dévergondées, tafia, cigarettes, mots malsains ou obscènes etc.

Tout le monde s’occupe de ses affaires. « Zafè kabrit pa zafè mouton. Zafè moun Matisan pa zafè moun Channmas. Ni moun nan Leta a tou ». Forte présence policière, personne ne pense à ces innocents dont leur seul péché est choisir de vivre à Martissant, en Haïti.

Certes, on est libre de faire ce que l’on veut, surtout quand il s’agit de se divertir. D’ailleurs, c’est recommandé : il faut parfois laisser tout derrière soi, faire le vide, tout oublier pour se ressourcer. Mais, ne faudrait-il pas penser à ces victimes? Elles méritent ce qui leur arrive? Ce ne sont pas des haïtiens au même titre que tous les autres? Ces victimes ne sont pas des fils et filles d’Haïti, de cette patrie libre et indépendante?

Elles sont des humains : des frères et sœurs, des mères et pères. Elles laissent derrières elles des enfants, des familles, des amis. Elles ont droit, comme tout le monde, à la vie. Et pour cela, c’est à nous tous de revendiquer leur mort et de protester afin que cela n’arrive plus jamais.

Aujourd’hui, c’est à Martissant de souffrir et cela n’interesse sûrement personne d’autre. Mais sachez qu’une plaie qui ne se fait pas soigner, peut s’élargir et envahir tout le corps. Ceci dit que si rien n’est fait maintenant, demain sera trop tard et cela dépassera Martissant. Ce sera le tour de Champ-de-Mars, Lalue, Delmas, Pétion-Ville, Croix-des-Bouquets, partout. Avant d’en arriver là, agissons dès maintenant. « Pa kite maleng nan vin tounen java paske aprè, li p ap ka geri ».

Unissons-nous pour lutter contre l’injustice sociale, quelles que soient les victimes. Nous avons le droit de vivre libre, égal, comme des frères. Luttons à ce que nos droits soient respectés. Il est temps pour que les autorités prennent leur responsabilité. Il est temps que réellement, L’UNION FAIT LA FORCE, « tout moun viv egal ego. Li lè, li tan pou zafè kabrit vin zafè mouton tou »!

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