La cruauté du MENFP et le Palais National envers des étudiants de l’Ecole Normale Supérieure

Après tant de péripéties pour obtenir un stage qui leur revient de droit selon un accord signé en 2015, entre l’Ecole Normale Supérieure (ENS) et le Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le calvaire de ces étudiants semble être loin de se terminer. Alors qu’ils bouclent leur stage depuis juillet dernier, le MNFP ne manifeste aucune volonté de les payer, ni les nommer.

« Afin de me rendre à mon lycée d’affectation, j’avais emprunté 20.000 gourdes à un taux de 5% mensuellement. Ce prêt arrive à échéance depuis 2 mois, je ne sais quoi faire », crie, sous couvert de l’anonymat, un étudiant qui a réalisé son stage en éducation à la citoyenneté dans un lycée du Sud’Est. « On refuse de payer des étudiants qui ont passé 6 ans (4 ans en temps normal) dans une école dans des conditions d’études inappropriées, alors que le gouvernement distribue des millions de gourdes dans les ghettos », dénonce avec frustration, l’étudiant de 27 ans.

Malgré les différentes démarches administratives entreprises auprès des responsables du Ministère, ils ne veulent pas entendre raison. Pour cela, depuis le mois d’août, les étudiants stagiaires ont lancé une série de mouvements dont des sit-in et d’autres manifestations pacifiques afin de faire entendre leur voix. Malheureusement, ils sont encore sur le macadam, abandonnés à eux-mêmes.

L’ENS est située à quelques mètres du Palais National. Ces derniers jours, les étudiants sont dans les viseurs des fusils d’assaut de l’Unité Spécialisé pour la Garde du Palais National (USGPN). Le 19 novembre dernier ces policiers ont tiré à hauteur d’homme et à balle réelle sur les étudiants lors d’un mouvement de protestation. N’était ce pas la vigilance des protestataires, ils seraient criblé de balles. Ce serait un massacre de plus ! Ils sont sauvés de justesse. A leur place, c’est le portail qui fait les frais. Il est criblé par des projectiles de grands calibres.

A lorsque les jeunes cadres de l’ENS sont dans la rue, regrettent-ils, Pierre Josué Agénor Cadet et son équipe de concert avec des politiciens corrompus ne cesse pas d’intégrer des enseignants médiocres dans le système. Pour eux, l’échec de l’éducation en Haïti est le fruit d’une très bonne planification. Sinon, on aurait accordé une place fondamentale aux étudiants de l’ENS, formés à la plus grande école de formation des enseignants du pays.

Alors qu’ils subissent des menaces de morts, d’arrestations, entre autres, les étudiants ne comptent pas baisser les bras face à ces cruels. A rappeler qu’ils sont 151 à avoir réalisé leur stage sur tout le territoire national l’année dernière. Ils promettent de continuer la lutte même après avoir reçus le paiement du stage et leurs lettres de nomination, car l’objectif est unique : intégrer le système éducatif haïtien pour le changer, afin de sauver le pays.

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