Entretien avec Freud Piercius, un étudiant haïtien au Taïwan

Ce samedi 8 février 2020, nous nous sommes entretenus avec un étudiant haïtien évoluant au Taïwan. Nous avons abordé des sujets liés à sa façon de se rendre en Asie, la situation des étudiants haïtiens séjournés là-bas, et sa projection sur son avenir à son retour en Haïti.

Alors, la République Démocratique de la Chine avait, comme il est question tous les ans, lancé une édition de son programme de bourse en 2016, il a postulé et est sorti parmi les qualifiés. C’est ce qui lui confère l’opportunité d’étudier actuellement le génie électrique au Taïwan.

Freud L. Lewis Piercius, a du laisser Haïti pour évoluer dans une culture assez différente de celle de son pays d’origine. Il les a même décrites comme deux « mondes différents ». Ce qui a surpris tout le monde, le lauréat national lors des examens de baccalauréat de 2015 s’est vite adapté au climat, à son environnement, sa maîtrise de la langue anglaise lui a permis d’apprendre aisément cette nouvelle langue qu’il est convié à utiliser quotidiennement pour s’ouvrir un cadre beaucoup plus immense. D’ailleurs, il est demandé à tout postulant un niveau intéressant en anglais pour détenir la bourse.

Aujourd’hui, il est connu de tous qu’un virus est en propagation en Asie. Cette épidémie qui s’est répandue dans plusieurs autres pays et qui a occasionné plus de mille morts constitue une menace pour le bien-vivre sur ce continent. Pourtant, Freud nous dit que son mode de vie ne change pas, à part le niveau de précaution qui est simplement élevé. La raison, le gouvernement taïwanais place un système de contrôle assez fort et suspend tout échange entre la Chine continentale et la République Démocratique de Chine. « Taïwan ne sera pas trop affecté. En plus, nos préventions ne sont que celles étalées sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) », rassure Freud.

Ils sont nombreux à bénéficier des bourses pour aller entamer ou continuer une étude dans un pays étranger. Certains se sont organisés, à l’instar de nos jeunes compatriotes à cuba, avec la volonté de retourner en Haïti pour apporter de quoi à changer la donne. À Taïwan, les étudiants ne se sont pas regroupés. Lewis Freud nous en parle : « Tous les étudiants haïtiens ne se regroupent pas. Mais nous nous connaissons presque tous. Aucun haïtien ne peut arriver ici sans rencontrer au moins deux aînés. Ce sont les anciens qui apportent leurs soutiens aux nouveaux arrivés ».

Comme nous venons de le dire, les étudiants haïtiens sont pour la plupart rétissants à l’idée de retourner en Haïti. Les nouvelles qui sont rapportées de la situation du pays sont, entre autres, des motifs qui suscitent du désintérêt aux étudiants haïtiens de retourner en Haïti. Nous parlant de lui-même, Freud montre un sentiment d’indécis. « Je ne sais pas encore si je retournerai en Haïti. Si je dois retourner, ça peut prendre quelques temps. Si je dois obligatoirement retourner maintenant, je me sentirai immature pour apporter une quelconque contribution, parce que Haïti est « pourrie ». Si je retourne sans rien apporter, je peux être aussi pourri. »

Lauréat aux examens de baccalauréat de 2015, Lewis a été étudiant à l’Université Quisqueya et l’Université d’État d’Haïti avant de se rendre sur l’île de Formose en 2016. Issu d’une famille chrétienne, Lewis est connu pour son intelligence développée à l’école, où il a pris pour habitude d’occuper les meilleures places. Aujourd’hui, ce jeune est en Asie. Il hésite entre retourner dans sa terre natale ou continuer son aventure ailleurs. Il continue de se demander par quel chemin passer pour aider efficacement dans le développement de son pays.

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