La santé publique Haïtienne en péril avec environ 1,000 médecins pour plus de 11 millions habitants

Haïti souffre d’une crise politique, économique et sociale chronique qui, ajoutée à une longue sécheresse, fait vivre la population haïtienne dans une situation d’insécurité alimentaire et sanitaire permanente.

Pour une population de 11.123.176 d’habitants, Haïti ne compte que 911 médecins, 3 018 infirmières, 115 hôpitaux et 7 375 lits. Environ 125 sections communales n’ont pas de structure sanitaire.

Le manque de personnel de santé est l’une des grandes faiblesses du système de santé haïtien, mais en plus de cette difficulté, il y a aussi la répartition inégale de ces ressources humaines.

Quant à l’accès aux services privés, 80% de la population manque d’une assurance de santé.

Et en terme d’investissement public, les ressources allouées au Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) sont extrêmement déficientes, et en fait les montants les plus importants proviennent de la coopération internationale qui, ces dernières années, a diminué considérablement l’aide.

Du côté dominicain, en revanche, dans le seul système public de la République dominicaine, il y a 15 170 médecins, 1 881 auxiliaires juridiques, 3 698 infirmières, 10 101 infirmières auxiliaires, 191 hôpitaux de référence municipaux, périphériques, provinciaux, régionaux, spécialisés et nationaux, plus de 8 000 lits., en plus de 1 830 unités de soins primaires.

Et de plus de ces établissements, il y a 122 cliniques qui fournissent des services dans tout le pays et qui sont rattachées à l’Association nationale des cliniques privées.

Haïti fait face à une crise majeure causée par des facteurs politiques et socio-économiques et aussi une augmentation massive de la violence qui en résulte.

Depuis des mois, les Haïtiens ont de moins en moins de pouvoir d’achat, à mesure que la monnaie nationale se déprécie avec pour l’instant environ 100 gourdes pour $1. De plus, l’impasse politique et les scandales de corruption, de vol et de gaspillage semblent sans fin.

Dans un rapport publié en novembre 2017 sur les comptes nationaux de la santé d’Haïti, le MSPP a déploré le faible budget qu’il reçoit pour faire face à des pandémies telles que le VIH / sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi qu’à des maladies non transmissibles telles que le diabète et hypertension artérielle.
L’incidence de la tuberculose en Haïti est de 194 pour 100 000 habitants

Depuis le 9 juin 2019, les tensions se sont intensifiées, avec des manifestations à grande échelle et des flambées de violence perpétrées par des individus armés quasi quotidiennes dans plusieurs villes du pays telles que Port-au-Prince, Les Cayes, la Plaine du Cul-de-Sac en particulier ‘Papay ‘ et les Gonaïves.

En 2019, le centre de stabilisation d’urgence Médecins sans frontières du quartier Martissant de Port-au-Prince rapporte qu’il a reçu en moyenne 2,450 patients par mois. 10% avaient des blessures par balle, des lacérations ou d’autres blessures liées à la violence.

La Colère, l’inquiétude et l’accablement est tangible partout. Les voies de Port-au-Prince, normalement obstruées par la circulation, sont vides car les gens craignent que la violence ne dégénère à tout moment.

L’environnement d’Haïti, de plus en plus violent affecte les systèmes de santé publique dans leur ensemble, accroissant éventuellement les risques de mortalité. Les établissements de santé publique mal financés, manquant de personnel et mal équipés en Haïti ne sont pas en mesure de faire face au flot actuel de patients.

La pénurie de médecins, de médicaments et de fournitures essentielles telles que l’oxygène et l’électricité dans les établissements publics de santé complique encore la situation, sans oublier le nombre de patients qui ne peuvent pas aller dans des hôpitaux privés, il est donc évident que le système de santé s’aggrave à mesure que la crise augmente

Le soutien international que le pays a reçu ou a été promis après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 s’est estompé. Même dans certains cas, cela ne s’est jamais concrétisé ». L’attention des médias s’est déplacée vers d’autres endroits alors que la vie quotidienne de la plupart des Haïtiens est devenue de plus en plus précaire en raison de l’inflation, du manque d’opportunités économiques et de la violence. »

A l’heure actuelle, la situation est encore pire que ce que nous imaginions. Maintenant, face à la pandémie du coronavirus, nous voulons que le gouvernement du pays prête attention aux carences en santé qu’Haïti présente, car la situation sanitaire a besoin beaucoup plus de ressources. Alors si le gouvernement gère mieux les fonds du pays, il pourra garantir une gestion plus efficace de ces principaux problèmes de santé publique.

Dr Marie Phara Amboise depuis Mexique

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