Pourquoi l’État n’utilise pas ces gangs armés à des fins utiles?

Les groupes armés font tort à presque toute la population haïtienne. Détournement de camions de marchandises, fusillades en série et violation de la liberté des citoyens, sont entre autres les principales actions posées par ces malfrats. Cependant, pendant cette période de crise sanitaire liée au COVID-19, ils pourraient être utilisés à des fins bénéfiques et pour l’État haïtien et pour la population.

Des informations pertinentes font croire que les groupes armés sont alimentés en armes et en munitions par des hauts placés au niveau de l’État. L’on se souvient que l’ex ministre Fritz Jean-Louis a été victime de plusieurs balles de certains bandits armés de Village de Dieu à qui, il aurait apporté de l’argent selon un article de Gazette Haïti. Alors, si des hauts commis de l’État sont réellement liés aux activités des gangs, nos dirigeants ont donc de grande influence sur les bandits. Ainsi, l’État pourrait-il utiliser ses groupes armés pour faire respecter les mesures préventives, afin de contenir le COVID-19.

L’une des mesures qui s’avère très importante pour barrer la route au COVID-19 est le confinement. Mais, au vu et au su de tous, l’État est incapable d’imposer son autorité. Pourtant, les bandits peuvent imposer la leur, quand ils veulent. Par exemple, Lundi 13 avril 2020, la route nationale #2, de Portail-Léogâne à Martissant, passant par le Bicentenaire, était libre comme un terrain de golf. Peu de piétons et de véhicules ont emprunté cette voie, où presque tous les quartiers de Martissant étaient en ébullition: des tirs d’armes automatiques venaient de toutes les directions.

Cette situation a contraint pas mal de gens de rester chez eux. Et si l’on se réfère au fait que l’État a le contrôle des bandits, les autorités pourraient utiliser ces groupes, cette fois-ci, à des fins utiles. Aussi bizarre que cela puisse paraître, les matins et les après-midis, leurs hommes de main n’auraient qu’à tirer plusieurs dizaines de cartouches, uniquement pour faire peur aux gens, et les forcer à rester chez eux. Les bandits sont les seuls à être entendus par la population. Les utiliser est une forme de pression hors la loi, mais utile dans un contexte où les autorités en place ne sont pas écoutées. Cela permetterait à presque tous les habitants et les usagers de la nationale #2 de ne pas circuler. Ainsi, la propagation du virus pourrait-elle être limitée.

Cette même mesure pourrait être aussi utlisée au Bel’Air, Bas Delmas, Chalon (Nippes) dans le département de l’Artibonite. Pour ainsi dire, dans tout le Pays, puisque presque tous les départements contiennent des groupes armés. Ce serait une autre forme de «Pays lock», phénomène auquel nous sommes habitués.

Logique: Les armes à feu sont déjà là, les bandits existent bel et bien et seront, coûte que coûte, approvisionnés en munitions et ils les utiliseront. La seule chose, au lieu d’utiliser ces armes contre la population, ils les utiliseraient pour la protéger contre le Covid-19, pour contraindre la population de respecter le confinement. Certes, les organismes de défense de droits humains pourraient monter au créneau pour reprocher cette mesure, mais on doit se rappeler qu’entre deux maux, il faut toujours choisir le moindre.

Résultat: Les hauts commis de l’État approvisionneraient comme d’habitude les groupes armés, qui utiliseraient toujours leurs matériels, et la population serait infectée le moins possible par ce virus mortel, qui risque de réduire le Pays en un véritable cimetière géant. Quelques mois plus tard, après que le virus est réellement maîtrisé, tout le monde sortirait gagnant dans cette situation. Pour une fois, «viktwa t ap pou pèp la tout bon vre». Entre-temps, le ministre de la justice Lucmane Delille promet de traquer tous les bandits armés de la région métropolitaine dans un bref délai.

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