Lettre ouverte à Jouthe Joseph pour avoir déclaré qu’il a de bon rapport avec les bandits armés du Pays

Joseph Jouthe, Premier Ministre haïtien, a déclaré à gorge déployée qu’il a de très bon rapport avec les bandits armés du pays. Selon ses dires, il parle toujours avec ces malfrats et ne veut pas les attaquer entant que bon père de famille et PM de tous les haïtiens. Une déclaration qui a choqué toute la société haïtienne puisque, ces bandits causent du tort à presque toute la population, devenant ainsi les ennemis de la société. Stupéfié, Mikenton Jean, jeune, citoyen victime, adresse une lettre ouverte au PM.

La lettre dans son intégralité

Port-au-Prince, le 20 avril 20

M. le premier Ministre Jouthe,

J’ai été dérangé, déboussolé, sidéré lorsque dans votre conférence de presse du 15 avril 2020 dernier, vous avez confirmé, avec un sentiment d’assurance je peux dire, être régulièrement en communication avec des bandits hors la loi dont Izo 5 secondes, Amos, Manno ainsi connu… à tel point vous avez balancez toujours lors de cette conférence de presse: « Izo na pale pita tande… » Je crois que vous ne mesurez pas l’ampleur de votre déclaration tenant compte du poste que vous occupez et partant du principe que l’Etat ne devrait pas négocier avec des bandits sans foi ni loi.

Laissez moi vous rappeler M. Le premier ministre que depuis plusieurs années ces bandits terrorisent la population notamment à l’entrée sud de la capitale, pillent, violent, tuent nos frères, nos soeurs, nos amis, nos pères et nos mères. Nombreux ont été ceux qui sont sortis pour vaquer à leurs occupations pour ne jamais retourner chez eux juste parce que des bandits ont décidé autrement de leur vie d’un clic, alors que leur famille les attendaient.

Peterson Paul, un jeune professionnel de banque et père de famille a dû abandonner sa jolie fillette et sa femme parce qu’il a commis le péché d’emprunter la zone. Une infirmière à bord de sa Suzuki, refusant de s’arrêter à martissant seulement a suffit pour elle de ne plus mériter la vie. La fillette d’environ 5 ans a probablement souhaité grandir, réaliser ses rêves, atteindre des objectifs. Ses parents auraient misé tous leurs avoirs sur leur progéniture (ti moso lespwa ki pou leve yo atè a) mais la fillette n’a pas eu cette chance. Michel (propriétaire de Don Bosco) aurait aimé être encore là pour accompagner sa famille, voir grandir ses enfants. Des agents de la PNH ont laissé leur peau dont Jocelyn Jantelus, Salomon Saint-Louis, Romain Morancy… La liste est longue d’ailleurs, il y en a beaucoup dont on ignore leur nom, d’autres ont même passé plusieurs jours et nuits sur le macadam au Bicentenaire jusqu’à ce que des porcs et des chiens ont décidé que faire de leur cadavre en décomposition.

M. Le premier ministre, ces citoyens et citoyennes n’ont rien fait de mal sinon qu’aller chercher leur pain quotidien, vivre leur vie. Et très certainement, ils n’ont pas souhaité mourir dans de telles conditions. Si la vie de ces bandits comptent pour vous, qu’en est-il des paisibles et honnêtes citoyens qui empruntent la route et continuent de mourir dans cette zone?

Au delà de leur misère, leur faim, leur manque de loisir, leur inaccessibilité aux soins de santé, à une éducation de qualité, à un logement décent, leur combat continuel et journalier…malgré cela, ces paisibles citoyens devront donc aussi faire face à des malfrats « importants » selon vous et sous le silence des autorités. Or, dans tout pays normal, l’Etat se doit de garantir la sécurité des vies et des biens de ses citoyens.

M. Joseph Jouthe, les paisibles citoyens auraient tant souhaité que vous soyez aussi leur ami, que vous entendez leur souffrance, que vous adressez les différents problèmes auxquels ils font face tous les jours, que vous et votre gouvernement vous attelez à satisfaire leur désiderata puisque c’est pour cela que vous êtes payé et vous jouissez de tous ces privilèges.

M. Le premier ministre Jouthe, je fais partie de cette catégorie qui a dû abandonner la zone parce je ne pouvais plus supporter cette situation, vous imaginez l’impression qui nous habite à chaque fois que nous devons franchir cette zone et je suis sur que nous sommes plusieurs à prendre cette décision malgré nous. D’autres, ne peuvent même pas à cause du manque de moyens sont obligés de se résigner. Il y en a aussi ceux dont leurs parents ont dû supplier des proches, des amis pour abriter leurs enfants alors qu’entretemps ils vivent encore à Martissant, à l’avenue Bolosse, au Bicentenaire comme ci leur vie ne comptait presque pas.

Le sentiment qui me traverse en vous écrivant n’est pas différent de celui de plusieurs compatriotes, l’Etat laisse le pays aux bandits, à eux de dicter leur loi dans leur zone respective, de juger les citoyens et prendre des sanctions comme bon leur semble. Nos dirigeants nous ont abandonnés, nous sommes des « laisser pour compte » mais avec l’espoir qu’un jour les choses changeront, que la justice sera réellement au juste, la délivrance sera aux malheureux, la question de zone rouge n’y sera plus. Et ce jour, notre chère Haïti renaîtra!!!

Recevez M. Le premier ministre Jouthe, l’expression de mes salutations patriotiques.

Mikenton JEAN
Citoyen victime

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