Les tirs sporadiques des policiers pendant le couvre-feu nuisent à la santé des cardiaques

Chaque soir, presque partout dans le centre métropolitain de l’Ouest, et dans quelques zones provinciales, les policiers font usage de leur arme de poing pour pousser les citoyens au respect du couvre-feu instauré entre 8h PM à 5hAM.

Nonobstant le côté avantageux de l’usage d’armes de poing pour créer de la panique en tirant en l’air de manière sporadique chaque soir, c’est aussi une menace imminente pour les personnes cardiaques.

« Mon médecin me disait de rester loin des bruits puisque, vue mon malaise cardiaque, un grand bruit peut provoquer une crise cardiaque ou son arrêt authentique », nous explique Jean Nelson, étudiant.

Mais depuis les derniers jours, les personnes en âges avancés qui, majoritairement, n’ont pas un coeur qui bat à un rythme normal sont exposés aux tirs des policiers. Ce qui peut leur compliquer la situation, voire ôter leur vie.

« Je ne crois pas que ces genres de bruits menacent seulement les personnes cardiaques. On peut avoir été normal et est devenu cardiaque après avoir été dérangé brusquement par un bruit, le stress. Ce sont des éventualités de causes d’attaque cardiaque, autour desquelles mon médecin m’a évoquée après les diagnostics. »

« Aujourd’hui, je ne sors presque pas. Mes activités professionnelles et académiques sont toutes closes. Histoire d’éviter d’être contaminé à la Covid-19. Mais, parce que j’habite tout près de la rue, dans un carrefour qui relie Tabarre à Delmas, j’entends tout le temps le son des cartouches. Les premiers sons me vont droit dans le coeur et me mettent souvent dans un état de choc. »

« Mon médecin m’a conseillé de dormir de très tôt, ou de me détendre à ces heures, d’éviter les portes et fenêtres pour que mon cas ne soit pas aggravé. »

C’est le quotidien de beaucoup de personnes cardiaques qui habitent les zones urbaines. Ils sont exposés chaque soir aux tirs qui peuvent nuire l’état de leur santé. Le pire, depuis le tremblement de terre de 2010, le nombre de personnes atteintes d’un problème cardiaque a augmenté. À cause de la faiblesse de notre système de santé, et la non-habitude des haïtiens de consulter un médecin, beaucoup peuvent ne pas se rendre compte s’ils sont souffrants d’une telle maladie.

N.B.- Jean Nelson est un nom d’emprunt. L’étudiant a refusé que son nom soit cité.

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