Le chef du Pentagone sur un siège éjectable après le refus de déployer les militaires contre les manifestants

Le secrétaire à la Défense Mark Esper est sur un terrain fragile avec la Maison Blanche après avoir déclaré mercredi qu’il ne soutient pas l’utilisation de troupes militaires pour réprimer les manifestations à grande échelle qui gagne du terrain à travers les États-Unis. Une série de manifestations déclenchée par la mort de George Floyd. D’ailleurs, ces forces ne devraient être utilisées que dans un rôle d’application de la loi en dernier recours.

Esper a noté que les États-unis ne sont pas dans une de ces situations actuellement, prenant ses distances avec la récente menace du président Donald Trump de déployer l’armée pour faire respecter l’ordre.

« L’option d’utiliser des forces de service actif dans un rôle d’application de la loi ne devrait être utilisée qu’en dernier recours, et seulement dans les situations les plus urgentes et les plus désastreuses. Nous ne sommes pas dans une de ces situations maintenant. Je ne soutiens pas l’invocation de l’Insurrection Act « , a déclaré Esper depuis le podium du Pentagone.

Le point de presse de mercredi s’est mal tourné entre la Maison Blanche et le chef du pentagone, depuis lors il était déjà considéré comme un élément gênant selon plusieurs personnes proches du dossier.

Une source républicaine de haut niveau a déclaré à CNN qu’il y avait des tensions persistantes impliquant le chef de la défense. Cette même source a indiqué que le président américain Donald Trump n’a aucun respect pour son chef de la défense.

Pour l’instant Esper a eu peu d’influence et prend essentiellement sa direction du secrétaire d’État Mike Pompeo, a déclaré la source, ajoutant que cette dernière conférence de presse ne fera qu’empirer les choses.

Trump et d’autres hauts responsables, dont le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, ne sont pas satisfaits de ce dernier après ses remarques de mercredi, ont déclaré trois personnes proches de la Maison Blanche.

Lors de la conférence de presse, Esper a pris également ses distance d’une séance photo décriée à l’extérieur de l’église St. John’s.

Un responsable de la Maison Blanche a déclaré que ses collaborateurs n’étaient pas au courant du contenu des remarques d’Esper, notamment sa décision de rompre publiquement avec le président sur l’utilisation de l’armée pour lutter contre les troubles dans les villes américaines.

Les commentaires du responsable de la défense américaine mercredi sont intervenus après que des responsables de la défense ont déclaré à CNN cette semaine qu’il y avait un malaise profond et croissant chez certains au Pentagone avant même que le numéro 1 des États-unis n’ait annoncé lundi qu’il était prêt à déployer des militaires si les dirigeants locaux ne parviennaient pas à intensifier leurs efforts.

Alors que des gaz lacrymogènes flottent dans l’air dans le parc Lafayette en face de la Maison Blanche, le premier citoyen de l’Amérique a annoncé depuis le Rose Garden que si les chefs d’État ou de ville refusaient « de prendre les mesures nécessaires pour défendre la vie et les biens de leurs résidents », il invoquera l’Insurrection Act, une loi de 1807 qui permet à un président de déployer l’armée américaine pour supprimer les troubles civils.

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