Le nouveau contrat social de 2004, 16 ans après où en est-on?

Le contrat social, pas le nôtre certainement, puisqu’il s’est fait vider de contenu lié aux intérêts républicains dès le départ; au prisme de la pensée directrice de Rousseau, il est un pacte symbiotique dont la finalité est la garantie de l’intérêt général. Cela soutient que le bonheur du peuple, soit le contractant par excellence du pacte, devrait être au centre de toute projection qui en découle. Alorsqu’il était convenu qu’un nouveau contrat social, inspiré de la conception Rousseauiste, serait né en 2004, tel peine encore à voir le jour; il nous parvient aujourd’hui l’ultime obligation de faire surgir certaines interrogations: Qu’avons-nous en réalité? Et, où en est-on?

Le nouveau contrat social du groupe 184 en 2004, claironné partout dans le pays et dans la diaspora, a-t-il été l’une des plus grandes anarques de l’histoire politique d’Haiti?

Entre 2003 et 2004, une vague de protestations, trainant tant bonnes que de mauvaises fois, a su imposer son ordre dans le pays. Sous couvert d’un slogan pour le moindre naīf, tenant compte des acteurs d’alors à l’œuvre » karavann lespwa », monts et merveilles ont été promis. Et, la foule, à la fois agitée et manipulée, exigait sans conteste le départ immédiat de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, rien que pour la posterité a-t-on lui inculqué à l’esprit.

Pourtant, le prétendu cauchemar lavalassien, tant tripotant, s’averait, osons-nous le dire, moins pertubant que ce que nous vivons aujourd’hui. Il y a eu certes d’énormes dérives venant du pouvoir et de ses proches, mais le degré de l’Etat voyou dans lequel notre avenir de peuple sombre de nos jours atteint son paroxysme.

Loin de nous l’intention d’immortaliser le passé lavalassien à travers des louanges de sainteté car, à tout régime revient un côté obscur aussi bien que maladroit. Cependant, rien ne peut jusqu’ici nous persuader d’une amélioration réelle des conditions matérielles d’existence des Haītiens. Tout un vacarme pour ne rien prononcer, et des pertes en vies humaines pour ne rien signifier en sacrifices.

On ne peut aucunement compter des résultats satisfaisants dans le camp du peuple suite à cette bataille qu’il s’est livré corps et âme. Toutefois, plusieurs s’en rejouissent pleinement.

Au lendemain du simulacre de 2004, des contrats juteux coulaient à flot pour les leaders du groupe 184 dont André Apaid; Il y en a même qui ont déniché des baux de 25 ans; il y eu l’émergence de nouveaux riches tel que Guy Philippe qui, ne pouvant malheureusement plus jouir de ses millions, tire les conséquences du karma en prison américaine; Des anciens étudiants GNBistes pour la plupart devenus de riches et puissants députés, directeurs généraux, et même ministres néoPHTKistes. Et le peuple, qu’en est-il à son propos? Il croupit encore dans la misère abjecte et reste incertain quant à se projeter dans un avenir prospère.

» krab la te gra wi, men se pat pou ti pèp la »

Au-dela des ambitions personnelles des factions nationales, il y eu aussi celles des acteurs internationaux majeurs pour lesquels le départ d’Aristide s’avérait un « ouf ».

Notons: Pour la France en première de ligne de défense, c’etait une paire de gifles » kalòt marasa » qu’elle a pu esquiver.

Premièrement, la célébration du bicentenaire de l’indépendance serait un affront aux pensées françaises nées des vestiges coloniaux
Deuxièmement, accepter de restituer l’argent de la réparation exigé par Jean Bertrand Aristide serait un acte de défiance à la suprématie francaise encore persistante en Haīti, mais aussi ce serait un élément déclencheur de l’effet domino dans toutes les autres zones exploitées par la France, tel semerait le chaos en Afrique francophone et aux départements d’outre-mer.

Donc, il fallait un plan bien ficelé et executé par des salariés nationaux, ayant pour motivation des révendications personnelles et pour justification la mauvaise gouvernance lavalassienne.

Guy Filip aux commandes de l’armée démobilisée;

André Apaid à la tête du groupe 184;

Des etudiants euphoriques et manipulés, et au prire des cas, aliénés dans les enceintes universitaires.

Jusqu’à preuve d’un changement concret des quotidiens populaires haītiens ; on pourrait bien les qualifier de triangle infernal de la destruction de l’avenir haitien.

En effet, 16 ans après, la porte de l’espoir prôné par les tenors du « nouveau contrat social » nous claque au nez; nous voici ouverte celle de la gangstérisation des ghettos, l’inflation à deux chiffres, la migration forcée de l’éminence grise haītienne, l’inégalité criante, l’affairisme médiatique, la prise d’otage de l’Etat par les bandits légaux etc. Ainsi, le pays souffre-t-il de cette transition qui n’en finit pas, pour répéter l’écrivain Pierre-Raymond DUMAS.

En somme, le peuple haītien doit tirer la leçon du fait qu’il n’est nullement question d’opposition ou de pouvoir en place pour juguler les crises à répétition Car, cette opposition tantôt surnommée largement large est truffée de Conzé et d’opportunistes; n’en parlons pas de Jovenel Moīse qui soit un valet à la cour royale de la minorité dominante. Il s’agira, al contrario, d’une initiative citoyenne, telle visera la refonte de l’Etat et le reconfiguration d’une société civile plus responsable.

Il est temps que nos intellectuels soient à la hauteur de l’appel qui leur a été lancé il y a un siècle ( Jean Price Mars, vocation de l’élite, 1919) même si nombreux ont été ceux parmi eux qui ont contribué grandement à l’effectivité de cette anarque politique du groupe 184 » Le nouveau contrat social ». Ils peuvent toujours se racheter par des actions nouvelles de prise de conscience puisque seuls Dieu et les imbéciles sont exemptes d’erreurs.

Au fond de l’étang où nous sommes, il n’y a plus de temps de nous occuper de controverses et de diversions politiques mais plutôt D’AGIR.

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