Les enseignants révoltés du Bas-Plateau central présentent un cahier de revendications au Ministre Pierre Josué Agenor Cadet

Frustrés de la situation lamentable dans laquelle évoluent les enseignants haitiens, un ensemble de professeurs publics regroupés dans une structure dénommée « Enseignantes et enseignants révolté(e)s du Bas-Plateau central » s’adressent au titulaire du MENFP, Pierre Josué Agenor Cadet, afin d’attirer son attention sur le traitement misérable infligé par l’État Haïtien à l’égard des professeurs publics.

Lisez l’intégralité du cahier de revendication avec TripFoumi Enfo.

Des : Enseignantes et enseignants révolté(e)s du bas plateau central

Au : Ministre de l’Education Nationale

Cahier de revendication des Enseignants du secteur public

Telle est l’Éducation telle est la société !

Considérant le poids de l’Éducation dans le développement d’un pays ;

Considérant le traitement misérable des enseignants haïtiens alors que le droit à une rémunération est garanti par la constitution haïtienne à tout employé ;

Considérant la marginalisation de la fonction enseignante en générale et des enseignants en particulier ;

Considérant les multiples cas d’irrégularités du système éducatif haïtien ;

Considérant l’irresponsabilité totale de l’État central à l’égard des enseignants du pays. La mauvaise gouvernance et l’absence des politiques éducatives sont des causes de base de la misère noire et la pauvreté aigue des valeureux enseignants;

Considérant que l’éducation est une charge de l’État et des collectivités territoriales;

Considérant les différentes propagandes et les shows médiatiques des différents ministres de l’Education Nationale;

Le mensonge devient une valeur morale pour les autorités du système éducatif;

Considérant que le MENFP accepte des enseignants et autres personnels de l’éducation travaillant depuis plus de 5 ans sans être nommés, sans même un contrat de travail. D’autres sont nommés sans être budgétisés. Bon nombre d’entre les enseignants qui sont budgétisés ont des arriérés de salaires qui se lèvent à 2, 3, ou 4 années ;

Considérant le taux d’inflation qui ne cesse de galoper durant ces dernières années ;

Considérant la dégradation de la monnaie nationale par rapport à la devise;

Considérant cette situation infra humaine dans laquelle évoluent les enseignants avec un maigre salaire face à la hausse quotidienne des prix des produits de première nécessité;

Considérants toutes ces considérations et autres prévues par la constitution et la loi;

Nous les enseignantes et enseignants du bas plateau central soussigné(e)s, nous sommes fermes et inébranlables à présenter nos revendications que suivent :
1- La nomination des enseignants en salle de classe et leur émargement sur le budget de la république doivent être immédiats et sans condition.

2- Il faut que tous les enseignants nommés soient budgétisés et que les arriérés de salaire soient versés en leur totalité à qui de droit.

3- Pour pouvoir jouir un minimum de nos droits à la vie nous réclamons et exigeons de l’Etat :

  • Un salaire de base de soixante-quinze mille (75 000) gourdes – Une carte de débit de vingt-cinq mille (25 000) gourdes
  • Un ajustement salarial à chaque début d’année fiscale en fonction du coût de la vie, du taux de change, du taux d’inflation pour maintenir le pouvoir d’achat des enseignants équitable et raisonnable. Cet ajustement est obligatoire annuellement et ne doit pas être inférieur à 15% du salaire de base de l’année antérieure.

4- La rédaction d’une grille salariale adaptée et de stricte application.

Nous exigeons au MENFP de répondre sans délai à ces revendications sans quoi nous ne serons pas disposés à travailler et les portes des établissements scolaires resteront fermées dans toutes les zones du département du centre. Nous sommes des humains mais non les bêtes que le MENFP fait de nous.
Nous réclamons une meilleure condition de vie, une vraie rémunération et un autre traitement. Dans l’Esperance que nos juste revendications seront prises en charge par les autorités compétentes, salutations patriotiques !

CC : Direction Générale de l’Education
DDEC
DDA
OPC
UNICEF
UNESCO
CIDH
HCDH

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