« Vivre en Haïti, un pèlerinage peu rassurant pour ne pas dire un calvaire »

Vivre en Haïti est un pèlerinage peu rassurant pour ne pas dire un calvaire. Une lutte continue de la classe la plus défavorisée, pour survivre. Et après tant d’efforts, la fin se résume à une balle ou la faim et parfois, les deux.
Triste scénario pour un Haïtien qui décide de vivre ses jours sur le territoire où il est né.

Si la précarité économique contraint les plus démunis à quitter le pays pour mener une vie plus ou moins confortable et rassurante ailleurs, les composantes de couche des plus favorisées peuvent se payer le luxe de traverser en toute quiétude la République Dominicaine (comme moindre parcours) pour se libérer du danger d’être « habitant d’Haïti ».

L’État s’en fout de l’avenir de ses concitoyens. Le lendemain de chaque haïtien devient hypothétique et s’en remet le plus souvent à la chance. Comme disait Etzer Émile, l’État se sent beaucoup plus à l’aise lorsqu’un groupe d’haïtiens décident, par n’importe quel moyen, de laisser le pays. Il espère qu’ils vont effectuer couramment des transactions, puisqu’ils laissent en Haïti, des familles et amis dépourvus de tout.

Ainsi, la sécurité des Haïtiens n’est plus une priorité pour l’État. S’il cherche à vous sécuriser, vous aurez moins de souci pour vous rendre ailleurs.

Ainsi, les conditions de vie des Haïtiens ne sont plus d’une importance aux yeux de l’État, à condition qu’ils se débrouillent « kon mèt Jan Jak » pour trouver de quoi pouvoir payer un billet d’avion… Oh! Trop chic, un billet d’avion.

Disons, de quoi pouvoir payer le propriétaire d’un bateau pour laisser le pays et immigrer illégalement chez l’autre.

Le dollar cinquante ($1,5) doit être enlevé, acheminé au trésor public pour effectuer un travail non connu ou pour mieux parler; remplir la poche des autorités. Pour certains, les fonds détournés peuvent servir pour la construction de luxueux immeubles dans les hauteurs de Port-au-Prince et pour d’autres, assurer des investissements de qualité dans un autre pays. Et pour une dernière couche, financer des groupes armés pour conserver leur influence politique en garantissant leur pérennité au sein de l’état.

Le sang des innocents continue de couler. Les bandits s’organisent comme en conseil des ministres. Chaque chef de gang porte le manteau d’un ministre qui coordonne son ministère. Et le sang des innocents continue de couler dans la plus grande indifférence de l’État.

Comme disait l’autre, vivre en Haïti, c’est accepter d’être mort « soit d’une balle ou de la faim ».
Encore, le citoyen haïtien a t-il le choix ?

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