« Nos Vies Comptent Monsieur le Ministre », écrit Me Farah Cadet à Lucmane Délille

Tous ces gens qui tombent sous les balles assassines des bandits qui opèrent en toute quiétude d’esprit sous couvert de l’impunité que vous Cautionnez, leurs Vies Comptent Mr le Ministre.

Parce que vous cautionnez l’impunité quand vous refusez de doter la justice de moyens pour même être opérationnel et quand vous vous dédouanez de vos responsabilités d’homme d’état.

La Vie du commissaire Fritzgerald Cerisier a compté pour sa famille; pour sa femme, pour sa fille, pour son fils qu’il laisse dans le désarroi total, sa vie était précieuse;

Sa vie comptait pour la corporation de Magistrats à laquelle il a appartenu, pour la cinquième promotion de l’école de la Magistrature; pour la Communauté Judiciaire Haïtienne;

Comme beaucoup de Magistrats qui ont choisi d’exercer la fonction en restant digne et probe, Fritzgerald Cerisier a vécu dans le dénûment, il a servi la justice de son pays jusqu’à son dernier souffle et en retour il en a récolté plusieurs projectiles dans la tête, yo keyi l tankou pijon.

Vous savez Monsieur le Ministre, Il avait reçu des menaces de mort, ce n’était un secret pour personne, Il était à la tête d’une cellule ou des dossiers dangereux et délicats sont traités, il a manifesté à maintes reprises qu’on le retire dans ladite cellule car il avait peur, il n’était pas protégé.

Vous n’avez pas daigné le protéger et ils l’ont eu comme promis.

Monsieur le Ministre, un groupe de policiers revendique son assassinat, Ceux-là même chargés de protéger les Magistrats, tout le monde en parle en murmurant, nous exigeons Justice et respect.

Il a été abattu comme un animal dans l’exercice de ces fonctions et vous comme autorité de tutelle, vous n’avez pas jugé bon de venir présenter vos Excuses pour n’avoir pas su le protéger ; Vous n’avez Même pas estimé important de venir présenter vos condoléances à sa famille Et à la Magistrature?

Vous n’avez rien fait, nous avons eu droit à une petite note caricaturale d’un Des directeurs du ministère et de votre côté … silence radio!
vous n’avez rien organisé avec efficacité, vous n’avez envoyé aucun représentant et nous avons failli rester avec le cadavre du magistrat sous les bras après le culte funèbre parce que l’entreprise responsable exigeait d’être payé avant de bouger le petit Doigt!

Bon sang, Nos vies Comptent Mr le Ministre!

Nous sommes des commissaires du Gouvernement qui se battent Contre vents et marées pour redresser la barque d’une justice qui peine à se Tenir debout; nous affrontons méfiance à juste titre des Justiciables et vicissitudes de la vie, nous subissons les inégalités de traitement par rapport aux magistrats de siège alors que Nous constituons une force de travail, nous produisons plus de deux fois qu’eux sans même une pitance comme Frais de Risques; en dépit des dispositions statutaires de la loi de la magistrature conférant à Tous les magistrats, un rang égal, vous ne faites rien pour résoudre les problèmes de disparités entre les fonctions.

Nous, commissaires souffrons en silence et La majorité n’ose élever la voix de peur d’en être révoquée.

Et quand on nous assassine parce que vous n’aviez Pas daigner penser à notre protection, ça ne vous vient pas à l’esprit de venir saluer nos familles Ou de nous organiser les funérailles dignes de ce nom, nous autres Magistrats du Parquet?

Le CSPJ peut vous passer un tuyau en ce sens, il suffit de demander.

Nos vies Comptent Mr le Ministre; Comment est-ce qu’il saurait en être autrement?

Farah Cadet
Peut-être Ex-Substitut Commissaire
Du Parquet de la Cour d’Appel de Port-au-Prince

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