“Corona vice ruse”, le dernier titre du Groupe Slam-Inné pour mieux comprendre la crise

Sorti officiellement ce samedi 11 juillet 2020, “Corona vice ruse” est le dernier coup de cœur du groupe de slam dénommé “Slam-Inné”. Vidéoclipé, ce titre se veut être un tableau parfait de la gestion bancale de nos autorités de la crise du coronavirus. «Yo itilize tout kriz pou yo pase n nan betiz, lavi nou tounen machandiz, yo chwazi si n dwe mouri oubyen si n dwe viv, flewo sa pi rèd ke kowonaviris, nou pran nan kowona vis riz», ce sont entre autres les vers qui introduisent le slam.

Si l’art traduit l’esthétique et est à la fois un moyen d’extérioriser ses pulsions, ces jeunes artistes, qui ne sont pas bien-sûr à leur coup d’essai, veulent faire du slam un moyen de cracher leurs émotions, leurs frustrations et un moyen d’exprimer leur ras-le-bol par rapport à ce qui se passe actuellement dans le pays. «Une épidémie passant de l’épidémie à la pandémie, la peur et la mort rien de nouveau on vit tout ça comme un endémie, la mondialisation passe de l’Europe à l’Asie, de l’Amérique à l’Afrique mais la terre reste barricadée », constat avec lequel (Weetchelson Orleus, FayerSlam) débute le premier couplet.

Il continue pour dire que le coronavirus est une remise totale en question du système capitaliste qui génère la misère à travers le monde. Ainsi, avance-t-il, «De la richesse à la fausse abondance, tout visage est mis à nu même en portant des masques. [..], les chiffres des statistiques ne portent que des abus de la politique. La science perd la voie du savoir et la recherche laisse sa place à la polémique».

Entre expression de frustration et colère, il y a la magie de toute une harmonie, une mélodie dans cette réalisation, surtout avec la voie mythique de la chanteuse Valencia Dormélus qui en assure le refrain. Exumé Dukerns, connu sous le sobriquet de Peterralh, de son côté, dévore le texte comme un assoiffé de slam qui a passé beaucoup de temps sans rentrer dans un booth. Avec énergie, rage, et fureur, il dénonce et crache sur le système. On le sent dans sa voix.

«Vous avez tout fait pour étouffer l’affaire, on vous vaincra bande de connard sphérique; vous avez été élus pour servir le peuple, pas pour être téléguidés par l’Amérique; Ça ne tient pas vos petits projets à la con bande de sans caractère, même pas un hôpital construit 3,8 milliard partent en fumée», s’exaspère Peterralh qui n’a pas raté l’occasion de rappeler les fonds Petrocaribe, dilapidés par le régime Tèt kale.

«Fallait une autre catastrophe dans le cul pour te rendre compte de nos malheurs Jomo?, fumier», il n’a pas eu la langue dans sa poche pour parler au chef de l’Etat qui est aujourd’hui reproché de gangstériser la République. «En colère que ça ne soit pas clair, vous êtes le virus», toujours en s’adressant au locataire du Palais Présidentiel.

Slam-Inné n’est pas à son premier coup. Ce groupe constitué majoritairement d’étudiants de la Faculté d’Ethnologie se veut une référence en matière de slam pour la libération sociale et politique d’Haïti. Il est sur toutes les plateformes: Facebook, Twitter et Ig. En ce sens, nous invitons le public à jeter son regard sur les travaux de ces jeunes pour les encourager.

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