59% de la population haïtienne vit en-dessous du seuil de la pauvreté, selon la BID

Une nouvelle étude de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) met en lumière la détérioration des conditions de vie de la population haïtienne de 2012 à 2019. Cette étude s’est basée sur une méthodologie rationnelle dont l’objectif est d’estimer la pauvreté monétaire, l’inégalité de revenus, entre-autres, en utilisant l’imagerie satellite et les données de téléphone mobile.

Selon la Banque Interaméricaine de Développement,  » 59% de la population haïtienne ont vécu sous le seuil national de pauvreté » en 2012, tandis que 24 pourcent ont vécu dans l’extrême pauvreté. » Près de la moitié de la population vit en milieu rural où, « près de deux tiers de la population sont considérés comme chroniquement pauvres. » relate le BID

En même temps, le rapport montre qu’aucun progrès n’a été enregistré en milieu rural haïtien au cours des deux dernières décennies . « L’extrême pauvreté a décliné de 31 pourcent en 2000 à 24 pourcent en 2012 a ̀l’échelle nationale, avec la pauvreté réduite de moitié en milieu urbain, tandis que les niveaux de pauvreté sont restés à peu près les mêmes en milieu rural pendant la même période», s’expliquant par un manque d’opportunités de travail agricole et la limitation des ressources pour les habitants qui s’adonnent alors à la migration, le petit commerce ou la vente de charbon de bois.

La situation en termes de revenus inégalitaires n’a pas bougé d’un pouce en Haïti depuis 2001, indique le rapport qui classe Haïti au 5e rang en termes de pertes de l’Indice de Developpement Humain à travers le monde.

Dès 2018, l’insécurité alimentaire aiguë allait toucher un haïtien sur trois équivalent à 3.7 millions d’individus. « Cela a été en particulier le cas dans la région du bas NordOuest du pays et dans la commune urbaine de Cité Soleil », a-t-il précisé.

Parmi les 10 communes avec le taux de pauvreté le plus élevé en 2012, six sont localisées dans la région du Grand Nord. Ile-à-Vache 89.8%, Terre Neuve 89.6%, Capotille 87.5%, Borgne 87.4%, Baie-de-Henne 87.1%, Cornillon / Grand Bois 86.8%, Sainte Suzanne 86.6%, Bahon 86.3%, Bas- Limbe 86.2% et Chantal 86.2%

« En termes de privation du niveau de vie », 10 communes paraissent bien plus vulnérables avec une moyenne depassant les 90%. Il s’agit de Terre-Neuve 99.7%, Cornillon/Grand Bois 99.6%, Belle-Anse 99.5%, Boucan-Carré 99.4%, Plaisance du Sud 99.3%, Savanette 99.3%, Arnaud 99.2%, Île à Vache 99.2%, Maissade 99.1%, Saint Jean du Sud 99.1%

Les 10 communes avec la pauvreté la plus élevée FGT2 (en US$) sont les suivantes : Chantal 71.5%, Bahon 70.8%, Ile-à-Vache 69.4%, Terre-Neuve 69.1%, La Chapelle 68.6%, Port-à-Piment 68.5%, Sainte-Suzanne 68.5%, Cornillon/Grand Bois 67.5%, Marmelade 67.5% et Les Anglais 67.1%

Les experts de la BID notent, en effet, que les « perturbations dans la chaîne alimentaire » à cause du Covid-19, les conflits, l’inflation galopante et la dépréciation de la gourde sont entre-autres des facteurs qui pourraient aggraver la situation de pauvreté dans les jours à venir.

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