La violence des gangs armés s’empare de l’État

La violence croissante des gangs armés en Haïti a mis en évidence l’incapacité des autorités haïtiennes à garantir la sécurité de la population. Ce qui a pour effet direct, d’alimenter de nouvelles vagues de protestations contre l’administration Moïse – Jouthe.

Les manifestations se sont multipliées ces derniers jours, en signe de protestation contre l’assassinat du bâtonnier de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, et des massacres de plus en plus fréquents dans les quartiers populaires de la région métropolitaine.

La dernière attaque des gangs armés, qui s’est produite lundi dernier au Bel-Air, a fait plusieurs morts et des dizaines de blessés. Des dizaines de familles ont fui la zone pour se réfugier au Champs de Mars.

Aucune intervention de la Police Nationale d’Haïti n’a eu lieu lors de cette attaque pour empêcher aux malfrats de massacrer cette population inoffensive, comme c’était le cas lors des massacres dans les quartiers de La Saline en novembre 2018, et plus récemment au Pont Rouge et à Cité Soleil.

La semaine dernière a été des plus sanglantes pour les habitants de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où en deux jours au moins quatre personnes ont été tuées.

L’assainat le plus choquant, est celui du Bâtonnier, qui a été abattu d’une dizaine de cartouches devant son domicile dans le quartier de Pèlerin 5, près de la résidence du président Jovenel Moïse, dans l’une des zones dites les plus sûres d’Haïti.

L’ancien policier Jimmy Cherizier, alias Barbacue, dirige l’organisation armée G9, considérée comme la plus puissante du pays, et fait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis février 2019 pour son implication présumée dans les massacres de La Saline et de Bel-Air, continue de semer le deuil au sein de la population civile en Haïti.

Dans un récent rapport publié par le RNDDH et FKJL, ces deux organisations ont dénoncé les responsables du gouvernement haïtien qui protègent et agissent avec des gangs armés, favorisant les assassinats pour des raisons idéologiques, dans des zones où l’opposition est majoritaire.

Depuis l’assassinat du professeur, les manifestations se multiplient, avec des marches menées par des étudiants, des avocats et des militants des droits humains qui réclament justice.

Arborant des banderoles avec des slogans anti-gouvernementaux, les manifestants ont dénoncé le laxisme des autorités et leurs prétendues relations avec des bandits notoires du pays.

L’Église catholique a également réagi face à cette violence et a demandé que des mesures soient prises pour freiner le nombre croissant des meurtres et des attaques armées contre la population civile vivant des les quartiers populaires.

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