Honorons les valeurs haïtiennes avant qu’elles partent!

Non, il n’y a pas de mots dans une langue humaine pour exprimer ma tristesse devant la mort de ce génial haïtien Monferrier Dorval. Si Alexandre Dumas était encore en vie il aurait, larmes inondant ses joues,formulé l’interrogation suivante : quel malheur invisible et inconnu pèse donc sur Haïti, qu’elle laisse tomber une pareille larme dans le gouffre de l’éternité ? Ce fut de cette manière, dans une nouvelle publication de l’ouvrage d’Eugène Sue  » Le Juif Errant  » paru en feuilleton en 1844-45, qu’il rendit hommage à Frédéric Soulié, Chateau-briand, Balzac, Gérard de Nerval, Augustin Thierry, Mme de Girardin, Alfred de Musset, Béranger, Eugène sue lui-même ! La France venait de perdre toutes ces grandes âmes en moins de dix ans. Ces hommes suffiraient à eux seuls pour enrichir la littérature d’un peuple.

Depuis quand le monde attend un nouveau Pelé, une nouvelle Simone de Beauvoir, une nouvelle Margaret Hamilton, un nouveau Dostoïevski, un nouveau Charles Darwin, un nouveau Adam Smith, un nouveau Karl Marx, un nouveau Albert Einstein ? Depuis le jour où ils ont fait la grande traversée ou ont embrassé le monde de la retraite. Edson Arantes Do Nascimento dit Pelé fut le football dans toute son ampleur et sa dimension. Simone de Beauvoir ou les chemins de la liberté (Bardinter, 2001). Margaret Hamilton, la femme sans qui Armstrong n’aurait jamais marché sur la lune (Delacharlery, 2019). Dostoïevski, l’écrivain dans son temps (Joseph, 2010), le plus grand romancier de tous les temps. Charles Darwin ou le père de la théorie de l’évolution. Charles Darwin ou l’esprit humain. Karl Marx ou l’esprit du monde (Attali, 2005). Albert Einstein ou le penseur rebelle, le génie sympathique, la particule de Dieu.

La valeur d’un homme ne consiste ni dans sa dimension intrinsèque, ni dans sa dimension extrinsèque, mais dans une harmonie parfaite de son intelligence, de son caractère et de sa petite richesse. Et maître, bâtonnier, docteur et professeur Monferrier Dorval à été l’un des rares haïtiens à réunir ces valeurs. Cet homme, un idéal de droiture, de sincérité, de pureté. Il considérait le droit constitutionnel comme une orange dont il exprime le jus. Il fut la parure la plus précieuse de cette société. Grand admirateur d’Anténor Firmin, pendant longtemps il a puisé son vrai bonheur dans la solitude des bibliothèques, loin de tout bruit (Soukar, 2010).

L’assassinat de ce titan est une perte incommensurable pour les sciences juridiques, et il ne tardera pas à se faire sentir. Ce drame crapuleux de la plus basse espèce a causé une pluie de réactions sur fond d’indignation. Le Sénateur Patrice Dumond a qualifié cet acte d’agression contre la nation haïtienne (Haïtilibre, 2020). Pour les associations de magistrats, cet éminent intellectuel représentait le peu qui reste encore d’intégrité dans les professions de droit (Juno7.ht, 2020). Maître Sonet Saint Louis vexé et indigné a réagit en ces termes,  »la mort de maître Dorval est d’une violence révoltante. Toutes les vies se valent, mais on ne s’attaque pas à un scientifique  » (Rezo nodwes, 2020). Yvens Rumbold voit cet assassinat comme un coup dur pour la jeunesse et l’Etat de droit en Haïti (Ayibopost, 2020). Dans presque tous les barreaux du monde entier on pleurt la mort d’une des plus grandes âmes haïtiennes.

Mon ami, les gens dignes, honnêtes, compétents et sérieux sont rares dans ce pays. Aujourd’hui peut être le dernier jour où vous verrez un Homme de valeur debout, profitez de l’honorer, de vous procurer de ses oeuvres car si demain ne vient pas vous ne regretterez d’avoir contribué à son bonheur. Ne laissez pas ce moment passé sans lui dire que vous l’aimez, embrassez-le très fort si possible, remerciez-le pour sa grande contribution au perfectionnement de l’humanité, faites-lui savoir qu’il est immortel, que la science historique ne l’oubliera jamais sans présumer bêtement qu’il le sait déjà.

Quand vous croisez un écrivain sur votre route, dites-lui que c’est par sa grâce et celle de ses camarades que vous connaissez toutes les sociétés, que vous avez fréquenté de grands hommes et de grandes femmes. J’ai côtoyé Lénine, le chef des communistes russes, son créateur. J’ai assisté Charles Darwin dans ses travaux sur l’évolution des espèces vivantes. J’ai aidé Dany Laferrière à finir ses bouteilles de vin à Montréal. J’ai séjourné avec Juan Bosch en Suède. J’ai vu la gueule d’Arthur de Gobineau après la réponse d’Anténor Firmin. J’ai parcouru les rues de Saint Peetersbourg avec Anton Tchekhov. J’ai pleuré la mort de Mikhaïl Lermontov. J’ai vu mourir du choléra le père de Maxime Gorki. J’ai aidé Victor Hugo à chercher vainement l’Espagnole. J’ai participé à la guerre en Tchétchénie au côté de Léon Tolstoï, à la longue marche de Mao Tsé Toung vers le pouvoir. J’ai été en couple avec Kettly Mars pendant plus d’un siècle. Tout cela grâce à la lecture. Cette dernière est ce haut lieu de migration (virtuelle) qui nie et le temps et l’espace.

Si vous avez la chance de rencontrer Steven Irvenson Benoit, profitez de lui dire qu’il a été un très grand député et sénateur de la République ; Wilson Jeudy, il a défendu Delmas et a travaillé à son progrès ; Mirlande Manigat, elle est un modèle pour la génération montante, jouit l’estime générale ; Liliane Pierre-Paul, elle est admirée, vénérée par des millions d’Haïtiens ; Caelle Edmond, elle est un baume pour le cœur des amoureux à travers SOS solitude ; Frankétienne, un grand chef d’Etat de l’esprit et de l’imagination ; Kettly Mars, Yanick Lahens, elles honorent Haïti pendant que d’autres la déshonorent; BIC, il est un des orgueils d’Haïti ; juge Morin, beaucoup d’Haïtiens donneraient la moitié de leurs vies pour avoir une partie de ses mérites ; Philippe Vorbe, il a fait son temps et son génie sera toujours pour le football haïtien une lumière vivante ; Odette Roy Fombrun, un symbole d’intelligence, d’honnêteté et de dignité ; La FOKAL, elle exerce une grande influence sur la formation de la jeunesse haïtienne ; le rhum Barbankourt, partout à travers le monde il est la seule défense de ce pays insulté, humilié.

Quant aux manants dégrossis, les fausses valeurs, ces gens plus pourris que le bras d’un lépreux, ceux qui constituent la lie de l’humanité haïtienne et qui osent s’ériger en donneurs de leçons, en redresseurs de l’humanité, ces humanoïdes il faut les écarter de la bonne société car ils entravent la montée d’Haïti vers le progrès.

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