Le politicien détruit Haïti mais envoie sa famille admirer le progrès chez l’étranger

Jeunesse d’Haïti, si jamais on vous persécute, si tout le monde fait semblant d’être sourd à vos cris de souffrance, s’ils créent toutes les conditions pour que vous vous traînez dans la boue immonde de la flatterie avant de vous offrir quelques avantages mérités, votre seule mission est de lutter parmi ces méchants, fort comme un bois de chêne, pour rester en vie et arriver au but réel : la gloire. Jeunesse de mon pays, c’est par votre talent, mais surtout votre honneur et votre dignité qu’Haïti renaîtra !

Ne vous laissez dominer par l’appétit de l’immédiateté, ne cultivez surtout l’instinct grossier de la cupidité, vous risquez de vous transformer en de petits mercenaires qui abusent les consciences les plus honnêtes, des apatrides, des antinationaux qui détruisent leur pays en empêchant à l’esprit et au progrès de se répandre dans les coins les plus obscurs d’Haïti mais qui envoient leurs familles admirer le progrès humain, social et économique aux États-Unis, au Canada et dans une moindre mesure en France.

Ces espèces pullulent comme des mauvaises herbes dans ce pays. Ils sont de tout acabit. Ils logent dans tous les secteurs de la vie nationale. Pendant que leurs enfants fréquentent les plus grandes universités du monde, ils se servent des enfants du bas peuple pour faire le sale boulot leur garantissant la perpétuation au pouvoir ou la prise du pouvoir. Ils sont opposants au pouvoir le jour et son plus grand partisan la nuit. Ils critiquent les bandits armés qui rançonnent la population mais eux-mêmes rançonnent les gouvernements. Les écoles et universités qu’ils dirigent sont tellement bidons que leurs enfants préfèrent arrêter les études au lieu d’aller se faire endommager le cerveau dans ces espaces. Ils font fortune en Haïti et investissent ailleurs. Ils aliènent de temps à autre une parcelle du territoire national à la République Dominicaine. Ils humilient les frères haïtiens mais perdent la langue devant les injures du blanc. Ils consentent des emprunts, au nom du peuple, qui vont grossir leurs comptes en banque en Suisse. Ils privent la justice de son indépendance. Ils n’existent que pour donner à l’étranger une bonne raison de vous traiter comme des bêtes sauvages. Mettre le pays à feu et à sang a toujours été leur plus grande mission dans la vie.

Avenir du pays, comportez-vous en hommes supérieurs qui cherchent le concours de tout le monde pour assurer le respect de leur patrie mais qui n’ont pas besoin de ramper comme on incite un bébé à ramper pour lui offrir un jouet pour chasser la faim. Pour cela, étudiez, étudiez, étudiez ! C’est la seule façon de se signaler, d’influencer politiquement et intellectuellement Haïti et le monde. N’utilisez pas votre science pour écraser les autres mais pour servir les causes des plus faibles. Supportez-vous l’un l’autre, les gérontes incultes, improbes de ce pays, n’ayant aucun respect des deniers publics, et qui doivent tout ce qu’ils sont à la caisse publique insolemment dépouillés, ne vous feront pas de cadeau.

Jeunesse savante, si vous ne vous organisez pas ils se débarasseront de vous comme on se débarrasse des fourmis à l’intérieur d’une maison. D’ailleurs, par le fait même qu’ils vous refusent éducation de qualité, travail, loisirs, sécurité, paix, justice, en un mot bien-être est une façon de vous chasser du pays. Et, tant que vous êtes loin d’Haïti, leur renouvellement au pouvoir sans grande difficulté est assuré. Vous qui n’avez pas les moyens de migrer, tant que vous êtes dans la crasse un billet de mille gourdes suffit pour acheter votre conscience. N’oubliez jamais leur logique, toutes les iniquités et les illégalités sont bonnes pour parvenir ou rester au pouvoir. Ce que Anténor Firmin appellerait L’Effort dans le Mal, titre de son dernier ouvrage publié en 1911, qui expose la mauvaise foi du politicien haïtien et son avarice.

Sachez qu’aucune classe, qu’aucun homme à lui tout seul ne peuvent faire prospérer la République. Ce pays a besoin du grain de sel de tout un chacun pour reprendre sa place dans le cercle des grandes nations. Jeunesse d’Haïti, il vous revient de prôner l’instruction des masses, de plaider en faveur l’émancipation totale de la femme haïtienne, de prêcher l’orgueil national, de lutter pour qu’Haïti existe et prospère, de museler les sycophantes qui drainent les richesses du pays vers l’extérieur, de défendre votre appartenance à la terre d’Haïti. Louis Joseph Janvier (1884) dans  »Haïti aux Haïtiens » a déjà tracé le chemin. Il vous suffit de poser les traces de vos pas pour que les générations futures ne s’égarent. Les Américains disent l’Amérique aux Américains. Dites vous-mêmes Haïti aux Haïtiens. N’avilissez pas votre science !

Un petit message aux ennemis d’Haïti qui sont d’Haïti, quand vous empêchez un jeune de combattre sous la bannière du travail et du progrès, n’attendez pas qu’il continue à jouer au doux agneau. Si vous persécutez la jeunesse, attendez qu’elle réagisse brutalement un jour. La vie est un boomerang. Tout ce qui va revient. L’histoire offre toujours à un persécuté l’opportunité de se rendre justice. Quand viendra ce jour, priez pour qu’il transcende comme Nelson Mandela.

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