La faculté de droit, nouveau centre de la résistance

Les étudiants de la faculté de droit ont prouvé hier qu’il y a encore de l’espoir pour ce pays meurtri. Face aux bêtes sauvages lâchées dans la nature pour assassiner les citoyens de bonne volonté, contre la tyrannie et l’oppression qui s’installent dans notre pays, ils ont revendiqué leur droit à la vie et prouvé leur humanité en opposant leur refus de se faire bêtes. Ils ont décidé de dire non. De lutter. On a envie de dire aux policiers : « Ne massacrez pas les étudiants, les semences de l’espoir mais dites plutôt au tyran qui tient les étudiants en laisse, que vous les avez vus, déterminés, fermes et unis au front ».

Ce pays est le leur et cela vaut la peine de prendre le risque de se battre encore pour lui. Tout n’est donc pas perdu. L’étoile qu’on croyait à jamais éteinte s’est rallumée. Elle brille de nouveau sur la table de l’Histoire et nous contraint à l’engagement collectif et individuel.

La lumière de la Raison s’est allumée à la faculté de droit. Elle va éclairer notre chemin.

Ce n’est pas étonnant que c’est ce centre du savoir – celui où le droit est enseigné – qui émerge comme lieu de résistance, le centre du pouvoir critique. Le contexte fait les choses. Les circonstances créent les hommes. Les forces progressistes et du changement doivent se joindre à ces étudiants dans une unité d’action. Elles doivent se réorganiser le plus vite que possible afin d’arrêter cette descente aux enfers. Cette catastrophe qui végète.

Une nouvelle forme de lutte se dessine. Le pays est en train de se réveiller et veut dire son mot. Il était temps. Crachez votre sainte colère comme le feu ! La parole descendra et prendra place aux côtés des victimes et des opprimés. N’abandonnez pas ! Fortifiez-vous !

Mais qui prendra la direction de la lutte, l’unité de commandement pour libérer définitivement l’opprimé ? Comment orienter le combat politique afin de pouvoir imposer définitivement le changement auquel le pays aspire ? Ces questions doivent être posées sereinement afin de ne pas s’essouffler en route, comme nous l’avons déjà vu dans le passé.

Le momentum est là. La ligne est tracée. Avançons vers la direction qui mène au soleil ! Dirigeons-nous vers Vertières ! Le pays est arrivé au bout de sa souffrance. De sa détresse. Stoppons l’inacceptable et l’inadmissible, le mal qui blesse notre dignité ! Ce mal qui nous bloque et qui nous empêche d’avancer vers le Beau et le Bien.

Étudiants, paysans, masses populaires, rurales et urbaines, élèves, citoyens conscients de la République, indignez-vous ! Mettez-vous en ordre de combat ! Risquez-vous pour une dernière fois pour ce pays ! Cela vaut la peine. La victoire est au bout de votre conviction et de votre détermination à vaincre le Mal. C’est dans le profond désespoir que la Parole se manifeste à un peuple.
La Faculté de droit est en train de s’ériger comme le lieu de la nouvelle bataille. La dernière, espérons-le ! Gardons la flamme du combat et de l’espoir précieusement et jalousement ! Réunissons-nous et combattons-nous pour la même cause !

L’histoire vous donne rendez-vous à la rue Oswald Durand. Le pouvoir réel, c’est vous, le pays réel, c’est vous ! Tout le reste est superficiel. Dans l’exercice de sa souveraineté, le peuple a le devoir – et le pouvoir – de se dresser contre tout gouvernement qui passe à côté des buts pour lesquels il a été élu. Le droit à la révolte est devenu la seule option face à la tyrannie et à l’oppression. Sortez définitivement de la vertu négative pour s’opposer à ce qui fait mal ! Avocats, juges, ensemble et coude à coude, prenez la direction qui mène vers le centre de la résistance ! Défendez l’État de droit avec votre Constitution en main ! Car on ne dialogue pas avec des tyrans. On ne négocie pas non plus avec eux. On les combat tout simplement, avec l’arme du droit.

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