L’intellectuel haïtien d’origine modeste est un être complexé

Je dis avant tout de la plupart des étudiants haïtiens qui retournent en Haïti après avoir meublé leurs connaissances à l’étranger, ils ne sont nullement patriotes, ni même nationalistes. Je donne d’avance mon opinion : ce sont tout simplement de nouveaux conquistadors qui reviennent, passeport étranger sous le bras pour certains, réclament au nom de l’esprit leur part du gâteau qu’est Haïti. S’ils ont choisi le retour ce n’est pas par amour de la patrie ou par désir de contribuer au développement du pays. Le retour est le seul à s’être imposé à eux et à leur avoir pour ainsi dire offert une solution idéale. Quand on est Noir, Haïtien de surcroît, malgré les diplômes gagnés sur le champ de bataille comme des épaulettes, réussir à l’étranger c’est comme traverser le Sahara à pied.

Je me permets d’aborder de faire la biographie de ces migrants de retour volontairement en qui le peuple, acculé au dernier degré de la misère et gouverné par des insoucieux, place toute sa confiance pour un avenir meilleur. Je suis conscient que ces lignes peuvent provoquer des tempêtes, ce qu’il faut comprendre, je ne fais quartier à personne. Je le dis tout de go, de la plupart de ces gens il ne peut nourrir aucun espoir de grandeur et de richesse collective. Se pavaner dans le luxe pendant que le peuple est dans la misère, avoir la main mise sur certaines institutions dans le pays, leurs obsessions maladives pour avoir mené la vie difficile à l’étranger et subi toutes les avanies en Haïti. Ce qui les oblige à plonger leurs mains dans le sang, à sombrer dans la corruption et la barbarie.

Depuis toujours je rêve de vous partager chers lecteurs mon point de vue sur leur mentalité. D’ailleurs qui mieux que moi peut vous ouvrir les yeux sur cette question ? Je viens vous confesser toute la vérité. Ces Haïtiens ayant flirté avec d’autres cultures, bénéficié de la reconnaissance du blanc fondée sur le décernement d’un diplôme international, voyagé, et qui choisissent la sente du retour, ce sont des êtres complexés pour bien des raisons. Rien n’est plus urgent que dénoncer le discours pourri de certains d’entre eux prônant la résignation (ne rien dénoncer, prendre la forme du vase, s’adapter aux mauvaises pratiques, vendre sa conscience) et le comportement d’apache d’autres acceptant les compromissions les plus viles pour pouvoir se faire une place au soleil de la politique haïtienne afin de s’enrichir en déchalborant la République.

Entamons cette biographie à partir d’une analyse comparative entre le fils du bourgeois et celui de la classe moyenne aisée et celui de la classe moyenne pauvre. Les premiers, tout de suite après leur baccalauréat au College Antillais, Lycée Français, Union School, Quisqueya Christian School et j’en passe, s’envolent pour l’Amérique du Nord ou l’Europe pour poursuivre leurs études en Économie, Finance, Administration, génie au niveau licence, master, rarement en doctorat. Étant donné qu’ils ont toujours vécu dans le luxe et ont tout expérimenté sur la terre d’Haïti, à l’étranger rien ne les étonne. Mais, ceci n’empêche pas à certains d’échouer, l’excès du bonheur, de la jouissance leur donne le vertige jusqu’à l’abandon des études. D’autres plus motivés achèvent le cycle d’études comme un enfant de quatre ans finit son biberon de lait. De retour en Haïti, avec ou sans diplôme, ils participent au renforcement de leurs classes et à l’augmentation du capital économique de leur familles. D’où la raison de leur manipulation des politiciens.

Quant au fils de la classe moyenne pauvre, après sa licence obtenue dans des conditions absconses à l’Université haïtienne, il bénéficie soit d’une bourse d’étude ou obtient une admission en Sciences sociales d’une université étrangère qui l’exige de frapper toutes les portes de la République afin d’accumuler les subventions. Les déceptions le déchirent tellement le cœur qu’ils ne puissent passer l’éponge, sans oublier son évolution sans grande joie à l’Université haïtienne. Opprimés par les dirigeants de l’Université haïtienne affublés de costume de bourreau, ses combats pour la réforme n’ont accouché que des crottes d’une souris. Toutes ces mauvaises expériences l’ont transformé en une fumée qui aura à empoisonner la nature haïtienne. À l’étranger, la vie sociale et économique l’ont ballotté comme un fétu de paille sur l’océan. Par complexe d’infériorité il fuit les bars, les parcs, etc. Sur les réseaux sociaux, il se montre supérieur aux Haïtiens qui sont restés. Certainement, il porte des ailes académiques pour être parvenu jusqu’au doctorat, mais des fausses qui ne lui permettent d’aller ni plus haut ni plus loin.

Après les études, il revient dans son pays. Pour avoir vécu dans une misère sans fond, tant à l’étranger qu’en Haïti, il ne souhaite que prendre sa revanche sur la société – qui l’a tant humilié malgré son statut d’étudiant – en pillant la république. Pour cela, il est prêt à pactiser même avec le diable. Avant ses études à l’étranger, il était marxiste, l’être qui est de retour est un marxiste lunatique et constipé ; quelques années en Europe ont suffi pour qu’il oublie jusqu’à la langue créole ; passeport européen sous le bras, il se croit Européen alors qu’il y a des peuples très proches de la physionomie du blanc qui ont migré en Europe depuis 1000 ans, certains ont construit un empire, et qui malgré tout ne sont pas considérés comme Européen. Étant donné qu’il sait qu’en termes d’offres d’études supérieures le pays est à nu, il se prend pour le pic de la Mirandole. Il n’a aucune limite, on parle d’économie, de droit, de médecine, il intervient avec son diplôme (master, doctorat) en Sociologie ou en Sciences politiques. Une fois à la tête d’une des facultés il divorce avec le vocable réforme et son contenu et épouse le mot  »conservateur », devient un terrifiant bourreau qui n’a pas peur d’abattre ou faire abattre. En fait, il ne peut rien résoudre, sinon que palabrer et détruire.

Plus d’un siècle de cela, l’érudit Louis Joseph Janvier avait fait de grandes études à l’étranger en Finance, Économie, Administration, Droit, Médecine, tout de même il évitait d’intervenir dans tous ces domaines sinon celui dont il avait la pleine maîtrise. Force est de préciser qu’à l’époque ce sont les plus brillants qui partaient étudier à l’étranger. Aujourd’hui, n’importe quel cancre peut voyager et accéder à un diplôme de master, de doctorat. Vous qui lisez ce texte, si vous avez fréquenté au moins une université haïtienne, faites une rétrospection et dites-vous où sont passés les étudiants les plus brillants de votre promotion. Que quelques uns sont parvenus à des études supérieures. L’inégalité et l’injustice sociale ont toujours freiné les plus brillants haïtiens.

Décideurs, vous voulez changer le pays ? La réforme de l’université est une nécessité. Il faut s’assurer que chaque entité de l’université d’Etat d’Haïti, les Universités privées offrent des programmes de Master et de doctorat. Et ce sont ces cerveaux qui doivent prendre le règne du pays. Eux seuls peuvent changer quelque chose. Cessez de croire que tous les Haïtiens qui partent étudier à l’étranger, de retour, peuvent contribuer ou ont vraiment la volonté de contribuer au développement du pays. L’heure est donc venue d’élaborer et mettre en œuvre une politique de prévention de la fuite des cerveaux haïtiens dans une dynamique de développement.

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