Trois jeunes filles dans la vingtaine assassinées en moins de deux semaines en Haïti

(Tripfoumi Enfo) – Depuis quelques temps, s’il y a un refrain qui se répète de plus en plus au sein de la société haïtienne c’est : l’insécurité. Cette dernière, contribuant majoritairement dans la banalisation de la vie humaine se répand sur plusieurs formes : Assassinat, kidnapping, vol, viol, banditisme, Insécurité alimentaire, routière, économique, politique, judiciaire, sanitaire, sociale…et de ces diverses apparences, toutes les couches de la société sont touchées.

Quoique des organisations de défense des droits humains ne cessent de dénoncer ces dérives tout en exigeant le respect des droits de la personne humaine, les résultats se font toujours attendre.

Face à la machine infernale de l’insécurité sur toutes les formes en Haïti, les gens ne savent point à quel saint se vouer. Aucune classe n’est épargnée. L’état central, principal responsable de la sécurité de ses citoyens semble toutefois avoir du mal à donner le ton.

La population vit une expérience très difficile ces derniers jours en Haïti. En moins de deux semaines, trois jeunes filles dans la vingtaine ont été lâchement abattues par des individus armés dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince et dans le département du Sud.

Aux premières heures de la matinée du dimanche 1er novembre 2020, le corps sans vie d’Evelyne Sincère, 22 ans, kidnappée le 29 octobre 2020, au dernier jour des examens de la Philo, a été retrouvé sur une décharge à ordures à Delmas 24.

Le cadavre décapité d’Anise Boisrond, 22 ans, a été découvert, lundi dernier, par la police sous une touffe de roseaux, à Durocher, une localité de Torbeck, dans le département du Sud. La victime a été enlevée le dimanche 1er novembre lors des incidents survenus dans une cérémonie de Vodou à D’antan.

Juventa Cantave âgée de 23 ans a été retrouvée morte dans les locaux de son travail à tabarre 39. Le corps inerte de la victime a été découvert, dans l’après-midi du 11 novembre 2020, par ses parents.

Avec l’insécurité qui tend à s’installer de plus en plus dans le pays, aucun citoyen ne peut se targuer le droit de dire qu’il est en sécurité. Pour plusieurs personnalités avisées du Pays, ceux et celles qui sont dans la précarité sont encore plus vulnérables face à cet état de fait qui ronge la société dans toutes ses composantes. Quand l’état a du mal pour contrôler ses citoyens et les armes à feu qui circulent dans le pays, tous les secteurs se retrouvent menacés. C’est encore pire, si l’état central est de connivence avec ces gangs armés qui sèment le deuil au sein de la population civile.

Mardochée Wagnac, une adolescente de 14 ans a été tuée par balles par des individus armés non identifiés dans la soirée du 21 octobre 2020, à Vernet, un quartier situé dans la ville des Cayes au moment où ils tentaient de voler son téléphone portable.

‪Les corps calcinés de Nancy Dorléan et de Sébastien Petit, deux jeunes danseurs ont été retrouvés le vendredi 26 juin 2020 à Tabarre. Ces derniers étaient partis pour une répétition mardi 25 juin . Les proches des victimes avaient alerté l’opinion sur leur disparition, avant de les retrouver, sans vie, et inhumés au cimetière de Cazeau.

Face à ce climat d’insécurité grandissante, les citoyens ont la mauvaise sensation de circuler dans les rues avec leur cercueil sous les bras. Hante encore les esprits, l’approche de cette fin d’année où, généralement, les braquages, les vols à main armée et les assassinats connaissent une hausse considérable en dépit de l’invitation du chef de l’état Jovenel Moïse lancée à la diaspora haïtienne de venir en Haïti.

Des jeunes partent avec leurs rêves, leur envie de vivre. Haïti, un pays qui mange ses propres filles et fils.

Le 15 novembre 2006, Farah Natacha Kerbie Dessources, une jeune étudiante à l’École Normale Supérieure, âgée de 20 ans avait été enlevée, violée, torturée et assassinée à Santo III , malgré la rançon versée par sa mère. Les bandits ont crevé ses yeux avant de l’abattre de plusieurs balles.

Lencie Saahmie Mirville, une jeune fille de 23 ans, avait été kidnappée, violée et tuée en décembre 2015 , à la veille de son départ pour le Canada, où elle devait continuer ses études universitaires. Son corps sans vie avait été retrouvé sur la route de l’amitié à proximité de morne “Karaté” en direction de Jacmel. Alors que ses ravisseurs après plusieurs jours de négociations avaient exigé une rondelette somme de 150 000 dollars américains, ses parents avaient travaillé d’arrache-pied afin de réunir puis verser les 50 mille dollars.

Depuis plusieurs jours, nous assistons à la recrudescence de l’insécurité dans le pays plus particulièrement dans la capitale haïtienne. Les citoyens vivent sous la coupe réglée des bandits armés. Ce climat d’insécurité a déjà coûté la vie à plusieurs personnes. La population demande aux autorités policières et judiciaires de prendre les mesures qui s’imposent pour pallier la situation.

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