Quand la PNH entend puiser de l’eau au village de Dieu à l’aide du panier!

(TripFoumi Enfo) – Au cours du weekend écoulé, des balles ont chanté au village de Dieu, au bicentenaire. La Police Nationale d’Haïti y a mené une opération contre les groupes armés, conformément à la volonté du chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN), Joseph Jouthe. Mais, à part quelques maisons détruites, aucune personne n’est arrêtée. Aucune arme à feu n’est saisie. Les simulacres !

Augmentation spectaculaire de l’insécurité en Haïti. Des citoyens sont kidnappés, violés et tués par des présumés bandits. Des mesures sont souvent annoncées par les autorités policières pour venir à bout des auteurs de ces actes. Le premier ministre Joseph Jouthe avait promis que la Police allait sévir contre tous les frotteurs de trouble dans le pays. Déclarations faites à la suite des attaques subies par au moins 3 véhicules de l’institution policière.

En effet, tôt vendredi 4 décembre 2020, l’entrée Sud de la capitale haïtienne a été le théâtre des affrontements entre bandits et policiers. Les forces de l’ordre ont essayé vainement de déloger le puissant gang dénommé « 5 segonn » au village de Dieu. La montagne a accouché d’une souris. Les différentes unités de la PNH mobilisées pour cette opération ont dû rebrousser chemin. Echec !

Le problème d’accès aux informations relatives aux bandes armées, la population refusant de collaborer avec la police, est généralement soulevé par les autorités policières. Mais, d’autres personnes voient la connivence des membres de l’institution policière avec des bandits comme une autre cause qui empêche l’aboutissement des opérations menées contre ces groupes armés illégaux s’adonnant à des actes de criminalité.

D’après deux rapports de deux organisations de défense des droits humains, RNDDH (Réseau National de Défense des Droits Humains) et FJKL (Fondasyon Je Klere) cités par le journal Le Nouvelliste le 26 juin 2020, des policiers auraient eu des liens de complicité avec des membres de groupes armés illégaux. Dossier ayant été saisi par les plus grandes instances de décision disciplinaire de la Police Nationale d’Haïti. Aucun suivi n’a été fait.

Les 13 et 14 novembre 2018, des bandes armées réputées proches du pouvoir en place ont perpetré un massacre dans le quarier de La Saline. Plusieurs personnes ont été tuées, des femmes et filles violées et des maisons incendiées. Cette tuerie a duré environ 14 heures sous le regard passif des agents de la Police Nationale d’Haïti. Deux cadres de l’administration du pouvoir en place, Fednel Monchéry, ancien directeur du ministère de l’intérieur et Joseph Pierre Richard Duplan, délégué départemental de l’Ouest, sont cités dans le cadre de ce massacre, selon un rapport de l’Organisiation des Nations-Unies (ONU) publié le 21 juin 2019.

Un an après, certains résidents du quartier populaire de Bel-air ont été, eux aussi, massacrés de 4 à 8 novembre 2019 par des groupes armés proches du pouvoir, selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains paru le 19 décembre 2019. Le nom de l’ancien policier Jimmy Chérizier alias Barbecue a été cité. Pour commettre ses forfaits, toujours selon ce rapport, des matériels de la PNH ont été utilisés.

La fédération des gangs sous la dénomination de « G9 an fanmi e alye, regroupement de chefs de gangs dans la capitale, a pu se faire sous la recommandation de la Comission Nationale de Désarmement et Réinsertion, laquelle est formée par le président Jovenel Moïse. Ainsi, les groupes armés illégaux deviennent plus difficiles à être combattus.

La police arrivera-t-elle à (re)prendre le contrôle des quartiers populaires où s’installent ces groupes armés ? Les opérations menées par la police Nationale d’Haïti, si opérations il y en avait, sont-elles de scénarios dans un film ? Les bandes armées et la PNH, sont des ailles d’un même oiseau ?

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