Goudougoudou : Le même son, un autre ton et un auditoire aveugle

Les tremblements de terre sont perçus par les scientifiques comme une propagation des ondes vibratoires provenant d’un foyer principal (hypocentre) situé sur le long d’une faille. Ils se font ressentir le plus à un endroit appelé épicentre. Cette vibration ondulatoire qu’ils constituent, en se propageant, diminue à mesure qu’elle s’éloigne de l’épicentre jusqu’à une limite indéterminée et tout cela se passe au niveau interne de la terre à quelques kilomètres de profondeur. Mais, pour qu’il y ait un tremblement de terre, certaines conditions géologiques devraient être présentées aux préalables. Celle la plus pertinente est la position du pays (la croute lithosphérique qui la supporte) par rapport aux zones sismiques ou aux marges actives. En fait, Haïti, depuis la période coloniale jusqu’à nos jours, a enregistré de nombreux tremblement de terre, les uns de plus grandes intensités que d’autres. Et donc, les uns sont plus meurtriers que d’autres. Naturellement, le pays connaitra toujours les tremblements de terre mais, humainement parlant, les tremblements de terre ignorent si les Haïtiens (les Dirigeants/les autorités) en sont reconnaissants, ni s’ils seront hospitaliers envers eux.

De là, on se demande comment se repartissent les dégrés de responsabilté des dégâts d’un séisme entre la nature et l’homme?

Alors, pour tenter de repondre a cette interrogation nous nous tâcherons de montrer le rapport automatique qu’a Haiti avec les seismes local/national de part sa position. Ensuite, nous verrons les facteurs qui sont à l’origine des tremblements de terre. Puis, nous tenterons de faire paraître la part de responsabilité des autorités Haïtiennes dans la vulnérabilité d’Haïti face aux séismes. Enfin, nous proposerons quelques idées pouvant aider à diminuer les dégâts causés par les tremblements de terre.


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Il est à noter que tous les pays du monde ne connaissent pas ou ne subissent pas des tremblements de terre. Car, ils ont eu lieu dans des zones prédisposées lesquelles parcourent le long des failles du globe terrestre ainsi que ses proximités. En effet, la République d’Haïti, pays de la région caribéenne, est située géologiquement sur la plaque des caraïbes ou des Antilles. Cette dernière possède des frontières avec 3 plaques différentes mais c’est celle formée avec la plaque nord-américaine qui constitue une zone de subduction et considérée comme zone sismiquement active. De plus, cette position contraint Haïti à être traversée directement par deux failles : la faille de la presqu’île du sud dénommée faille Enriquillo et la faille septentrionale qui s’étend sur la côte Nord du pays. Et, indirectement par 2 autres failles peu actives : la faille Nord-Hispaniola et la faille Muertos-Neiba-Matheux. Ainsi, c’est l’une de ces failles qui est toujours à l’origine des séismes en Haïti. Cependant, elles ne sont pas spontanées.

Il est à rappeler qu’à une période donnée dans l’histoire de l’évolution de la terre, les continents n’étaient pas séparés par des océans comme nous le remarquons aujourd’hui. C’est-à-dire, ils formaient un seul bloc continental (la Pangée). En effet, au fil du temps, ils se sont éloignés et laissent des cassures témoignant une sorte de détachement des blocs continentaux en référence à un puzzle. Alfred Wegner particulièrement, en se basant sur le parallélisme des côtes de l’Afrique du sud et de l’Amérique du sud épure et justifie davantage cette idée. Ainsi, l’on comprend que les blocs continentaux qui constituent les plaques sont en perpétuel mouvement lequel est à la base de la création des failles. En fait, ces dernières sont des zones de rupture le long duquel deux blocs rocheux ou plaques se déplacent l’un par rapport à l’autre. Plus précisément, elles sont des fractures qui limitent deux plaques. Selon le sens/la direction dans lequel les plaques se déplacent on distingue : premièrement les zones d’écartement (sens/ direction contraires) dominées par les failles normales. Deuxièmement, les zones de subduction (même sens/direction) caractérisées par la montée d’une plaque sur une autre et sont dominées par les failles inverses. Troisièmement les zones de coulissage dominées par les failles décrochantes. Ainsi, à chaque fois que deux plaques réalisent l’un de ces mouvements, il y a tremblement de terre. Alors, à l’origine des mouvements de ces plaques y-a-t-il un antécédent ?

Au fait, s’il y avait une certaine linéarité dans le déroulement des séismes, on aurait pu avoir des tremblements de terre catastrophiques chaque jour dans le monde. Car, les scientifiques, à travers les informations prélevées par les sismographes, nous disent que la terre ne cesse de mouvementer. Mais, tel mouvement est plus considérable que tel autre. Haïti, pour sa part, a enregistré 301 secousses durant l’année 2019 dont les magnitudes varient de 1 à 4,8 sur l’échelle de Richter. A cette variation ou différence de magnitude des séismes, il est à considérer l’apport indispensable de l’énergie géothermique. Cette dernière provient essentiellement de la désintégration naturelle des isotopes radioactifs de certains éléments chimiques présents dans les roches qui forment les couches du globe terrestre : uranium (238U et 235U), thorium (232Th) et potassium (40K). Par ailleurs, autant que la terre a emmagasiné de l’énergie c’est autant que les activités sismiques seront plus violents. Ainsi, tout se dégage à l’intérieur parait-il, mais est-ce que ça termine là ou ici?

En effet, les mouvements qui ont eu lieu dans la partie interne de la terre au début d’un tremblement de terre ont des répercussions à sa surface. Partant de ces constations, Richter, à travers son échelle de mesure s’intéresse à l’intensité de l’énergie libérée par le tremblement de terre à savoir sa magnitude. Alors que, Mercalli lui-même, à travers son échelle de mesure, évalue le niveau des dégâts causés. À partir de cela naîtra une relation entre magnitude et dégâts. Mais, celle-ci n’est pas proportionnelle. C’est-à-dire la magnitude d’un tremblement de terre ne définit pas le niveau des dégâts et vice versa. Par exemple, la magnitude d’un tremblement de terre peut être élevée (7,8,9) pourtant les dégâts sont faibles ou n’existent pas. Et, les dégâts peuvent être très considérables alors que la magnitude du tremblement est faible. De ce fait, ne peut-on pas penser aux responsabilités de l’Etat, à ce niveau?

En outre, la majorité des pays qui forment la ceinture de feu de la pacifique sont les pays les plus ‘’à risques’’ du monde. Ils connaissent des activités volcaniques fréquentes ainsi que des tremblements de terre. Par conséquent, ils sont très vulnérables aux aléas sismiques. Mais, il est intéressant de constater qu’au fil des années, il y a une réduction considérable après les passages des tremblements de terre dans ces pays-là, tant au niveau des dégâts matériels qu’en perte de vie humaine. À titre d’exemple, au Mexique en Septembre 1985 un tremblement de magnitude 8,2 a fait 10 000 morts. 22 ans après, soit le même mois un tremblement de la même magnitude n’a fait que 98 morts. De plus, au Chilli, en Mai 1960, 3000 morts ont été enregistrés suite à un séisme de magnitude 9,5 et 54 ans après, un autre de magnitude 8,2 a fait 6 morts. Par contre, pour Haïti on en a constaté une augmentation à tous les niveaux. En octobre 1911 un tremblement de terre a occasionné la perte de vie de 9 personnes et en a affectées 22 autres. 99 ans après, soit le 12 janvier 2010, un autre tremblement de magnitude 7,2 a fait plus de 290 000 morts et environ 3 700 000 personnes affectées. Pourtant, la vulnérabilité sismique d’Haïti est inferieur par rapport à ceux-là qui partagent la ceinture de feu de la pacifique.

Par ailleurs, il faut souligner que la quantité de victime et les dégâts causés par un tremblement de terre sont intimement liés à 2 autres facteurs, en plus de l’intensité de l’énergie dégagée de l’hypocentre et la position du site par rapport à l’épicentre du tremblement. Ce sont premièrement, l’aménagement inadaptée/inappropriée fait des lieux allant les plus près aux plus éloignés des zones sensibles (proximité des failles actives). Deuxièmement, l’absence d’éducation sismique des habitants du pays sujet a des tremblements de terre. À cet effet, la réalité Haïtienne nous offre un témoignage vivant. Les constructions dans le pays se font généralement de façon non contrôlées (90% desquelles sont faites sans permis de construire). Et une bonne partie de la population haïtienne est illettrée.

Somme toute, les tremblements de terre sont des phénomènes naturels, très localisables. Ils se produisent dans des zones bien déterminées, soit le long des failles actives tout en se propageant dans ses extrémités. Ces failles sont créées par le perpétuel mouvement qui est à l’origine de la séparation des blocs continentaux. Étant marquée la limite de deux plaques qui eux-mêmes subissent l’influence de la tectonique, les failles entrent alors en activité à n’importe quel moment. Celles de Enriquillo et du Septemtrionale font souvent trembler certaines zones de la République d ’Haïti. Les énergies qu’elles emmagasinent est naturelle à la terre même et proviennent de la désintégration de certains éléments chimiques qui constituent la structure terrestre. C’est cette énergie en revanche, qui détermine l’intensité des dégâts causés par le séisme. Néanmoins, les dégâts peuvent être variés dépendamment de la façon dont les sites concernés sont aménagées. Car, la variabilité des données sismiques existantes entre certains pays de l’Amérique laisse voir que la quantité de dégâts causés par les tremblements de terre est très différente d’une époque à une autre. Donc, un tremblement de terre reste et demeure ce qu’il est. Et la realité qui defile sous nos yeux, temoigne leur cohérence contre l’incohérence des hommes elle même qui est une resultante de leur ignorance/de leur méconnaissance et de leur negligence. Alors que reste-t-il à faire ou bien que peut-on faire?

Perspectives :

A ceux-là, les capacités des autorités haïtiennes à apprendre du passé et à connaître le pays sur tous ses angles, sont très sollicités. En plus, qu’ils ciblent d’abord (les lieux les plus exposés aux tremblements et qu’ils ne les perdent pas de vue (micro-zonage sismique). Puis, qu’ils confèrent à ces derniers un aménagement adéquat et adapté, s’ils ne méritent pas de se faire vider de préférence. Plus loin, qu’ils mettent en exergue une politique d’éducation sismique tout en assurant que cette dernière atteindra le niveau des habitants les plus concernés et prenant compte de leur niveau d’éducation de base.

Auteur : Pierre Henry JEAN PAUL, étudiant en 4eme année en Géographie à l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), IERAH/ISERSS.
Tel : 4905-2657/4093-4219
Email : [email protected]

Webographie et Bibliographie
https://lenouvelliste.com/article/210843/90-des-constructions-sont-faites-sans-permis-de-construire-revele-larchitecte-jeanine-l-millet
 https://lenouvelliste.com/article/210837/301-secousses-sismiques-recensees-en-haiti-en-2019
 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_de_s%C3%A9ismes_au_Chili
 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Liste_de_s%C3%A9ismes_au_Mexique
 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_2010_en_Ha%C3%AFti
 https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ceinture_de_feu_du_Pacifique
 https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/geologie-ceinture-feu-5165/
 https://lactualite.com/monde/les-trois-villes-qui-inquietent-les-experts-en-tremblements-de-terre/
 https://www.ouest-france.fr/monde/seismes-tempetesvoici-les-10-pays-les-moins-surs-du-monde-4445817
 https://lenouvelliste.com/article/17831/historique-des-seismes-en-haiti
 Séisme en Haiti.pdf, Tremblements de terre en Haïti : Mythe ou réalité? Claude PREPETIT, ING. Géologue
 Le manuel, a la découverte de la géologie, Chapitre les séismes ou les tremblements de terre.
 Alea et risque sismique en Haïti VF.pdf, Claude PREPETIT.
 Rthqks-wtd-fra.pdf, Tremblements de terre : que faire ?
 Geographie-tremblements-terre.pdf, Andrée Otte, Géographie, les tremblements de terre.
 Poster uts 1.pdf – Poster uts 10.pdf

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