“J’ai été au commissariat de Pétion-Ville pendant 3 heures parce que Mathias Pierre est un imbécile” dixit Jetry Dumont

(TripFoumi Enfo) – À Pétion-Ville, plus précisément à la rue Panaméricaine, un conflit de la circulation a éclaté entre Jetry Dumont (fils du sénateur Patrice Dumont) et des hommes armés assurant la sécurité de Mathias Pierre nouvellement nommé Ministre délégué auprès du Premier Ministre chargé des questions électorales. Ce samedi 23 janvier, l’affaire a été portée jusqu’au commissariat de Pétion-Ville où le propriétaire de “Ayibopost” a été retenu pour être par la suite relâché.

Il faut croire que le statut social d’une personne peut vraiment faire des miracles. C’est, en tout cas la déduction de M. Dumont qui confie avoir échappé à la prison grâce aux différents titres qui lui sont propres.

Toutefois, il importe de souligner que si l’histoire s’est terminée au commissariat, son origine est toute autre. 24 heures plus tôt, Jetry Dumont débutait son samedi comme à l’ordinaire. « Tous les samedis », nous raconte-t-il, je passe la majeure partie de mon temps à faire du sport, puis je regarde mes matchs de football, si possible, avant de sortir ». S’attendant alors à voir se dérouler librement sa routine, le scénario prit malgré lui, une autre tournure.


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« Alors que je descendais le long de la rue Rebecca pour arriver à la rue Panaméricaine, j’ai été pris dans un embouteillage aux environs du rond-point ci-devant le restaurant Muncheez ». Dans le sens opposé, poursuit M. Dumont, 2 voitures aux vitres teintées et dont les plaques indiquaient qu’elles étaient privées ont attiré son attention. « Une Land Cruiser et une Prado », précise notre Sujet. Comme si de rien n’était, les conducteurs de ces deux véhicules ont emprunté le sens contraire et, arrivés jusqu’à lui, ils lui ont demandé de reculer. Chose que Jetry affirme avoir refusé de faire.

À moins qu’ils soient accompagnés de voitures de police, ce dernier laisse entendre qu’il n’ouvre pas le passage aux « chefs » de ce pays. Surtout s’ils violent les règles de la circulation. Et justement, « la rue Panaméricaine n’est pas à sens unique à ce niveau. Il n’est donc pas normal qu’une voiture officielle ou pas se permette de créer du désordre ».

Environ 30 secondes à klaxonner et à faire résonner « ce petit son dont raffolent les chefs », soit leur sirène, « 2 policiers lourdement armés se sont approchés vers moi ». Ils étaient particulièrement agressifs, confie le concerné. Lequel d’ailleurs n’a pas caché sa peur. « J’étais calme au-dehors, mais je tremblais dans mon fort intérieur. » Combien même, Jettry s’est adressé à l’un d’entre eux en ces termes. « Ce n’est pas toi que je ne respecte pas, mon ami, c’est plutôt l’homme que tu accompagnes et qui te fait faire n’importe quoi ». Aucune information d’une possible réponse venant du policier n’a été communiquée. Cependant, Jetry Dumont dit qu’ils ont réussi à passer. Et ont au passage emporté la plaque de sa voiture qu’ils ont arraché.

« J’ai repris la route dans l’espoir de trouver où ils ont emmené ma plaque. Ce faisant, des citoyens m’ont appris qu’ils étaient entrés à l’hôtel El Rancho, mais c’est à Kinam que j’allais enfin les retrouver ». Dans le garage de l’institution, le propriétaire du média en ligne Ayibopost a voulu porter les policiers à prendre conscience de l’inégalité de leur acte. Mais en vain. Au contraire, l’un des hommes présents ne portant pas d’uniforme de police pour sa part lui aurait montré son arme portée à sa ceinture, comme quoi, il peut le tuer.

Ce n’est qu’après ces faits que l’épisode du commissariat de Pétion-Ville eu lieu. Après plusieurs va-et-vient au sein de l’institution policière, Jetry Dumont dit avoir été libéré. Mais ce sera son statut qui lui a valu cette libération.

« Parce que je suis propriétaire de média ; parce que je suis fils de sénateur ; parce que mes avocats n’ont pas tardé à se présenter sur les lieux, et bien d’autres parce que, j’ai été libéré ». N’était-ce leur poids sur la balance, Jetry est convaincu qu’il serait emprisonné « à cause d’un Ministre à peine nommé qui ne règle rien et qui voulait se rendre rapidement à un hôtel ».

Ainsi donc, Jetry Dumont aura tiré plusieurs conclusions de ce récit. Tout d’abord, les policiers sont des victimes ignorant tout de leur devoir et de leurs droits à lui en tant que citoyen. Une faute dont l’institution de la Police Nationale d’Haïti est rendue coupable parce qu’elle ne fournit pas une formation adéquate. Mais également, l’ex-candidat malheureux à la Présidence, Mathias Pierre.

« Prototype d’un avide de pouvoir », Mathias Pierre est également ce que M. Dumont appelle « un arriviste sans colonne vertébrale ». Il n’y a pas encore 2 semaines, révèle-t-il, Mathias faisait partie de l’opposition. Et aujourd’hui, il a changé de camp sans hésiter pour avoir « sirène et policiers à son service, histoire de se sentir chef ». Autrement dit, le nouveau Ministre chargé des questions électorales et des relations avec les partis politiques « n’a pas besoin du pouvoir pour améliorer les conditions de vie de la population mais pour satisfaire ses pulsions mesquines ».

Prenant conscience des innombrables autres, Mathias Pierre qui grouillent dans les différentes institutions étatiques, Jetry dit hésiter sur la position à adopter. Surtout au sujet des policiers. Il estime que ces derniers ne sont plus des bébés, par conséquent ils devraient connaître leurs droits. D’où son hésitation. « Je réfléchis pour savoir si je devrais porter une plainte formelle au niveau de l’inspection générale contre ces policiers. Non pas parce qu’ils sont méchants, ils ne m’ont pas frappé. Mais parce qu’ils ignorent leur devoir qui est de servir les citoyens et la communauté ».

Il faut reconstruire le pays parce qu’entre autres scandales existants, « la police n’est pas là pour servir les caprices d’un vicieux désireux de se refaire une santé économique ». Nous devons donc faire très attention aux personnes que nous élisons et qui auront à choisir pour nous.

Sauf que depuis plusieurs années déjà, il devient de plus difficile de parler du choix du peuple haïtien. Et ces piles de décrets et d’arrêtés publiés à tout bout de champ ne prévoient pas une quelconque amélioration. D’ailleurs, c’est un arrêté présidentiel en date du mercredi 13 janvier 2021 qui a nommé comme Ministre Mathias Pierre, déjà au cœur d’un scandale.

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