L’épidémie de gale n’est pas un «big deal », soutient le docteur Philippe Desmangles

(TripFoumi Enfo) – Depuis la semaine écoulée, des photos de personnes atteintes de gale circulent sur la toile. La gravité de l’état de la peau des contaminés sont telles que plusieurs s’entendent pour dire qu’il faut tirer la sonnette d’alarme. Un comportement que le professionnel de santé, Philippe Desmangles n’approuve alors pas du tout. Car, dit-il « la gale est une maladie simple ».

Les violons semblent ne pas s’accorder tout à fait entre certains de nos spécialistes de la santé. Actuellement, ils sont plusieurs à clamer haut et fort que la gale dont souffrent des habitants de différentes régions du pays serait liée entre autres à la qualité de l’eau dont celles-ci se servent. De son côté, le Dr Desmangles lui, n’est pas du tout d’avis. Et il n’y est pas allé de main morte pour le faire savoir.

Si des personnes atteintes de gale se retrouvent actuellement avec leur peau recouverte de plaie, elles sont les seules responsables, estime monsieur. Il s’agirait là du prix à payer pour ne pas avoir fait le choix judicieux des véritables traitements prescrits par les docteurs. Car, « la gale est une maladie simple aggravée à cause de tous les vye tenten traitements que les malades s’administrent eux-mêmes ».

Pour justifier sa prise de position, Philippe Desmangles met en exergue ce qu’il appelle la gale des gens propres. Une personne, nous apprend-il, qui se douche régulièrement peut être infectée de gale et la transmettre, sans que pour autant la forme de sa gale à elle ne s’aggrave. Outre cette bonne habitude d’ordre hygiénique, l’une des méthodes pour combattre la gale est la prise des médicaments.

Le Responsable du service d’Orthopédie de l’hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH) prend alors exemple sur sa personne. « Alors que je traitais des malades, j’ai moi-même été contaminé à 3 reprises. J’ai pris des médicaments et la gale est partie ».

Autrement dit, il existe des médicaments spécifiques contre la gale. Et c’est justement vers eux qu’il demande à ce que l’on se tourne.

Toutefois, Philippe Desmangles reconnaît que le meilleur des traitements pour la gale ne réside pas dans les médicaments. C’est plutôt l’identification de celui l’ayant transmis. À le croire, cette action permettra d’éviter l’effet ping-pong. En d’autres termes, si quelqu’un suit un traitement, mais garde contact avec la personne l’ayant contaminé alors que cette dernière n’a ni vu un quelconque médecin, ni pris de véritable médicament, il n’y aura non plus jamais de véritables traitements.

Autre chose qu’il importe de savoir c’est la désinfection intégrale de son chez soi. En désinfectant sa maison, monsieur le docteur soutient l’idée selon laquelle on évite de créer un espace de confort pour les bactéries. Un point de vue également soutenu par le Dr Martial Bénêche, directeur sanitaire de l’Ouest du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Pour monsieur Bénêche, stopper la chaîne de transmission de la galle est capital. Raison pour laquelle il recommande des précautions à prendre. Parmi elles, la décontamination de l’environnement immédiat des personnes déjà infectées, soit de leur maison. En faisant cela, Ces dernières devront laver et laisser tremper dans de l’eau bouillante leur linge de maison.

Il convient de souligner que le Dr Bénêche fait partie de ceux qui croient que la qualité de l’eau utilisée par les habitants peuvent être retenue comme l’une des causes de la gratelle. Thèse que rejette d’un revers de main Dr Desmangles qui ne croit qu’en la contamination par contact direct. Mais, quoique ne s’entendant pas sur la manière, nos deux docteurs sont d’accord que cette maladie qui pousse plusieurs dizaines de personnes à se gratter jusqu’au sang est extrêmement attrapant.

Malgré tout, il n’y a pas lieu de s’alarmer pour le Dr Philippe Desmangles. Vivement, il invite les gens malades à se rendre à l’hôpital. Parce que « si malade, tu restes chez toi sans médicament à prendre, tu ne feras que propager la maladie et aggraver ton cas ».

Quant à ceux qui suivent des traitements, il leur demande d’être patients. « Au bout d’une semaine à prendre leurs médicaments de manière adéquate, ils pourront remarquer une amélioration considérable ». Sauf que, ajoute-t-il, la sensation de gratelle ne disparaîtra que bien des temps après le traitement.

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