Le visa américain est le vrai pouvoir en Haïti

(TripFoumi Enfo) – Un visa ne devrait changer le caractère d’un homme. Mais en Haïti c’est monnaie courante. D’ailleurs rien n’est plus puissant que le visa à l’effigie de l’aigle dans ce pays. Il est le pouvoir. Il peut rendre le plus grand penseur stérile en esprit. Il peut émasculer la combativité du politicien. Il peut enlever la liberté de la parole au plus grand analyste politique. Il peut même empêcher un artiste de créer quelque chose de neuf au profit des masses. Oui, ce visa a tout ce pouvoir en Haïti ! C’est l’Alpha et l’Omega. C’est un Dieu, pas le Dieu ami des Haïtiens mais celui qui juge les Haïtiens osant défier l’aigle pour manifester leur patriotisme.

Mais comment y parvient-il ? Il fait de son nid le mythe d’Eldorado. Ce qui permet à son maître de décider quels politiciens auront droit à dilapider les fonds publics haïtiens. Parce que son maître est aussi le maître de tous les politiciens au document de voyage à son effigie. Et ces fonds, d’une manière ou d’une autre, vont renforcer son économie. Car voler l’Etat n’est pas voler si c’est pour enrichir le maître. Sitôt que le politicien se rebelle, ces fonds sont gelés.

Afin d’avoir plus facilement le contrôle d’Haïti ainsi que de ses ressources, son maître crée une élite économique avec ses propres milices. Lesquelles manipulent les quelques politiciens jouant au faux patriotisme, affaiblissent la bourgeoisie traditionnelle attachée à l’histoire d’Haïti. Pas étonnant que cette élite veut rosser à coups de botte de la justice injuste ceux-là qui ont tout à voir avec la première république noire du monde.

Ce qui donne au maître le droit de combattre toutes idées de production nationale afin de créer des marchés facilitant la vente de son surplus de produit de toutes sortes : l’impérialisme. Il alloue des fonds aux élections haïtiennes et laissent le champ libre aux conseils électoraux dans les dépenses afin de se trouver une bonne raison pour faire mainmise sur la structure et les résultats des élections. Il élit des apatrides incapables de toute pensée utile à tous les niveaux de pouvoir et de gouvernance.

Sachant l’importance de la famille dans la vie du politicien, l’aigle le tient par les couilles en créant les conditions pour qu’il résume sa vie à son nid. Quand les enfants du politicien naissent, vivent ou étudient dans son nid, cela renforce sa domination sur le pays. Si un jour le politicien décide de prendre position en faveur du peuple, ses enfants sont menacés de déportation, de révocation de leur visa d’étude. Piégé par l’aigle, le bel esprit d’initiative sociale et politique du politicien disparaît comme un météore.

En cas de bilan médical, étant donné que le politicien néglige toute politique publique de santé en Haïti, il est obligé de rendre visite à l’aigle. Et il faut voir avec quelle fierté à son retour il dégobille : « m te fè yon rive kay èg la pou yon bilan medikal ». D’où le visa américain constitue les organes vitaux du politicien haïtien : son cœur et son cerveau. Il le pousse à trahir la cause du peuple. Il lui fait perdre le sens de l’histoire, son orientation politique. Devenant sa seule boussole, il guide ses décisions politiques.

Voilà comment la conscience du politicien haïtien décroît, se périclite jusqu’à entrainer avec elle tous les éléments moralement sains qui le constituent. Conséquence, le pays se meurt dans l’indifférence générale. Comprenez par là, chers lecteurs, le visa à l’effigie de l’aigle a sous son emprise tous les pouvoirs en Haïti. En un mot, ce visa c’est le pouvoir en Haïti.

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