Haïti au bord de l’abîme

(TripFoumi Enfo) – Haïti peut se réveiller dans un chaos inimaginable le lundi 8 février prochain, si le président ne montre pas ses talons ce 7 février, comme il est constitutionnellement prévu. Tout porte à penser que du sang sera coulé si un accord n’est pas trouvé entre les protagonistes, parlant de l’opposition politique et le pouvoir en place.

Jovenel Moïse est, certes, illégitime, mais détient une bonne capacité d’oppression.

Toutes les unités de la police nationale d’Haïti sont à sa solde. Elles ne se montrent efficaces que lorsqu’il s’agit d’empêcher aux citoyens de manifester. Plusieurs mouvements de protestation ont été violemment dispersés par la Police. De paisibles citoyens s’en sortent blessés, voire morts.


Ajoute nou sou Telegran pou pa rate oken scoop :https://t.me/TripFoumi!

Alors que, « G9 an fanmi e alye » qui est une fédération de gangs armés n’est que rare fois attaqué par la Police. Les adhérents à cette structure de bandits circulent comme bon leur semble, sans même un halte-là.

Des rapports de certaines organisations de défense des droits humains accusent le gouvernement d’être de connivence avec ces bandits. Jean Rebel Dorcenat a même confirmé avoir été l’instigateur de la fédération. Il ferait le pont entre les bandits fédérés et des cadres de l’Etat.

Cette association de bandits a vu le jour dans l’objectif de freiner la capacité de l’opposition politique de convoquer une forte majorité de gens à fouler le macadam lors des mouvements populaires. Ces hommes armés occupent les quartiers défavorisés et prennent la population en otage, pour qu’elle ne proteste que par leur volonté.

Pour constat, avec la création de G9, certaines zones cessent automatiquement d’être centres de mobilisation de l’opposition politique. En plus, plusieurs chefs de gang avouent avoir interdit aux habitants de leur contrée de se mettre dans la rue pour protester contre le pouvoir.

L’opposition, quant à elle, n’entend pas s’allier à l’idée de Jovenel Moïse pour rester au pouvoir au delà de 7 février. C’est la raison pour laquelle, une entente est sur le point d’être retrouvée autour d’une proposition pour planifier l’après du locataire du palais national.

Deux journées de mobilisation sont annoncées par Moïse Jean-Charles, chef de file de l’opposition, toujours dans le but de forcer le natif du Trou-du-Nord à respecter l’article 134-2 de la constitution.

Le président avait écourté le mandat de plusieurs parlementaires le 13 janvier 2020. C’est selon cette logique que Moïse Jean-Charles s’allie à la revendication des autres branches de l’opposition politique pour planifier les stratégies adéquates pour que Jovenel Moïse parte et repenser les bases de la nation à travers une transition.

Alors que la crise politique persiste, les cas de Covid-19 sont en recrudescence. Le climat d’insécurité sème terreur et dépouille la population de tout son avoir avec le phénomène du kidnapping. Entre-temps, le Ministère de la Culture et de la Communication continue d’inviter le peuple à s’entasser comme des sardines dans le carnaval national maintenu pour le 14,15 & 16 février.

Dans ces genres de situation, des malintentionnés prennent souvent plaisir à poser des actions de règlement de compte. Tout cela sera compté parmi les nombreux actes de violence dus à l’insécurité généralisée que connait le pays.

Même si Jovenel Moïse reste accroché au pouvoir, il lui sera amplement difficile de réaliser les prochaines élections. Ainsi, le chaos est inévitable, si rien n’est fait, dès aujourd’hui.

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker