« La démocratie est en danger en Haïti », écrit #NouKonsyan à Antonio Guterres

(TripFoumi Enfo) – Dans une lettre datant du 14 février 2021, #NouKonsyan a écrit au Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, pour attirer son attention sur l’état de la dégradation du processus démocratique en Haïti. D’après cette structure de Petrochallenger, « la démocratie est en danger » dans le pays.

Lisons intégralement la correspondance de #NouKonsyan

Monsieur António GUTERRES,
Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies (ONU).
En ses bureaux. –


Ajoute nou sou Telegran pou pa rate oken scoop :https://t.me/TripFoumi!

Objet : La Démocratie est en danger en Haïti.

Monsieur le Secrétaire Général,

noukonsyan est un regroupement de jeunes intellectuels issus du mouvement Petrochallengers. Son objectif est de lutter contre la mauvaise gouvernance, la corruption, l’injustice sociale, l’insécurité et de promouvoir le développement intégré et durable en Haïti. Ce 14 février (Fête de Saint-Valentin), #noukonsyan, au nom de la jeunesse haïtienne et au nom du peuple haïtien, vous présente ses compliments et s’empresse de vous adresser cette lettre pour vous faire comprendre que la démocratie est en danger en Haïti.

In limine litis, Monsieur le Secrétaire Général, après tant de dérives, le mandat du Président Jovenel Moise a pris fin le 7 février 2021, en vertu de l’article 134-2 de la Constitution en vigueur et celui de l’article 239 du décret électoral de 2015 : « Le mandat présidentiel de Jovenel MOISE est sensé avoir commencé le 7 février 2016, année de l’élection qui l’a conduit à la tête de l’Etat ».
Donc, après le 7 février 2021, une transition s’impose, car l’équipe au pouvoir était dans l’incapacité de créer, durant tout son mandat, les conditions propices à la réalisation de bonnes élections.

Monsieur le Secrétaire Général, jamais Haïti, membre Fondateur des Nations Unies, n’a connu de moments aussi difficiles. Notre Cher Pays s’enlise dans une situation de non droit où les autorités étatiques, les bandits et la criminalité se confondent. Les libertés publiques sont systématiquement bâillonnées. Tous les signaux sont au rouge: absence de volonté politique au niveau de l’Etat, pas de paix, pas de stabilité, pas de progrès social et de développement économique. Le système dans tous ses compartiments ne répond pas. Voulant sortir de ce bourbier, le peuple haïtien se livre dans un combat qui s’inscrit dans la logique d’un renouveau, afin de régler définitivement les handicaps de tout ordre, qui entravent la route vers le changement.

Il est donc indiscutable qu’une nouvelle République s’impose. La population s’engage donc, plus que jamais, dans une démarche qui doit amener les forces vives de la Nation à s’asseoir dans une Conférence Nationale Haïtienne, pour pouvoir poser les vrais problèmes et de ces discussions devront sortir un nouveau projet de société porteur d’espoir. Loin d’encourager le pays dans cette voie, Madame Lalime se pose en véritable obstacle à tout effort de changement. Pourtant, la mission du BINUH devrait en effet intervenir dans le cadre du mandat que lui confie le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Ce mandat donne deux tâches principales : 1) Conseiller le gouvernement d’Haïti pour promouvoir et renforcer la stabilité politique et la bonne gouvernance, 2) Préserver et favoriser un environnement pacifique et stable. #noukonsyan estime que, depuis l’arrivée de l’ancien Président Jovenel Moise au pouvoir, la question de la paix, de la bonne gouvernance et de la stabilité politique est totalement bannie en Haïti.

Depuis l’accession de l’ancien Président Jovenel MOISE au pouvoir, le pays a connu au moins cinq (5) soulèvements populaires contre le Chef de l’Etat. Ces soulèvements sont dûs à sa gouvernance catastrophique érigée sur la corruption et caractérisée par la violation systématique des droits humains. Au cours de ces mobilisations populaires contre le pouvoir, la population haïtienne dans son ensemble, toutes couches sociales confondues, a réclamé la démission sans condition du Président Jovenel Moise pour les raisons suivantes : l’implication du Président dans des actes de corruption, tels la dilapidation des fonds PetroCaribe selon les rapports de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, le détournement des fonds publics à travers ses Entreprises fictives (AGRITRANS, COPHENER, BRETEX et SOFIDAI), l’implication de l’épouse du Président, Martine Moise, dans une vaste entreprise de corruption relative à un contrat léonin, entaché d’illégalité, avec la firme allemande DERMALOG ; la gangstérisassion du pays par les autorités de l’état, la participation du Président dans les massacres de La Saline (la nuit du 13 au 14 novembre 2018), de Carrefour-Feuilles (24 avril 2019) et de Bel Air (du 4 au 8 novembre 2019). Ces massacres auxquels sont impliqués, selon les Nations Unies et la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), des hauts responsables de l’Etat et proches de Jovenel MOISE, sont aussi reconnus par les Nations Unies comme des crimes d’Etat. Ils ont coûté la vie à des centaines de civils dont des femmes et des enfants. Réf : Rapport de la MINUJUSTE et celui du HCDH sur les violences à La Saline les 13 et 14 novembre 2019. Le Président Jovenel MOISE a organisé la prolifération et la fédération des gangs armés pour terroriser la population et éliminer ses adversaires politiques. C’est la gangstérisation du pays par l’Etat. Il suffit pour vous en convaincre, de bien vouloir vous référer aux témoignages de Pierre ESPERANCE (RNDDH) à la Chambre des Représentants du Congrès américain en date du 10 décembre 2019, au rapport du RNDDH sur le massacre de la Saline daté du 1er décembre 2018, à des rapports produits par d’autres Organisations de droits humains tel le CARDH, dont les références sont indiquées à l’annexe ; enfin, à la lettre de dénonciation du massacre d’Etat de la Saline, signée de 104 Congressmen et Congresswomen américains, le 20 mars 2019. Le Président Jovenel MOISE a en outre institué un climat de violence à travers toute la République. En effet, au cours des différentes manifestations de rue pour réclamer sa démission, le Président Jovenel Moise a ordonné une répression sauvage sur de paisibles citoyens qui ne faisaient que défendre pacifiquement leurs droits inaliénables. Il est y dénombré des centaines de manifestants assassinés, des milliers de blessés et estropiés par balles et des personnes arrêtées illégalement écrouées en prison jusqu’à date sans comparaitre par devant leur juge naturel. Elles n’ont même pas droit aux visites de leurs proches. Il importe de rappeler ces trois faits saillants :
a) Madame Suzane D. PAGE, prédécesseur de Madame LALIME, a été déclarée Persona non grata par l’ancien président Jovenel MOISE, pour sa position officielle de la lutte contre la corruption, véritable cheval de bataille des Nations Unies. En témoigne la Convention des Nations Unies contre la corruption adoptée le 31 octobre  ;
b) Le 3 avril 2019 le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les droits de l’homme, Madame Michelle BACHELET, tirait la sonnette d’alarme sur la gravité de la situation des droits de l’homme en Haïti, notamment les groupés (gangs) armés alimentés par l’Etat ; c) Dans un rapport adressé au Conseil de Sécurité le 9 mai, rendu public le 17 juillet 2019, le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur António GUTERRES, « s’est dit alarmé » par les découvertes des enquêteurs sur le massacre survenu dans le quartier de La Saline et par le déficit d’action en justice contre les accusés dans le cadre de cette tuerie. Il concluait pour crier que « justice doit être faite » C’est dans ce bourbier de la chose publique haïtienne que votre Représentante, Madame Helen LALIME, depuis son arrivée au pays, s’est enfoncée tête baissée, sans recul aucun, de manière intéressée, faisant fi de tous les principes, normes et règles, notamment la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et la Charte des Nations Unies. Quand elle n’en est pas toujours l’initiatrice ou l’inspiratrice, Madame Helen LALIME participe ouvertement dans tous les plans funestes et macabres mijotés par Jovenel MOISE pour donner des coups fourrés au peuple haïtien, aux Institutions Républicaines du Pays et à la démocratie naissante haïtienne :
-Supporté par Madame Helen LALIME dans l’objectif de faire main basse sur la Justice, Jovenel MOISE refuse de renouveler le mandat de tous les Juges qui se distancient de son pouvoir, à la recherche de leur indépendance;

  • Jovenel MOISE, autocrate et dictateur avéré, sous l’œil protecteur de Madame LALIME a, en bon manœuvrier politique, rendu le Parlement haïtien dysfonctionnel pour être le seul maitre du village;
  • Sur approbation de la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies, l’ancien Président MOISE a annulé l’ancienne Carte électorale pour en fabriquer une autre, de toute pièce, dans un processus émaillé de corruption et de controverses en vue d’organiser des mascarades ou farces électorales qu’il s’apprête à réaliser de toute façon pour se pérenniser au pouvoir;
  • L’ancien Président Jovenel MOISE a déstabilisé et affaibli la Police Nationale d’Haïti au profit des groupes armés pour terrasser ses adversaires politiques et agir comme bon lui semble ;
    -Manœuvre hors normes désespérée de l’ancien Président Jovenel MOISE pour changer la Constitution haïtienne en vigueur afin de se rendre rééligible autant que faire se peut, ou prolonger son mandat constitutionnel, violant par ainsi les principes fondamentaux de l’Etat de Droit et du Droit international.

Pour y arriver, aidé de Madame Helen LALIME, il a conçu le plan de corrompre des intellectuels qui s’évertueront à défendre cette aberration. Pour comble de tout, à la grande surprise des haïtiens et haïtiennes, ce 16 juin dernier, quarante-huit heures suivies de la déclaration de la BINUH publiée dans Le NOUVELLISTE sur insertion demandée relative à des élucubrations abracadabrantes pour une nouvelle Constitution en Haïti ; sur les ondes de la Radio Magik FM (100.9), Jovenel MOISE, à travers son porte-parole, a fait une sortie fracassante pour annoncer son intention de former une Assemblée Constituante. Le voile est définitivement levé. L’ancien Président Jovenel MOISE agit sous la dictée de Madame Helen LALIME qui s’octroie le droit de décider de la nécessité d’un changement de Constitution en Haïti. Par cette incursion brutale dans les affaires internes d’Haïti, Madame Helen LALIME commet une violation flagrante du principe du droit à l’autodétermination des peuples, lequel principe est universellement consacré dans le paragraphe 2 de l’article premier et le paragraphe 7 de l’article 2 de la Charte des Nations Unies. Elle se comporte comme un colon dans une Haïti première République noire du monde libre. Somme toute, Madame Helen LALIME s’est révélée une raciste. Elle a fait preuve de sa haine viscérale contre les noirs. Son silence absolu sur les innombrables violations de droits humains et sur les massacres réalisés par l’ancien Président Jovenel MOISE sur des pauvres hères, des laissés pour contre et des déshérités du sort en dit long. Au lieu de travailler à promouvoir la paix dans le pays, elle contribue plutôt à raviver les tensions entre le sanguinaire Jovenel MOISE et la population. Elle milite à déchirer davantage le tissu social haïtien. Elle est entrain de conduire le pays dans un précipice susceptible de générer un nouveau Rwanda en Haïti, sous l’œil complice de la Communauté internationale.

De tels agissements sont indignes d’une représentante du Secrétaire Général des Nations Unies. Les comportements de Madame LALIME sont à l’antipode des buts pour lesquels les Nations Unies ont été créées. Ils déshonorent l’image des Nations Unies dans le monde et en Haïti. Ils sont inscrits dans une démarche raciste de deshumanisation du peuple haïtien. Monsieur le Secrétaire Général, par ses comportements infamants et ignominieux, votre Représentante en Haïti, cheffe du BINUH, Madame Helen LALIME est entrain de flétrir votre honneur et la réputation des Nations Unies qui se donnent pour objectifs d’œuvrer pour la paix, le progrès social et le développement économique des peuples. N’est-il pas opportun, que les Nations Unies fassent une auto-évaluation effective des différentes missions déployées en Haïti depuis tantôt 20 années, afin de se faire une idée des résultats obtenus par rapport aux objectifs fixés ? Espérant que ces faits vous inspireront telles décisions pour redorer les blasons des Nations Unies en Haïti déjà vilipendées par votre Représentante, Madame Helen LALIME, les signataires de la présente saisissent cette occasion pour vous renouveler, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de leurs hautes considérations.

A ce sujet, #noukonsyan tient à vous rappeler que Jovenel Moise a établi dans le pays un régime de terreur en fédérant des gangs armés appelés G9, responsables de divers massacres dont ceux de La Saline et de Bel Air, suivant les rapports des organisations de droits humains en Haïti et de l’ONU. Ces gangs armés sont autorisés à fonctionner sous la haute protection du Pouvoir exécutif. N’en êtes-vous pas au courant ? Qu’avez-vous fait pour manifester ce souci du respect des droits humains ? Vous n’êtes pas non plus sans savoir que le gang G9 et alliés est dirigé par un certain Jimy CHERISIER recherché par la Police Nationale, et qui a été à la tête d’une démonstration de bandits armés sous forme de manifestation organisée en appui à Jovenel MOISE, sous la protection de la Police Nationale. Pourtant, cette même Police Nationale disperse et réprime à balles réelles tout groupe de manifestants de dix personnes qui s’apprêtent à investir les rues pour exprimer leurs revendications légitimes et légales contre l’insécurité généralisée qui sévit dans le pays et quant à la fin du mandat de Jovenel MOISE. Qu’a fait le BINUH de Madame LALIME pour aider la justice haïtienne affaiblie par Jovenel Moise à mettre la main au collet de ces deux (2) Officiels du Gouvernement : Fedenel Monchery et Pierre Richard Duplan indexés dans un rapport de l’ONU comme étant les responsables du massacre de La Saline, lesquels se baladent librement dans la ville et n’ont jamais été inquiétés ? Le pire, le samedi 13 février 2021, Fedenel Monchery est arrêté par la Police Nationale dans un contrôle de routine, il est relâché tout de suite après alors qu’il est mis en cause par un rapport de l’ONU qui a été présenté au Conseil de Sécurité à New-York.

D’ailleurs depuis le 20 janvier 2020, par le renvoi du Parlement, il est le seul maitre à bord en déclarant qu’ « après Dieu, il est le seul chef en Haïti.». Toutes les Institutions de la République sont placées sous sa férule. Il a même tenté de mettre la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif sous sa coupe réglée par un décret qui enlève à la Cour tout pouvoir de contrôle des dépenses de l’Etat ; ce contrairement aux prescrits constitutionnels. En outre, les mandats de tous les juges qui traitent des dossiers, dont ceux des massacres dans lesquels sont impliqués les officiels du pouvoir ne sont pas renouvelés en dépit des avis favorables et recommandations du Conseil Supérieur de Pouvoir Judiciaire.

noukonsyan se pose la question de savoir pourquoi Madame Helen LALIME n’a jamais pris position contre les décrets liberticides de Jovenel MOISE ? Parait-il qu’elle trouve normale qu’un ancien président de la République s’arroge le droit d’initier un changement de la Constitution avec une commission de cinq (5) personnes prélevées de son entourage immédiat sans consultation avec les forces vives de la nation. Pour ce faire, Jovenel MOISE a nommé en violation de la Constitution un Conseil électoral illégal auquel il confère mandat d’organiser un referendum constitutionnel. Ce Conseil électoral est rejeté par la Cour de Cassation qui n’a pas accepté la prestation de serment de leurs membres en raison de son inconstitutionnalité.

En guise de conclusion, pour ce qui a trait à la fin du mandat de Jovenel MOISE ce 7 février 2021, il importe de rappeler au Secrétaire Général de l’OEA que toutes les forces vives de la Société haïtienne : Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judicaire (CSPJ), la Fédération des Barreaux d’Haïti (FBH), la Conférence Episcopale d’Haïti (CEH), les Eglises protestantes d’Haïti appelés Cultes réformés, les Organisations des droits humains et socioprofessionnelles, les Universités pour ne citer que ceux-là, ont tous, après avoir analysé l’article 134-2 de la Constitution haïtienne, reconnu et déclaré que le mandat de l’ex-Président Jovenel MOISE est effectivement arrivé à terme ce 7 février 2021.

Enfin, Monsieur António GUTERRES, la Démocratie est en danger en Haïti, car l’ex-président Jovenel MOISE est en train d’instaurer dans le pays une dictature sanguinaire qui se révélera pire que celle que nous avons connue dans le passé. Les derniers actes posés par Jovenel Moise de janvier 2020, en passant par l’arrestation d’un juge de la Cour de Cassation sous prétexte d’un soi-disant coup d’Etat fomenté, la mise à la retraite de trois (3) juges de la Cour de Cassation, jusqu’au refus d’exécuter la décision de Justice ordonnant la libération du Juge Irvikel DABREZIL, témoignent de l’instauration d’un régime dictatorial en Haïti, et la nomination de trois (3) autres juges à la Cour de Cassation par arrêté présidentiel; le tout en violation flagrante de la Constitution et des lois de la République.

Espérant que cette lettre vous inspire telles décisions pour redorer les blasons des Nations Unies en Haïti déjà vilipendées par votre Représentante, Madame Helen LALIME, #noukonsyan saisisse cette occasion pour vous renouveler, Monsieur le Secrétaire Général, l’expression de ses hautes considérations.

Pour #noukonsyan :

Pilate, VOLTAIRE Ernst, VILSAINT
Economiste, Membre Psychologue-pharmacien, Membre

Ebens, CADET
Professeur-sociologue, Membre

Makenson, JEAN BAPTISTE Jeanty, MANIS
Historien-Geographe, Membre Professeur-juriste, Membre

Adblock Detected

Please consider supporting us by disabling your ad blocker