Ce qu’il faut retenir de la journée du 28 février

(TriFoumi Enfo) – À l’invitation du secteur protestant et plusieurs organisations de la société civile, une grande marche pacifique s’est tenue ce dimanche 28 février 2021 à Port-au-Prince, mais aussi dans quelques autres villes du pays pour dénoncer le kidnapping, l’insécurité et la velléité du Président contesté Jovenel Moïse d’instaurer son projet dictatorial. Encore une fois, le peuple a dit son mot.

Ce dimanche 28 février, la population haïtienne a réalisé une démonstration de force en foulant le macadam pour dire non au kidnapping, l’insécurité et toute forme d’action visant à anéantir le droit à la vie et au bien-être collectif. C’était aussi l’occasion pour les manifestants d’exprimer leur refus face aux manœuvres du pouvoir en place qui tente par tous les moyens d’implémenter les jalons d’une dictature. Malgré la fin constitutionnelle de son quinquennat, Jovenel Moïse s’accroche au pouvoir et joue aux malins.


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Pasteurs, fidèles, avocats, leaders politiques, journalistes, artistes, entrepreneurs et toutes les couches du tissu social se sont donnés rendez-vous sur le béton en ce dernier dimanche du mois de février. Sur tout le parcours, on pouvait lire le ras-le-bol, le désarroi et la colère sur le visage des protestataires. De Champs-de-Mars à Canapé-vert en passant par Nazon, Delmas, Bourdon, les voix scandaient incessamment à l’unisson les airs des chansons au caractère révolutionnaire. « Nou pap renouvle kontra PHTK ankò, Jounalis yo pap janm gang, respekte konstitisyon 87 », tel a été la toile de fond des messages lancés par cette foule indénombrable.

La communauté internationale, fidèle et infatigable appui du régime en place était aussi dans le viseur de la manifestation. La cheffe du Bureau Intégré des Nations-Unies en Haïti, Helen Meagher La Lime, n’a pas été épargnée. La représentante de l’ONU en Haïti, dans son rapport soumis au Conseil de Sécurité des Nations-Unies, a minimisé les chiffres sur la quantité de manifestants présents dans les rues contre le pouvoir lors de la dernière manifestation de l’opposition politique. Elle a attesté que ces chiffres ne dépassaient pas trois mille personnes. Et en guise de réponse, les contestataires n’ont pas mâché leurs mots. « Madan Lalim pa konn konte, please repeat after me Lalim 1,2,3,4,5 », criait la foule.

Le facteur x

Cette marche s’est déroulée pacifiquement, sans dérapage, sans aucune casse. Pour certains observateurs, cela est dû grâce au comportement bon enfant des agents de la PNH qui ont été souvent accusés d’être à la base des violences perpétrées pendant les mouvements populaires, en lançant aveuglément des tonnes de gaz lacrymogène à tort et à travers. Ce dimanche 28 février, on a pu constater que les policiers assurant la sécurité de la marche ont eu la sympathie des manifestants. Des gerbes de fleurs ont été offertes par des protestataires à plusieurs agents des unités spécialisées de la PNH. Un vrai geste d’amour, de convivialité, d’unité et de fraternité qui valorise considérablement la légende « L’UNION FAIT LA FORCE » inscrite sur l’emblème d’Haïti.

Le tweet agaçant de Jovenel Moïse

Dans la soirée du dimanche, Jovenel Moïse, depuis son compte Twitter, a publié un message dans le but de se sympathiser aux victimes d’un accident. En effet, l’un des chars sonores qui assurait l’animation tout au long du parcours s’est renversé à proximité de la place du Canapé-vert. Plusieurs personnes en sont sorties blessées, parmi elles des journalistes.

« J’ai été informé de l’accident d’un char qui animait la marche de ce 28 février. Des victimes parmi les participants ont été recensées. Je déplore ce drame et présente mes sympathies à leurs proches. Je me tiens aux côtés des Haïtiens, dans les bons comme dans les mauvais moments. », a déclaré M. Moïse.

Pour plus d’un, ce tweet de Jovenel Moïse confirme son caractère cynique et malhonnête. Certains citoyens qualifient de provocatrice et agaçante l’attitude de M. Moïse et estiment qu’il aurait pu faire mieux de se taire, comme ça été le cas sur plusieurs autres faits saillants, notamment l’assassinat en début de journée du Dr Ernst Paddy lors d’une tentative d’enlèvement à Chemins des Dalles. Les réactions des internautes à propos de ce tweet, confirment davantage le le rejet de Jovenel Moïse par ce peuple, fatigué de son cadre de vie misérable. Pour eux, Jovenel Moïse n’est qu’un simple et minuscule petit chef.⁩

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