La diaspora haïtienne de France encore sur les quais

(TripFoumi Enfo) – Alors que la diaspora haïtienne du monde entier, notamment celles du Canada et des USA, font le relais des revendications et de la lutte du peuple haïtien contre la dictature Moïse/PHTK, en France, les dirigeants associatifs et « leaders » se cramponnent, sans vergogne, dans une indifférence à la fois complice, délétère et honteuse.

Voilà que depuis plus de deux ans le peuple haïtien se mobilise contre la corruption, l’insécurité, la précarité et l’injustice sociale. Les différentes mobilisations se soldent par des morts, des arrestations arbitraires, des assassinats d’opposants politiques et des massacres sur la population pauvre et civile des quartiers populaires. Le pouvoir anticonstitutionnel en place ne veut pas entendre raison car, il se maintient au pouvoir malgré la fin de son mandat le 7 février 2021. Il installe une dictature, choisit de gangstériser les bidonvilles pour semer la terreur au sein de la population. Ainsi, se dessine à l’horizon un génocide. Oui, vous avez bien lu, UN GENOCIDE.
Comment comprendre le silence des « leaders » associatifs de France ?

Un élément fondamental permet de saisir ce mutisme coupable. Il faut comprendre que ces « leaders » ont la double nationalité (ce qui n’est pas un problème en soi) et voient, d’une part, dans le changement de la Constitution promis par le PHTK, la possibilité d’occuper, désormais, les hautes fonctions de la chancellerie haïtienne. Et d’autre part, ce serait une aubaine pour ceux et celles qui souhaitent être candidat.es en Haïti. Ils se taisent donc pour des intérêts mesquins.


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Evidemment, la question du changement de la Constitution est posée depuis quelque temps et presque tous les acteurs politiques sont d’accord pour l’intégration totale de la diaspora haïtienne. Mais, cela doit se faire suivant les normes et le respect de la constitution et non pas, par un seul homme, Jovenel Moïse, dont le mandat a pris fin le 07 février dernier.

En effet, Jovenel Moise propose à la population un référendum pour changer la Constitution alors qu’il est écrit noir sur blanc dans l’article 284-3 : « Toute consultation populaire tendant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ». Comment des gens peuvent-ils suivre la logique d’une telle violation de la Constitution ?

Et comment peut-on encore continuer à défendre ses intérêts mesquins au mépris d’assassinats de juges, d’étudiants, d’opposants politiques, d’arrestations arbitraires, d’insécurité, des actes de kidnapping et des massacres d’Etat ?

N’est-il pas plus important de penser au peuple haïtien plutôt qu’à vos intérêts mesquins et vous ranger du côté des assassins Jovenel Moise/PHTK ? La diaspora aura sa place bien-sûr dans une Haïti sans massacres, sans kidnapping ni violation de la constitution. Vous acceptez, comme Duvalier l’a fait, que les assassins Jovenel Moise/PHTK nous impose un référendum interdit par la constitution ? Vous aussi, vous agissez au mépris de la constitution haïtienne ?

Franchement vous valez mieux que ça chers compatriotes, ressaisissez-vous, il n’est toujours pas trop tard pour dire non à l’inacceptable. Avez-vous déjà entendu un audio d’une maman gémissant, suppliant tous les dieux pour faire revenir une fille, un fils, un mari ? Une femme ? N’entendez-vous pas ces gémissements quotidiens ? Elevez votre voix pour dire non à ce gouvernement de facto, symbole de tous ces crimes. Votre indifférence est synonyme de complicité criminelle et cela, l’Histoire ne vous le pardonnera pas.

Il est temps de vous ranger du côté du peuple haïtien. De monter à bord de la démocratie et de l’humanisme en s’opposant au PHTK et à tout ce dont il est le nom. C’est-à-dire le trafic de stupéfiant, la corruption, le mensonge, le sexisme à outrance, la médiocrité, la violence… enfin la négation du vivre ensemble.

Meza Jeanty
Sitwayen angaje

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