Devrait-on accepter n’importe quelle constitution, juste parce qu’on voulait une nouvelle ?

(TripFoumi Enfo) L’adoption d’une nouvelle constitution est l’affaire de tout le peuple haïtien qui souhaite redynamiser les relations entre les pouvoirs de l’État ; le problème architectural de l’administration publique, sa carence en performance conduisent à l’acceptation d’un changement de constitution. Toutefois, devrait-on laisser un mal pour embrasser un plus mal ? La grande question.

La constitution haïtienne de 1987 coupe le pont à la dictature qui constituait le régime d’affront à nos droits et libertés. Elle nous a enfanté la démocratie que nous regardons grandir avec peine. Ce qui est expliqué par la faiblesse de nos institutions. Cependant, est-ce qu’on peut s’adhérer à une constitution qui peut nous enterrer davantage ?

N’en déplaise à cette majorité qui veut voir naître une nouvelle constitution, je dois dire que celle là n’est pas le véritable problème du pays. On a tendance à imputer la pleine responsabilité de la défaillance de l’État à la loi-mère en vigueur. Ce qui est totalement faux. D’abord, elle n’est que livre régulateur des rapports interinstitutionnels. Ensuite, elle n’a jamais été appliquée dans toute son intégralité.


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Appuyant sur cette volonté manifeste, clairement constatée aux côtés des citoyens, Jovenel Moïse décide, sans entente nationale, sans l’aval des autres pouvoirs de l’État : Parlement dysfonctionnel et Justice mise à part, de changer la constitution.

Devrait-on le lui laisser faire ?

Dans la constitution de Jovenel Moïse, le culte de la personnalité n’est pas interdit. C’est un retour à l’ère des Duvalier où un quelconque président pourra mettre son nom et sa photo sur des effigies, des monnaies et des bâtiments des institutions publiques.

Il est aussi dans cette même constitution que le président ne pourra pas être poursuivi pour des actes commis dans l’exercice de sa fonction. Ce qui enlève les charges du président vis-à-vis de la dépense des fonds de l’État.

Elle renferme aussi une disposition selon laquelle les ministres qui contresignes auront à être responsables de tout acte posé par le président. Ainsi, ce sera un « bébé monstre ».

Par rapport à ces points cruciaux, considérant également ceux non cités, qui démontrent clairement la volonté de Moïse de renforcer le pouvoir de la présidence au mépris des autres pouvoirs, il convient de demander : »est-ce vraiment cette constitution que mérite Haïti après avoir mis en déroute la dictature ? ».

Une constitution qui favorisera davantage le corruption et qui fera du président de la République un intouchable.

Devrait-on accepter n’importe quelle constitution, juste parce qu’on voulait une nouvelle ?

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