Pourquoi Martine Moïse n’est pas encore entendue par la justice haïtienne ?

(TripFoumi Enfo) Dans la matinée du mercredi 7 juillet 2021, une nouvelle a parcouru Haïti et l’a agitée d’un trait. Quoi ? Le président Jovenel Moïse a été assassiné. Où ? En sa résidence privée à Pèlerin 5 par un commando, composé d’étrangers, selon les premiers éléments d’information. Quant à sa femme, Martine, elle a été blessée et par conséquent, a été transportée d’urgence à un hôpital de la place pour être soignée, après quoi, pour s’envoler pour les États-Unis, toujours pour recevoir des soins appropriés.

Quelques heures après l’exécution brutale du 58ème président, deux (2) Américains d’origine haïtienne et une quinzaine de Colombiens ont été arrêtés et 3 autres tués au cours des opérations policières dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, selon le Directeur a.i de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Léon Charles. Ces présumés assassins ont été désignés sous les noms de mercenaires dans la presse locale et internationale.

Le Commissaire du Gouvernement de la capitale, Bed-Ford Claude s’est empressé d’inviter des éléments clefs au sein de l’équipe de sécurité du défunt. Parmi eux, Jean Laguel Civil et Dimitri Hérard. Par ailleurs, d’autres personnalités du monde politique haïtien, notamment des opposants au régime en place, ont été dans le viseur de Me Claude, alors que jusqu’ici, Martine Moïse, qui était dans les bras de son époux au moment de l’acte, n’est l’objet d’aucune invitation judiciaire.


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Ainsi, Magnekel Regulus,Vice-président à la Jeunesse, à l’organisation et Porte-parole LÒD DEMOKRATIK, estime que l’enquête initiée par la justice haïtienne par le biais du Commissaire du Gouvernement est une mascarade. » D’abord, pour réaliser une enquête criminelle, il faut réunir des éléments matériels du crime, puis écouter les présumés exécutants ensuite les présumés auteurs intellectuels et pourtant tel n’est pas le cas en ce qui a trait à l’assassinat du Président Jovenel Moïse », déclare l’homme de loi, entrevoyant déjà l’échec cuissant de ce dossier.

Et de poursuivre : « si la justice avait décidé de mener une vraie enquête, elle aurait dû entendre Martine Moïse, car cette dernière a assisté au meurtre, donc a été à la fois témoin occulaire et auriculaire ». Plus loin, il affirme que le dossier passe trop de temps devant le C.G en raison du fait que celui-ci, comme chef de la poursuite, aurait dû déjà envoyer l’affaire devant un juge d’instruction pour les suites nécessaires.

Ce n’est pas Slovens Saint-Michel qui dira le contraire. « Martine Moïse devrait être la première personne à être entendue par la justice, d’une part, en tant que victime, d’autre part, comme témoin privilegié de ce qui s’est passé dans la nuit de ce 7 juillet », tranche l’étudiant finissant en Droit à l’Université d’État d’Haïti (UEH). Selon lui, il y a une autre raison pour laquelle l’ancienne première dame mérite d’être auditionnée : son éloge funèbre au cours des funérailles de son mari est accusateur.

« La veuve, après plus de 15 jours, n’est pas encore dans le viseur de Me Bed-Ford parce que ce dernier ne veut pas respecter, pour une raison ou pour une autre, les éléments techniques en matière d’enquête », comprend celui qui est actuellement étudiant en Communication Sociale à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). « Vous ne vous demandez jamais pourquoi ce sont les opposants politiques qui constituent les cibles du chef de la poursuite, alors que Gabriel Fortuné a fait des révélations fracassantes mais n’est pas encore entendu? » s’interroge-t-il.

Au cours de l’attaque contre le couple présidentiel, Martine Moïse, selon les informations, avait reçu 3 projectiles, alors que son mari, 12 et est décédé sur le champ. 10 jours après, Martine était de retour au pays pour assister aux funérailles de son mari au cours desquelles elle a prononcé un discours avec une voix ferme et un ton polémique. Après son éloge funèbre, certains l’estimaient courageuse. Par contre, d’autres doutaient d’elle dans le meurtre de son mari.

A la surprise presque générale, l’ancienne première dame a declaré qu’elle nourrit pour le moment l’ambition de se porter candidate à la prochaine élection présidentielle, en vue de poursuivre les rêves de celui qu’elle appelait « Jojo » par amour. Donc, la bataille électorale s’annonce déjà puisque certains aspirants à la magistrature de l’État sont déjà connus, et les yeux des observateurs sont donc braqués sur les joutes. Les intérêts suprêmes d’Haïti occupent-ils la première place dans tout ce combat ? Force est d’attendre. Mais, la grande question est celle que voici : Pourquoi Martine Moïse peine à être entendue par la justice haïtienne ?

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