Des Jeunes d’horizons divers, livrés à eux mêmes

(TripFoumi Enfo) – Depuis un certain temps, les coins des rues de la capitale haïtienne deviennent des chantiers de survie pour un bon nombre de jeunes. Force est de constater la création de petites stations de lavages de voitures qui  commencent à prendre forme sérieusement. C’est désormais une activité lucrative à laquelle s’adonne plusieurs jeunes pour faire face au chômage et à leur situation précaire.

Face à l’augmentation vertigineuse du taux de chômage, nombreux sont des paysans arrivés dans le centre de la vie politique, économique et sociale du pays et qui sont obligés d’y bosser pour gagner leur vie.

Il est 7h du matin, Wilson ISMA est déjà sur son lieu de travail, il est allé se changer. Nous sommes à Juvenat, dans la commune de Pétion-Ville . De retour, il est assis sur une chaise avec un morceau de tissus complètement usé à la main, vêtu d’un t-shirt noir et d’un pantalon marron délavé, ce vingtenaire est nettoyeur de véhicules dans ce car wash depuis deux mois déjà. 

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« Je dois arriver ici tous les jours à 7h pile pour ne pas avoir de problème avec le patron car c’est lui le chef », nous confie-t-il. 

Si Port-au-Prince est une ville de grandes opportunités pour certains jeunes voulant réussir ou devenir des professionnels dans un métier quelconque, pour d’autres c’est tout un autre cas de figure.
La plupart, sans famille, sans un toit, livrés à eux mêmes se livrent à toutes sortes de petites activités.

« Je suis rentré à Port-au-Prince en 2016, après la mort de ma mère, dans l’espoir de trouver une vie meilleure, vu que mon père, mes frères et soeurs y vivaient déjà, fait-il savoir.
Je croyais qu’une fois arrivé, ils allaient m’envoyer à l’école, mais non, ils n’arrêtaient pas de me faire croire qu’ils vont m’aider, jusqu’ici rien n’est fait, ajoute-t-il.

Par rapport à sa situation, le coût de la vie élevé, manque de moyen financier, Wilson était obligé de mettre sur pied une petite activité commerciale informelle « Vente de Bega » bien avant son nouveau travail dans le car wash pour gagner sa vie. Aujourd’hui plus que jamais, il caresse bien d’autres projets.

« Avant je faisais un peu de maçon, mais aujourd’hui j’aimerais devenir conducteur d’engins lourds . » précise-t-il

Si certains jeunes se contentent d’un simple petit boulot, ce n’est pas le cas pour ce jeune Jérémien qui désire plus que toute autre chose, aller à l’école pour la toute première fois de sa vie, comme d’autres jeunes de son âge. 

« Je suis tout excité à l’idée d’apprendre à lire et à écrire, cela me rendra très heureux. Ainsi, je pourrais atteindre chacun de mes objectifs et réaliser mes rêves les plus chers. Toutefois le peu d’argent qu’il gagne au travail l’aide à survivre » informe-t-il.

Si Wilson caresse d’autres projets à long terme après le car wash, c’est tout à fait le contraire pour ce jeune provincial de 27 ans qui gagne son pain quotidien et le coût de son logement grace au car wash, il y travaille depuis décembre 2020.

Mikenson Jacques souligne qu’il était dans la sonorisation quand il était à Cavaillon.

» Je travaillais dans le milieu musical avec des jeunes artistes en tant que sonorisateur, lorsque je suis arrivé à Port-au-Prince, ce n’était pas la grande forme, vu que j’étais désormais un chômeur, ma situation a changé » nous explique Mikenson.

Pour lui, la vie n’est pas toujours en rose mais il ne peut pas rêver mieux. Obligé de faire son boulot tous les jours, il n’est pas prêt à faire autre chose. 

« Je me sens épanoui dans ce travail, par jour on lave 10 véhicules et à la rigueur 20 motocyclettes et moi personnellement je ne peux pas me plaindre, je réponds à mes exigences, j’adore ce que je fais », nous confie le jeune cavaillonnais.

On vit dans un pays où la majeure partie de la population est très jeune mais sans emploi. Ils ne souhaitent qu’à emprunter le chemin de l’école et intégrer le monde professionnel afin de s’orienter vers un avenir plus radieux.

D’autres jeunes, à défaut d’une once d’espoir, croient mordicus que leurs avenirs se trouvent en terres étrangères…
Voilà pourquoi tant de jeunes s’embarquent pour la république Dominicaine, le Chili, le Brésil, les Bahamas entre autres à la conquête d’une vie meilleure.

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