Que veut dire être politicien en Haïti ?

(TripFoumi Enfo) – Le titre politicien en Haïti est le titre le plus facile à se donner, le plus flou, le plus galvaudé de tous. En effet, il échappe à toute rigueur et exigence professionnelles. Bref, il est la profession de tous sans professions et des ratés qui cherchent aveuglement un couloir de réussite personnelle au détriment de la collectivité. Pas d’éthique et de responsabilité, tout ça est la résultante d’une éducation boiteuse et des pratiques politiques commerciales, dépourvues d’idéologies fortes.

Normalement, le terme politicien n’est pas exclusif en démocratie. Le droit de militer et de positionner en fonction de son idéologie politique, est légitime. Toutefois, l’éducation reste un pilier important en toute démocratie. C’est pourquoi, l’État devrait garantir une éducation de qualité pour tous. C’est-à-dire, l’homme politique ou le politicien doit être bien éduqué. Par contre, Haïti est loin d’être un État démocratique puisque les principes inhérents à ce régime ne sont jamais respectés. De ce fait, ces hommes et femmes qui se font appeler politiciens.ennes sont en déficits d’éducation et de formation politique. Ils sont pour la plupart des profanes et des ignorants en la matière.

En effet, l’homme politique doit avoir une éthique de responsabilité, si on se réfère à la conception de Max Weber dans « le savant et le politique ». Il devrait être également un homme d’action qui, dans des conjonctures singulières, peut choisir en fonction des valeurs fondamentales et introduit dans le réseau du déterminisme des faits nouveaux. Avant toute action posée, l’homme politique ou du moins le politicien devrait avoir la capacité d’isoler les éléments imprévisibles. Il doit avoir la compétence pour analyser les rapports de cause à effet, de prévoir ou d’anticiper les problèmes politiques, ce sont en quelques sortes les qualités d’un politicien authentique.

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Par contre, l’incompétence et l’ignorance sont souvent les éléments caractéristiques d’un politicien en Haïti. Il ne fait pas de la politique avec l’objectif de servir la société, mais plutôt pour vider le trésor public afin de s’enrichir. C’est en ce sens, ils sont pour la plupart des corrompus, sans idéologies politiques qui sont prêts à se prostituer pour leurs poches. Ils se servent de l’adage « la politique est dynamique », pour changer de position quand il n y a plus d’intérêt personnel dans un camp. Dans cette perspective, le fin politicien est celui qui peut passer de l’opposant le plus radical à un défenseur répugnant quand il rejoint le pouvoir ou celui qui vacille toujours.

Néanmoins, ces pratiques de politicaillerie ne date pas d’hier dans le pays. Le fameux romancier haïtien Justin Lhérisson a décrit presque la même situation en 1905 dans son texte classique titré « La famille des pitite -caille ». À cet égard, Max Abner Etienne, qui l’analysait l’œuvre, a écrit » Certains traits de caractères n’ont pas totalement disparus. Les fortunes s’acquièrent de la même manière. Les parvenus conservent de 1905 à nos jours les mêmes attitudes. Et le critique littéraire ajoutait « Les éléments de la classe moyenne et laborieuse, dès qu’ils ont amassé une fortune, se découvrent une vocation de politiciens. » C’est cette démarche utilisée par Éliezer le personnage principal de ce roman avec l’aide de Boutenègre qui connaissait bien le terrain. De nos jours, les personnes riches du pays, continuent à investir le terrain politique avec sa force économique sans pour autant avoir une compétence politique.

Enfin, il est temps pour que les femmes et les hommes bien éduqués et formés prennent la barque du pays afin d’écarter les politicards qui effondrent le pays depuis des lustres. En ce sens, il faut jeter les bases d’une éducation moderne et renforcer les partis politiques qui ont pour mission de former les personnels politiques.

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