Nous ne sommes pas tous « Bouki » !

(TriFoumi Enfo) – En Haïti, facile d’entendre n’importe quoi, n’importe quand. N’importe qui peut se permettre le luxe de balancer une nouvelle qui n’en est pas une ou une analyse non analysable. À la radio, à la télé, sur les réseaux sociaux, des gens se prennent pour des journalistes, des intellectuels ou des influenceurs. Sans doute, parce qu’ils considèrent tous les citoyens comme des « Bouki », gobant toutes les paroles médiocres et morbides. Non, nous ne sommes pas tous « Bouki ».

Cela ne fait aucun doute. La démocratisation de la connaissance grâce à l’Internet favorise la libre circulation de l’information. Se former devient donc une denrée à portée de main, pourvu qu’on en ait la volonté. Cependant, cette avancée reste une arme à double tranchant : les « fake news » voyagent vite et ça, c’est le côté néfaste de cette nouveauté inféodée au phénomène de la mondialisation.

Dans notre Haïti, presque tout le monde, avec un smartphone ou un autre appareil de la même lignée, veut opiner sur tous les sujets. Au fait, celui qui sait tout, qu’on se le dise, ne sait rien, soit dit en passant. Il n’y a pas que les réseaux sociaux. Dans les médias traditionnels, des soi-disant directeurs d’opinions attaquent des politiciens et entrepreneurs tarés pour leur soutirer des sommes faramineuses. Quel gâchis !

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Par ailleurs, le problème de l’insécurité instrumentalisée met à genoux des familles haïtiennes auxquelles ce fléau arrache un proche. Il arrive parfois que des bandits, comme des loups affamés, se ruent sur une proie contre laquelle il y avait une interdiction. Dommage collatéral, ça ! Qui ne se souvient pas du kidnapping de la femme d’un haut gradé de la PNH ? Après son relâchement, elle ne pouvait s’interdire de faire l’éloge de ses ravisseurs pour leur « bienveillance » envers elle.

Au cours du mois de décembre, un nouvel épisode relatif à la remise en liberté de 17 missionnaires nord-américains alimente les débats. Si 5 d’entre-eux ont été libérés par le Gang « 400 mawozo », qui cantonne dans la Plaine du Cul-de-Sac, 12 autres se sont plutôt échappés, d’après les informations. Une histoire qui a l’allure d’un film hollywoodien avec des scènes carrément surréalistes. À peine croyable ! En tout cas, beaucoup de personnes, refusant d’être des « Bouki » restent perplexes par rapport à cette histoire.

Le pays meurt à petit feu, c’est vrai, mais il y a certaines gens qui sont encore lucides et se battent, d’une façon ou d’une autre, pour que les choses changent. Viendra un jour où tous les êtres de lumière, dignes fils et filles d’Haïti, vont s’unir pour retirer leur patrie du bourbier dans lequel elle est plongée actuellement. Le glas du cycle de la bêtise et du mensonge va bien sonner, car, nous ne sommes pas tous « Bouki ».

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