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Nouvelle-Calédonie : Les indépendantistes contestent le dernier référendum d’autodétermination

(TripFoumi Enfo) – C’est Charles Washetine, porte-parole du Parti de Libération Kanak (Palika), qui a annoncé la nouvelle ce jeudi 23 décembre. Un recours a été déposé devant le conseil d’État, ce mercredi, par son parti, l’un des principaux partis indépendantistes, avec d’autres partis, dans l’objectif de contester les résultats du dernier référendum de la Nouvelle-Calédonie sur l’indépendance.

En effet, sur fond de boycott des indépendantistes, le 12 décembre dernier, la Nouvelle-Calédonie, Collectivité d’outre-mer française, a organisé un référendum d’autodétermination qui a vu la victoire du « non » à 96,5%. Mais, à cause de ce boycott, le taux de participation était au plus bas comparativement au référendum de 2020, soit 43,87% contre 85,69%. Les indépendantistes avaient reclamé un report du scrutin à cause des conditions occasionnées par la crise Covid qui, d’après eux, ne favorisaient pas de faire campagne. Mais celui-ci leur avait été refusé.

« Les conditions d’organisation du scrutin ont altéré la sincérité de la consultation » a fait savoir Charles Washetine. « D’autres requêtes encore devraient être formulées dans les jours à venir », a-t-il poursuivi. Selon lui le conseil d’État et des instances internationales seront sollicités.

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Le scrutin du 12 décembre dernier clôt un processus de décolonisation entamé il y a près de 30 ans. Il s’inscrit dans le cadre de l’accord de Nouméa, signé en 1998 entre les indépendantistes et les pro-France. Cet accord avait prévu, en cas de victoire consécutive du « non », qu’un troisième vote devrait être organisé. C’est ce qui est arrivé lors des deux premiers référendums qui ont eu lieu en 2018 et en 2020, le « non » l’avait déjà remporté.

Cette dernière victoire du « non », bien qu’elle permet à l’archipel de rester dans le girond français, devrait, toutefois, accorder un nouveau statut à la Nouvelle-Calédonie dans la République française.

Par ailleurs, il faut remarquer que le processus qui est en marche en Nouvelle-Calédonie est d’un enjeu géopolitique capital. Situé dans le Pacifique, à 17.000 km des côtes de la France métropolitaine, ce territoire de 18.575 km² permet à celle-ci d’avoir un atout majeur à une époque où la zone indo-pacifique se révèle être la région la plus stratégique au monde.

En outre, il faut souligner que selon des observateurs, la Chine suit de près ce processus. Car, une Nouvelle-Calédonie indépendante deviendrait un pays souverain , capable de choisir les partenaires internationaux de son choix. Une aubaine pour Pékin qui souhaiterait, normalement, étendre son influence sur cet archipel à la position géographique très stratégique et riche en Nickel, un élément devenu primordial avec la transition énergétique.

Mais, une telle perspective inquiète des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui craignent « l’expansionnisme chinois » dans la région indo-pacifique. Cet hypothétique rapprochement de la Chine mettrait également à mal l’AUKUS, cette alliance militaire qui comprend les États-Unis, la Grande Bretagne et l’Australie dont l’objectif est d’endiguer l’empire du Milieu.

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